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L'esprit de la démarche (2) : une mutualisation des compétences

  • Un Oeil Sur Villemur

 Texte d'introduction à la réunion du comité de coordination pour le développement écononmique et industriel du bassin de vie.

par Jean-Philippe Tizon

 

 

Nous nous retrouvons aujourd'hui, en cette salle de Villemur sur Tarn, pour fédérer l'ensemble des énergies : celles des élus (es), des syndicalistes, des anciens salariés (es) Molex, de la mie occitane, de la société civile et celles des « experts » témoins d'expériences diverses, afin de créer un outil dynamique dimensionné à notre échelle. L'objectif, permettre un développement économique et une politique de réindustrialisation maîtrisée, ce en terme de qualité de vie et de qualité sociale pour notre bassin. Reprendre nos destins en main demande aussi de créer un rapport de force moral, social et économique avec une assise large si nécessaire. Telle pourrait être la double fonction d'un collectif de coordination à savoir une source de propositions et une source de réactions

 

Un constat général.

 

Nous sommes confrontés, au plan national, européen, à des politiques de désindustrialisations accompagnées souvent de perte de savoirs-faire et de brevets au profit d'une logique financière mondialisée, aveugle et inhumaine.

Face à ce mur de la honte, ce mur financier, pas ou peu de volonté politique avec son cortège d'armes fiscales, douanières et autres afin de protéger les requins boursicoteurs.

Une des conséquences en est l'étouffement de l'économie réelle par l'économie virtuelle. Nous connaissons tous, autour de nous, les difficultés pour les PME de trouver des financements pour réaliser leurs investissements productifs ou tout simplement pour faire face à leurs problèmes de trésorerie. Un paradoxe d'autant plus insoutenable, que certaines banques ont débloqué plusieurs milliards d'euros ou de dollars afin de rémunérer leurs "traders" et gratifier certains de leurs dirigeants pour leur efficacité. Ne faut-il pas payer les talents ?

Enfin, la suppression de la TP et les projets de réformes des collectivités locales risquent de réduire au mieux les marges de manœuvres des élus locaux au pire les transformer en agents gestionnaires d'une politique locale définie ailleurs.

Le constat se veut noir mais réaliste, mais pas de ce réalisme idéologique souvent synonyme de résignation voire d'abdication, mais d'un réalisme qui en appelle à la résistance. A la résistance des consciences dans un premier temps,

En effet, entre une mort résignée et une possibilité de vivre en réagissant. Le choix ne se pose pas. Au sein de l'association « Solidarité Molex » et du comité de soutien, nous préférons l'action pour la vie. Cette démarche ne doit pas tenir seulement de l'incantation mystique, puisque nous sommes un certain nombre aujourd'hui venant de parcours et d'ancrage très divers, mais doit être le témoignage de l'existence d'autres possibilités. Construire des possibles autres que celui d'une pensée unique revient modestement à élaborer une résistance constructive à un système devenu fou.

 

Villemur où une résistance constructive.

 

Nous ne pouvons pas grand chose à notre niveau d'intervention sur l'évolution mondiale et dogmatique d'un libéralisme économique de plus en désastreux. Par contre, en plus d'un droit de regard, nous avons la capacité, tous ensemble, de proposer, d'agir sur et pour notre environnement économique immédiat, de créer une dynamique pour cette vallée du Tarn,

 

Nous possédons de sacrés ATOUTS en terme des savoirs-faire industriels, de savoirs-faire agricoles, mais aussi en terme de dignité humaine, de résistance à l'iniquité. La lutte menée par les salariés de Molex en est l'exemple même d'une résistance constructive.

 

Cette mobilisation marque et marquera l'histoire sociale et économique de notre vallée mais aussi de notre pays. Avec calme et dignité, ces salariés, avec leurs syndicats, ont fait preuve d'une volonté de défendre leur savoirs-faire, leurs brevets, leur entreprise. Un profil positif qui rappelle l'attachement de ces femmes et de ces hommes de talents à une valeur du travail, source de richesse humaine et de développement pour tous.

 

 

La mobilisation de ces travailleurs, des citoyens et des élus (es) a obligé l'Etat et Molex à maintenir un embryon d'activité avec VMI et oblige encore l'Etat à transformer ses discours en actes. Il nous revient de poursuivre le travail commencé. Comment ? Par la réflexion et la mobilisation de toutes celles et de tous ceux qui se sentent concernés. C'est la seule issue possible afin de ne pas transformer notre contrée en un désert vert ou en dortoir. Il y a des chemins à inventer.

Des chemins à inventer

Si nous sommes là aujourd'hui c'est que quelque part, nous tous, dans nos différences, nous ne pouvons plus admettre des logiques financières qui nient l'existence de nos territoires, de nos savoirs-faire et tout simplement qui nient le droit à tout être humain de vivre debout par un travail digne au service de l'ensemble de la collectivité humaine.

Pour tendre vers cela, il demeure déterminant de définir ce que nous appelons « la philosophie de la méthode ». Cette « philosophie » s'appuie sur des mots clefs que sont : mutualisation, ancrage, représentations sociale, fonctionnement horizontal, fonctionnement vertical, savoir-faire, savoir être, etc. Mots conceptuels en sciences humaines et sociales. Ce simple vocabulaire, au-delà de l'approche sémantique signale une volonté de construire une approche différente de celles trop traditionnellement instituées et de moins en moins efficientes.

Cette dynamique à créer ne peut que s'appuyer sur le principe de la mutualisation des savoirs, des informations, de certains moyens. Cette mutualisation ne peut se réaliser que dans le respect des ancrages au sens de nos engagements philosophiques, syndicaux, politiques, religieux ou autres de tout à chacun. S'ajoute notre capacité de dépasser nos propres ancrages, sans les renier, afin de créer cette force morale nécessaire pour le développement de notre bassin de vie. Nous sommes tous dans le même bateau et de notre capacité à travailler ensemble dépendra notre avenir et celui de nos enfants.

Pour reprendre, en forme de clin d'œil, un vieux slogan syndical cégétiste « Travailler et vivre au pays » demande à chacun d'entre nous de travailler autrement. Cette approche passera nécessairement par notre capacité, à chacun, de dépasser le fait de croire que seule son organisation ou seuls ces groupes d'appartenance détiennent LA VÉRITÉ. Cela va nous demander de reconnaître que cette vérité demeure d'une complexité absolue et que nous touchons chacun à peine du bout du doigt une part de cette complexité.

Cela sollicitera, pour nombre d'entre nous, aussi un travail d'esprit dialectique, en ajoutant à nos modes verticaux de décisions un mode horizontal, de réflexions, de partages et d'impulsions de projets. Nous retrouvons à la fois dans une approche complémentaire et antagoniste de la mutualisation des savoirs, des informations, des recherches et des décisions. C'est ce rajustement permanent entre ces approches qui créera une dynamique autre.

Voilà quelques pistes méthodologiques que nous tenions à mettre en exergue afin de favoriser une mise en commun constructive, fiable respectueuse des uns des autres,

Des pistes de travail

Aujourd'hui, se pose avec force de détermination l'enjeu du développement économique et de la ré industrialisation de ce bassin d'emploi. Il passe bien entendu par l'axe connectique, mais pas uniquement. Nous devons passer de la mono à la poly-industrie. La stratégie qui s'impose à nous est de transformer cette crise désastreuse en un atout pour l'avenir des salariés (es) mais aussi celui des jeunes de notre contrée. Pour cela nous avons défini trois pistes de réflexions.


 


 

Trois pistes de réflexions pour une réindustrialisation

  • La connectique. Une expérience sur laquelle s'appuyer afin de définir un nouvel avenir en la matière

  • les pépinières d'entreprises. Des structures à définir afin de favoriser la créativité technique, économique et sociale de nouvelles entreprises

  • L'agriculture et le développement durable avec l'essor de bio industries ce qui pose le cas de « la mie occitane » et de nouvelles technologies énergétiques (panneaux solaires, éoliennes, etc) .

L'objectif est de permettre de faire gagner à notre vallée dix ans d'avance,

S'ajoutent deux points complémentaires

  • L'enjeu des infrastructures d'accueil

  • le développement des communications (routières, ferroviaires et informatiques)


 

Vous l'aurez compris, toute fédération des intelligences passe aussi par une fédération des moyens réels, virtuels voire conceptuels. Elle passe à nos yeux, nous association « solidarité Molex » et comité de soutien, en premier lieu par la constitution de ce groupe de réflexion et de coordination et de commissions de travail.

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