INTOUCHABLE N’EST PAS BATTU.
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Le dernier film diffusé sur 9 chaines avait pour titre « Président Courage », 16 millions de téléspectateurs.
Les seconds rôles ont eu bien du mal à s’imposer face au héros de la soirée.
Peut-être songeaient-ils au vrai courage qu’il va nous falloir à nous français pour affronter les mois et années à venir si…
Peut-être songeaient-ils à tout ce que nous risquions de perdre, y compris notre reste d’indépendance.
Peut-être songeaient-ils à leurs places à eux dans ce monde médiatique.
Ils ont même empiété sur le domaine économique du voisin, n’ont pas osé réagir face à la suffisance, aux trous de mémoire de l’acteur principal, aux lacunes du scénario.
« Une sincérité apparue
dans toute sa splendeur »
Revenons à cette mémorable soirée digne d’une entrée en campagne.
Trois mesures phares indolores selon notre président, trois mesures visant à déplacer le débat lancé par l’adversité vers des sujets propres à inquiéter les maires, les écolos, les consommateurs, les travailleurs, les citoyens en général.
Trois sujets sur lesquels on polémiquera, laissant le temps d’oublier l’essentiel…
Sincérité, si si le mot est apparu dans toute sa splendeur lors de cette soirée conviviale.
Peut-on juger de la sincérité d’un individu à travers l’image véhiculée par ce petit écran devenu bien trop grand dans nombre de foyers, ce petit écran qui nous invite au rêve à travers ses téléréalités, tout est possible…
Un homme politique sincère, cela existerait donc !
Machiavel a écrit « Il est nécessaire à un prince, s’il veut se maintenir d’apprendre à pouvoir n’être pas bon et d’en user et n’user pas, selon sa nécessité. »
Tout l’art en politique consisterait-il dans l’art d’exploiter le vilain mensonge ?
Serait-il acceptable de mentir pour le bien public, en trompant ennemis et citoyens ?
Il est certain que la sincérité complique souvent les relations aux autres, beaucoup peuvent en témoigner.
En politique, le fait de se vouloir représentant du plus grand nombre incite t-il à dissimuler sa vraie nature ?
Est-ce une explication au foisonnement de flatteurs et d’opportunistes prêts à sacrifier leur vérité première et leur sincérité.
La sincérité serait donc à ce point redoutable en politique, toute spontanéité serait donc à bannir, nous n’osons le croire…
Faut il en déduire que l’immoralité peut se confondre avec l’art politicien ?
Comment peut-on se revendiquer sincère en laissant enfouies les vérités dérangeantes, en développant des thèses subjectives au mépris d’éléments objectifs et vérifiables.
Bien sur il faut admettre une dose de courage et de persévérance pour être véritablement sincère en cette période tourmentée.
En politique aussi on est prisonnier du langage et les mots peuvent être interprétés et source de malentendus, surtout quand on est jeune, mais…
Il est aussi des périodes ou il est arrangeant de se dire sincère en occultant la vérité car le propre de la sincérité est de vous rendre transparent donc sans défense.
Nous sommes cependant obligés de constater qu’il est des êtres pour lesquels la mauvaise foi est une seconde peau et le mensonge un art, au point qu’eux même ne peuvent plus démêler le vrai du faux.
Le mensonge, on l’excuse parfois, mais pas quand il est volonté de puissance, de domination, il devient alors immoral car il peut provoquer des souffrances ; il écrase, il détruit. Il est un lent poison.
Tout est question de choix, d’arrangement avec son « moi ».
« Le peuple ?
il est fatigué »
Le bon peuple, il est fatigué, fatigué des mensonges, fatigué des combines politiciennes, fatigué qu’on l’étouffe sous des mesures dont on lui cache la portée. La portée, le bon sens la leur laisse deviner, ils n’ont pas besoin d’explications chiffrées dans lesquelles on tente de les noyer.
Les chiffres, ils ont les leurs, ceux de leurs endettements, de leurs comptes en banque, de leurs factures, de leurs salaires ou pensions… Ainsi le peuple fait donc de la politique au sens premier du terme. Ne prendrait-il plus les vessies pour des lanternes ?
Les travailleurs ils sont de plus en plus ronchons quand on leur explique que les pouvoirs publics demeurent impuissants face aux délocalisations. De plus, en période électorale, qu’un super Rapetou, complice du pillage de notre nation endormie depuis trop longtemps, se transforme en satire des consciences en voulant réveiller la belle Marianne au bois dormant aux cris « Je vais, je peux » cela tient de la mauvaise série B. Marianne mérite mieux qu’un hâbleur prétentieux.
Pour en savoir plus sur les réformes envisagées :
Marie-Gabrielle Gimenez
