MENU

LA RONDE DES GIROUETTES !

girouette-20101008Au moyen âge, les marins se servaient de la rose des vents pour ne pas perdre le cap. Elle leur permettait de ne plus naviguer seulement en zones côtières, mais de gagner le grand large à la recherche de quelques découvertes humaines et économiques. Ils savaient que l’avenir ne se trouvait pas forcément à leur porte et qu’il fallait s’ouvrir sur l’inconnu pour avancer. Le cap une fois fixé était tenu, coûte que coûte, contre vents et marées.

 

Une métaphore bien empirique au vu de la vie politique aujourd’hui, qu’elle soit nationale ou locale.

 

Entre une droite pas très droite et bien maladroite et une gauche un peu gauche qui en oublie ses principes, difficile de parler d’un centre dont l’axe vacille au gré du vent. La manche à air s’agite dans tous les sens, faisant perdre le nord à nos navigateurs.

 

Les marins se vouaient à Saint Pierre ou encore à Saint Erasme, sans ambiguïté, sans crainte, leur saint patron était grand. Mais aujourd’hui, face à une politique de plus en plus dépourvue de tout idéal humain, nous ne savons plus à quel saint nous vouer.

 

Le Mistral est passé par là. Ce petit vent turbulent ne cesse de s’agiter dans tous les sens, attisant les incendies en tout genre, maître d’un combat déloyal dont lui seul maîtrise les caprices.

 

Tantôt d’est, tantôt d’ouest, notre Mistral se transforme volontiers en Révolin, changeant de direction au moindre obstacle. Il s’adapte, danse, se moque, file et s’amuse.  Les girouettes virevoltent pour tenter d’en épier le sillage dans des grincements de fatigue et d’exaspération.

 

Mais les plus exaspérés, ce sont les citoyens qui s’inquiètent de voir nos marins contemporains guidés par ces mauvais vents qui ne présagent rien de bon. L’Autant Noir déchaîne la houle, libère les crues et entraîne les nuages.  Les hommes tentent de se protéger sans réfléchir, les jours à venir semblent maussades. Alors, chacun essaie de sauver sa semence, son projet, son programme, ses idées. Nul ne sait quel mauvais vent peut encore venir troubler la quiétude de nos marins « d’eau douce » d’ici 2012 pour certains, d’ici 2014 pour d’autres. Le capitaine est volontaire, certes, mais point fidèle, ni reconnaissant. Il veut diriger le bateau en évitant les vagues. Point de contrariétés pour notre valeureux matelot.

 

En attendant un Zéphyr plus doux et plus rassurant, les girouettes ne cessent de tourner. Elles ont perdu le nord. Tantôt à droite, tantôt à gauche, tantôt nulle-part, le Révolin balaye tout sur son passage, ignorant l’Homme, ignorant la vie, ignorant la justice. Il n’a pas de véritable but que celui de gagner, de régner et de s’imposer.

 

Tournez girouettes, soufflez Révolin, le malaise vous gagnera bientôt. L’homme est ingénieux, il est robuste et déterminé.

 

 

Catherine TIZON

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Personnaly © 2014 -  Hébergé par Overblog