LE BONHEUR N’A PAS DE PRIX !
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Villemur reprend peu à peu ses habitudes après une agitation bienvenue avant les fêtes.
Noël aurait-il retrouvé un peu de son sens premier ? Ce jour de nativité, signe d’espérance et de foi, victime au fil des siècles d’une logique mercantile effrénée, a ressuscité dans notre ville durant ces deux dernières semaines.
Ce constat peut sembler légèrement « fleur bleue », mais réfléchissons quelques minutes à ce que quelques chalets, une patinoire, un public sympathique… et un peu d’argent ont apporté à notre communauté.
Bien sûr, nous avons prononcé le mot qui fâche, qui gâche, qui agace : l’argent ! Comment
pourrions-nous faire autrement que de nous accommoder de temps en temps de ce que nous rejetons le plus souvent à cause des méandres dans lesquels il nous plonge ? Alors hypocrisie, mauvaise
foi ou réalisme ? Chacun sera libre de choisir le qualificatif dont il voudra
bien m’affubler. Peu importe.
Le marché de Noël a été un travail communautaire dont on ne peut que se féliciter. Son organisation a réuni des partenaires qui, malgré leur diversité, ont prouvé qu’il était possible de réfléchir et de travailler ensemble. Ce qui n’empêche pas, bien sûr, que les intérêts et les motivations de chacun puissent être différents.
Les habitants de Villemur et ceux des communes avoisinantes se posent la question du coût d’une telle
manifestation. A ce jour, la municipalité n’est pas en mesure de déterminer ce dernier avec précision (elle s’est engagée à le faire connaître lors de la prochaine séance du Conseil Municipal).
Mais, nous pouvons d'ores et déjà préciser qu’il s’agit d’un engagement financier et humain commun puisque la Communauté des Communes a financé l’installation des chalets, l’Association des Commerçants de Villemur s’est chargée de la communication, la
mairie de notre ville a pris en charge la location de la patinoire et de ses accessoires et le Comité Multifêtes a assumé bénévolement la gestion de la patinoire et le goûter de Noël des enfants
entre autre.
Il faudrait tenir compte de plusieurs paramètres pour estimer la justesse du projet qui a vu le jour cette année dans notre ville.
En premier lieu, il conviendrait de rapprocher le budget consenti en 2009 à celui de 2008 qui, chacun le
comprendra, était inférieur. Mais il faudrait également comparer le taux de
fréquentation, la durée de la manifestation, le chiffre d’affaire réalisé par les exposants, l’impact sur les commerçants sédentaires de villemur… et surtout l’impact humain. Mais, pour ce
dernier point, nous allons avoir un problème ! Quelle valeur pour ces moments passés en famille ? Quelle valeur pour la joie des enfants juchés sur leurs patins ? Quel prix pour
ces regards amicaux échangés tout au long de cette fête ? Combien pour tous ces adolescents et ces enfants occupés pendant les vacances de Noël auxquels, comme le disent tant de gens, on ne
propose rien depuis des années ? Pourrons-nous valoriser ce sentiment de paix, d’amitié, d’espérance, cette magie de Noël à laquelle pas même la neige n’a manqué ?
La gratuité de la patinoire a permis à chaque enfant (… et adultes téméraires) de se lancer sur la piste blanche, abolissant l’espace de ce temps de Noël, les différences sociales, offrant à chacun des moments de plaisir. Si on multiplie ce temps de bonheur par plus de 3800 entrées réalisées, on atteint un bénéfice jamais enregistré sur une durée aussi courte !
En bon comptable ou bon financier, aurions-nous préféré de bons vieux chiffres dans la colonne débit ? Tant de voitures brûlées, tant pour les façades taguées, tant pour les déplacements de la police municipale venue calmer des esprits échauffés…
Ce premier marché de Noël est un galop d’essai, il reste bien entendu des obstacles à franchir, mais même un bon cheval a besoin d’endurance !
Malgré nos divergences, nos colères, parfois nos rancunes, il faut apprendre à ne pas dire seulement ce que nous ne voulons ou n’aimons pas. Une chose positive demeure positive quel que soit son instigateur ou son initiateur.
Il n’en demeure pas moins que chaque remarque, chaque suggestion pour l’année prochaine, doit être la bienvenue. Chacun de vous a son rôle à jouer. Aussi, tous les commentaires reçus seront publiés sur le blog afin de servir le travail collectif entamé cette année.
Catherine TIZON
