La vitesse peut tuer, la lenteur aussi …
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Dès 2006, la commission de transparence de la Haute Autorité de Santé était informée des dangers du Benfluorex, déjà interdit en Espagne.
Dans notre pays, on continuait à prescrire du Médiator.
Des médicaments autrefois délivrés uniquement sur ordonnance sont en vente libre. A votre étonnement on opposera, ils sont vendus en faible quantité par boite afin d’éviter tout risque de surdosage. Ah, bon ! Et qui empêche de courir les pharmacies et d’acquérir ce médicament sans surveillance. Nous sommes paraît-il champions en matière de consommation médicamenteuse, madame Bachelot, pharmacienne, suggère qu’on nous éduque …
Nos médecins qui se font rares reçoivent peu de formation sur les médicaments au cours de leurs études, ils sont pourtant recrutés prioritairement par l’industrie pharmaceutique, cherchez l’erreur …
Ne serait-il pas plus logique d’utiliser les compétences des biochimistes, des diplômés en pharmacie et pharmacologie clinique. Que dire des visiteurs médicaux recrutés sur leur physique ou leur capacité à vendre les leçons dispensées par les laboratoires pharmaceutiques sans surtout poser des questions.
Intégrité est devenue un gros mot dans ce milieu.
Connaissez-vous la revue indépendante « Prescrire ». Cette revue dénonce avant tous les risques de certains médicaments. Elle prend en compte en considérant les effets indésirables détectés lors des essais cliniques la notion du bénéfice-risque.
Les médicaments devraient êtres évalués par des laboratoires indépendants, les compromis économiques ne devraient pas rivaliser avec les principes d’éthique attachés à la médecine.
Le docteur Marc Girard, expert judiciaire s’est attaqué au vaccin contre l’hépatite B, à Bayer et la Cérivastatine, il dénonce le fonctionnement de l’industrie pharmaceutique dont les consultants peuvent travailler comme rapporteurs dans les agences sanitaires ou devenir responsables de formation continue.
On montre du doigt aujourd’hui la tendance des français à se fier sans discernement aux infos médicales délivrées par internet, on dénonce la surconsommation médicale qui peut conduire à des hospitalisations coûteuses pour des interactions dangereuses, on culpabilise les malades qui suivent des traitements prescrits et creusent le trou de la sécu, on dérembourse des molécules qui en d’autres temps étaient données efficaces, on accepte de simples modifications d’excipients pour protéger des brevets …
A combien sont évaluées les seules conséquences financières du Médiator, les laboratoires Servier participeront-ils à les assumer ?
Aujourd’hui, « Prescrire » met en cause le laboratoire Pierre Fabre qui commercialise le « Javlor », médicament très onéreux contre le cancer, 2 000 € pour trois semaines de traitement. Ce médicament pourrait entrainer de sévères hémorragies.
Considérant qu’il y a peu, on pouvait être responsable mais non coupable, peut-on espérer une moralisation de la poule aux œufs d’or pharmaceutique ?
Marie Gabrielle GIMENEZ
