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Face aux faillites des « élites », ou quand l'économie redevient un enjeu citoyen.

  • Un Oeil Sur Villemur


Face aux faillites des « élites »,

ou quand l'économie redevient un enjeu citoyen.

 

Ce Samedi 6 février aux Greniers du Roy une rencontre s'est tenue avec la participation de 110 personnes, dont une soixantaine d'anciens salariés de l'usine MOLEX, afin de réfléchir et de lancer une démarche locale citoyenne pour le développement économique et l'industrialisation du bassin de Villemur, à l'initiative du comité de soutien aux molex et des responsables de l'association « solidarité molex »

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Jean MARZORATI accueille ( voir le texte complet : l'esprit de la démarche 1)l'ensemble des participants en rappelant que le Comité de Coordination pour le développement économique et industriel du bassin de vie est né lors des réunions régulières entre le Comité de Soutien aux Molex et des membres du bureau de l'association « Solidarité Molex ». Les salariés de l'usine ont constitué une association avec comme objectif de rester unis, de mettre en place des actions de soutien matériel.

 

« Pour le comité de coordination, oeuvrer pour le retour à l'emploi est bien dans la continuité de cette idée de soutien et signifie mobiliser les énergies, mutualiser les compétences dans le respect des convictions politiques et philosophiques de chacun. Le comité de coordination n'a pas la prétention de prendre la place de ceux dont la mission est de travailler au développement économique, mais celle d'être acteur de ce développement à leurs côtés.

 

Il existe dans le canton de villemur, et plus largement dans la vallée, une tradition industrielle et des compétences, la volonté du comité est de faire en sorte que ces atouts ne passent pas à la trappe de la globalisation. Les membres du comité sont volontaires, mais seuls ils ne peuvent rien. »

 

Après cette première présentation, Jean Philippe TIZON explique (voir le texte complet : l'esprit de la démarche 2) la « philosophie » de la démarche. « Cette dynamique à créer ne peut que s'appuyer sur le principe de la mutualisation des savoirs, des informations, de certains moyens. Cette mutualisation ne peut se réaliser que dans le respect des ancrages au sens de nos engagements philosophiques, syndicaux, politiques, religieux ou autres de tout à chacun. S'ajoute notre capacité de dépasser nos propres ancrages, sans les renier, afin de créer cette force morale nécessaire pour le développement de notre bassin de vie. Nous sommes tous dans le même bateau et de notre capacité à travailler ensemble dépendra notre avenir et celui de nos enfants. Aujourd'hui, se pose avec force de détermination l'enjeu du développement économique et de la ré industrialisation de ce bassin d'emploi. Il passe bien entendu par l'axe connectique, mais pas uniquement. Nous devons passer de la mono à la poly-industrie. La stratégie qui s'impose à nous est de transformer cette crise désastreuse en un atout pour l'avenir des salariés (es) mais aussi celui des jeunes de notre contrée. Pour cela nous avons défini trois pistes de réflexions : La connectique, les pépinières d'entreprises, l'agriculture et le développement durable aux quelles s'ajoutent deux points complémentaires avec L'enjeu des infrastructures d'accueil le développement des communications (routières, ferroviaires et informatiques) ».

 

p4C'est au Père Philippe BACHET que la parole est donnée en premier lieu. Ce dernier précise que le but défini par le comité en constitution est de travailler avec les compétences trouvées dans notre bassin. Le comité doit travailler en partenariat avec les élus et trouver une dynamique constructive. Il nous faut oublier ce que nous sommes (nos sensibilités politiques, syndicales...) pour être réellement au service des hommes et des femmes. Il faut faire en sorte que l'Homme soit au centre de l'économie.

 

Le Père BACHET insiste sur le fait que « plus nous serons nombreux à travailler ensemble et plus notre vallée pourra se développer. Pour cela, il ne faut pas hésiter à montrer que l'on peut travailler différemment. Les compétences existent, les technologies vont changer, il faut définir ce que l'on va mettre en œuvre pour suivre cette évolution. Il faut apprendre à conjuguer nos compétences. »

 

 

Des salariés investis

 

Suite à cette intervention, il est fait appel aux témoignages des « molex » et de « la mie occcitane »

 

p22Francis LIENHARD (CFDT MOLEX) reprend le texte d'ESTROSI du 15 septembre 2009, qui faisait miroiter, à l'époque, la reprise de 50 à 60 personnes par la société VMI au bout de quelques mois, pour passer entre 200 et 300 dans les trois ans. Aujourd'hui, seulement15 personnes sont reclassées. Il faut absolument faire pression sur P.S.A. et RENAULT pour obtenir des contrats et développer VMI.

 

p21Marc LAISNE, Responsable de VMI, rappelle qu'en terme de valeur, il partage ce qui a été dit lors de la présentation de départ. En ce qui concerne VMI, ce sont 22 personnes qui ont été embauchées. VMI doit poursuivre son développement afin d'accélérer les recrutements. L'ambition est d'arriver à 50 personnes à la fin de l'année. H.I.G. s'y était engagée.

 

« Il faudrait arriver à 10 millions d'euros de chiffre d'affaires pour équilibrer les comptes ; aujourd'hui, VMI en est à 2,5 millions d'euros reçu de MOLEX. La société a répondu à une dizaine d'appels d'offres, essentiellement en sous-traitance. Pour obtenir les 7,5 millions manquants, il faut conquérir les marchés et développer VMI. Les « politiques » doivent faire bouger les choses.

 

Les métiers de base de la société sont l'injection et la découpe. MOLEX n'a laissé qu'une centaine de machines pas très modernes. Mais aujourd'hui, les machines tournent, il faut maintenir la pression. »

 

Suite à la question d'un ex salarié de MOLEX sur les projets de développement de VMI, Marc LAISNE précise la société va créer un catalogue produits. Toutefois, il faut être conscient que le développement d'un connecteur représente environ 3 ans de travail. L'impact sur l'emploi ne pourra donc pas être immédiat.

 

Monsieur Castagnac (commissaire à la réindustrialisation) s'investit pour mettre en relation VMI avec les donneurs d'ordre locaux.

 

p20Daniel REGIS, prenant la parole, rappelle à l 'assistance qu'on ne doit pas s'arrêter à MOLEX. La Mie Occitane (secteur alimentaire) est elle aussi en grande difficulté. BRUSSON est aussi une activité très ancienne dans le bassin de VILLEMUR.

 

« Notre malheur, c'est la fermeture de MOLEX bien sûr. Mais ce qui est bon dans tout cela, c'est de se retrouver tous ensemble, avec nos particularités et d'avoir envie de chercher ensemble des solutions. Il faut multiplier les perspectives. Les propos de Marc LAISNE sont encourageants, mais le développement de VMI ne va pas aller vite et nous allons perdre les compétences des MOLEX petit à petit. Pour notre bassin, la mono industrie est terminée, il nous faut maintenant passer à une poly-industrie. »

 

Paul, salarié de La Mie Occitane, informe l'assistance de la mise en redressement judiciaire de la société pour laquelle il travaille. Il remercie le combat des MOLEX grâce auquel ils sont entendus malgré une situation très difficile liée à des installations très rudimentaires et des bâtiments vétustes. Sur les 17 employés que compte La Mie Occitane, la moitié sont susceptibles d'être licenciés. Ils en sont à leur troisième dépôt de bilan. On dit que le Bio est un marché d'avenir, mais malgré leur savoir-faire, ils ont du mal.

 

p8Guy PAVAN (CGT MOLEX) trouve que le comité réuni aujourd'hui parle beaucoup de réindustrialisation. Il paraît difficile de créer des emplois avec des entreprises qui ferment. Il convient d'abord de préserver les emplois qui existent. « Que ce soit avec MOLEX ou BRUSSON, on a à faire avec les mêmes logiques financières. Pourtant, on se met déjà en position de vaincus. En ce qui concerne VMI, cela a le mérite d'exister, il faut garder la même dynamique ».

 

 

Des  possibles existent.

 

Après cette intervention, il est fait appel aux différents témoins « expert » pour présenter des initiatives positives nées d'une démarche de mutualisation

 

p17aJean Claude BOUDET, Maire de VILLEMUR, rappelle que le secteur industriel est en pleine crise. Malheureusement, VILLEMUR avait un fort taux d'emplois industriels que l'on perd petit à petit. La priorité est donc de conforter ce qui existe déjà sur notre bassin. Il faut que les élus soient entendus, comme aujourd'hui. Un certain nombre de choses se dessinent dans notre ville qui bénéficiera d'un financement important pour la zone d'activité (60% du déficit contre 30 % en règle générale). Le conseil général va faire de la départementale un axe structurant. Le conseil régional va mettre en place un cadencement plus régulier des lignes de dessertes. Nous avons besoin de toutes les bonnes volontés.

 

p26Sandrine FLOUREUSSES, Présidente du Comité de Bassin d'Emploi Toulouse Nord, trouve la démarche entamée par le comité très riche et pertinente. Elle présente le but du Comité du bassin d'emploi d'Aucamville et rappelle qu'il s'agit de mutualiser les différents services liés à l'emploi afin de les mettre en adéquation. L'association qu'elle préside depuis maintenant 12 ans a permis de placer 5 000 demandeurs d'emploi. Malgré la modestie de leur action, mais d'autres formes de partenariat sont à l'étude, comme le secteur de la formation en alternance. Des familles, des citoyens sont impliqués dans ce projet. Les chantiers d'insertion permettent aussi de retrouver le chemin de l'emploi.

 

p6Eric OGET, Président de la Communauté des Communes et du SCOT précise que la Communauté des Communes va développer une zone d'activités de 28 hectares. Une partie de cette zone devrait accueillir la société LABINAL. Une partie est susceptible d'accueillir une pépinière d'entreprises. Il restera bien sûr de la place pour laquelle il faut trouver des débouchés et Eric OGET propose qu'une place soit faite au comité de coordination pour le développement économique et industriel au sein de l'équipe de réflexion. La pépinière doit promouvoir l'implantation de jeunes entrepreneurs. « Nous allons rentrer dans la phase opérationnelle de cette zone. En ce qui concerne La Mie Occitane, il faut bien sûr chercher des marchés, mais les locaux sont trop vétustes. Tous les élus doivent se mobiliser, que ce soit ceux de la communauté des communes ou ceux du bassin de vie. Il faut regarder ce qui se passe ailleurs. Jusqu'à présent, la politique des communautés de communes était d'implanter des zones d'activités sur leur territoire sans s'intéresser à ce qui se passait à côté. Mais on se rend compte que si on veut un développement économique sur VILLEMUR, on ne peut pas ignorer ce qui se passe à BESSIERES, à GRENADE, à CADOURS ou encore à EUROCENTRE. Il faut thématiser les projets, inviter les citoyens et les entreprises à enrichir les débats. »

 

p16Laurence GOMBERT, Présidente de E3 (ex PRAIE) rappelle que cette association existe depuis 20 ans ,qu'elle peut apporter des compétences aujourd'hui élargies.

E3 est partie prenante du bassin d'emploi de St Jean et dispense aide et conseil aux demandeurs d'emploi.

 

 



p23Didier CUJIVES, Président de l'agence Midi Pyrénées Expansion. Son agence emploie environ 30 collaborateurs qui s'appuient sur l'AFI (agence française pour l'investissement). Le problème rencontré à VILLEMUR est le même qu'ailleurs. « Nous allons devenir un pays en incapacité de produire. Nous devons renouer avec la tradition industrielle de notre pays, en Midi-Pyrénées en particulier. Lorsqu'on essaie de convaincre des entreprises de venir s'installer sur notre territoire, il faut des terrains et des locaux pour les accueillir. »

 

Villemur doit être aidé pour atteindre ce but, les élus locaux, le conseil Général et Régional œuvrent dans ce sens.

 

Il insiste sur le fait que notre pays ne peut pas être seulement un laboratoire de recherche, ce domaine aussi est susceptible d'être conquis par les pays émergents d'où la nécessité de conserver notre tissu industriel pourvoyeur d'emplois.

 

 

Philippe PEYJOU, responsable de CISAME, une SCOP dont le travail se situe dans l'ingénierie sociale, se dit impressionné, comme tout citoyen français, par l'énergie de rebondir dont fait preuve l'assistance. Il souhaite, modestement, présenter les possibilités qui sont offertes aux salariés ou futurs créateurs d'entreprises de se créer sous la forme de coopérative et rappelle que le statut de SCOP présente un intérêt certain dans le sens où il ne permet pas la délocalisation de l'entreprise. Il rappelle également que le monde coopératif a mis en place ce que l'on appelle les coopératives d'activités qui permettent à l'entrepreneur d'avoir un statut salarié pour démarrer son entreprise.

 

p15Enfin, Didier ROUX propose son aide dans la structuration de commissions de travail afin que d'ici une année, nous puissions commencer à cueillir les fruits de notre réflexion et de notre travail. Nous devons nous mettre au travail et passer aux actes rapidement.

 




Il convient également de souligner la présence d'Alexandra OESER et Eric DARRAS de l'IEP de TOULOUSE qui se proposent également de participer à ce travail de réflexions durant plusieurs mois.

 

Au terme de cette première rencontre, il est décidé de constituer le comité sous une forme collégiale, statut qui permet à la fois de respecter les sensibilités de chacun, d'accueillir toutes les richesses dans leurs différences et éviter une prise quelconque de pouvoir par une formation syndicale ou politique. Ce statut semble le plus approprié et le plus démocratique.

 

Il est à noter qu'environ une trentaine de personnes sont prêtes à s'investir au sein du comité de manière active. Ne doutons pas qu'au fur et à mesure de ces rencontres, d'autres viendront se joindre à cette équipe. Le développement économique et industriel sont des choses trop sérieuses pour les laisser aux mains de soi-disant experts économiques.

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Merci à l'IEPde Toulouse pour les photos

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