La MJC de Villemur fait la fête aux discriminations.
-
Il ne faisait pas un temps à mettre un brin de muguet dehors, pourtant entre le vendredi soir et le samedi plus d'une centaine de personnes jeunes et moins jeunes se sont rendues au parc de Bernadou, où les attendaient scènes, chapiteau, expositions.
L'enjeu pour cette première était de taille : permettre la mise à nue de toute formes de discriminations et de la première d'entre elles, pas la moindre, le racisme ordinaire.
A cette fin, en plus de la présence de plusieurs associations abordant ces différents enjeux, la MJC a diffusé le samedi matin aux Greniers du Roy le film « Liberté » de Tony Gatlif.
Une œuvre magistrale, poétique et
d'un triste réalisme sur la déportation des tziganes durant l'occupation en France. La haine des « voleurs de poules » des « bons » français ... et l'humanité bouleversante
d'individus (es) non préparés (es)à vivre initialement ce voyage quotidien en enfer au sein duquel la bêtise humaine rejoint la collaboration et le soutien aux thèses du national-socialisme.
Entre 250 et 500 000 bohémiens ont été déportés puis assassinés sur une population de 2 millions.
De son côté, le musée Emile Poliakof avec son infatigable conservateur Karpof s'était délocalisé pour l'occasion sur une plate forme aussi grande qu'un wagon à bestiaux histoire de mettre le visiteur à l'aise
devant l'exposition.
Ici, pas d'images intolérables sur la barbarie nazie à l'encontre des juifs, des minorités ethniques ou des résistants mais des documents ordinaires publiés par des fonctionnaires ordinaires demandant par exemple, au nom du respect de la loi de Vichy, aux juifs de bien vouloir se rendre avec leurs tickets de rationnement tissus à la mairie du coin afin de recevoir l'infamante étoile jaune. Ou ce document qui signale l' absence de juifs sur la commune.
Une exposition simple mais efficace qui souligne alors avec force que la pire des collaboration reste celle de la bonne conscience sous couvert de la hiérarchie.
Côté musical les groupes Ana
Caril, Naïve,la compagnie Cuanol et Yuz ont assuré le côté festif. Pour tordre le coup à la haine rien ne vaut la fête et la réflexion.
Une opération sûrement à renouveler dans notre contrée où le FN a réalisé un score à deux chiffres
aux dernières élections régionales.
J.Ph.T
