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LE PREMIER TOUR DE L’ELECTION PRESIDENTIELLE : LA SEULE ET VERITABLE PRIMAIRE QUI COMPTERA

 

Par Jean Philippe TIZON

Les primaires viennent de  nommer un candidat pour représenter le seul Parti Socialiste à l’élection présidentielle et non à l’ensemble de la gauche. La nuance reste ici déterminante et source de perspectives ouvertes quant à l’avenir de notre nation, de l’Europe et l’élaboration d’une autre mondialisation (1).

La tentation existe, pour cause de stratégie électorale, de tout polariser sur le second tour des présidentielles, comme si la partie était déjà jouée. « L’oubli » du premier tour ne tient donc pas de l’anecdote mais du souci de limiter le débat de fond tant à gauche qu’à droite. Il appartient aux citoyens (nes), comme lors du  premier tour des primaires socialistes, d’utiliser ces échéances comme outil  d’expressions et d’actions. Seul le premier tour de la présidentielle se veut la véritable primaire républicaine.

 

 Mais avant d’aller plus loin, dans la réflexion il devient nécessaire d’analyser, en partie, les primaires socialistes. Tout d’abord, il est important le souligner l’existence d’un véritable engouement citoyen pour ce type d’exercice. Il indique l’aspiration d’une volonté populaire d’influer sur le cours de l’Histoire de ce pays. Bien entendu, reste à savoir si l’outil (2) se veut le bon afin de transformer en profondeur notre nation ? L’avenir nous le dira. Reste cette volonté populaire de changement en attente d’un programme de gauche digne de ce nom en « rupture » réelle avec les politiques menées  ces dix dernières années.

« Que retenir

 de ces primaires ? »

 

Premièrement : Malgré l’appui d’instituts de sondages, de médias, de cénacles pas toujours de gauche ou si peu et le soutien d’une pléthore d’élus (es) petits ou grands, annonçant le printemps rose corrézien  avant l’hiver, François Hollande n’a pas décroché la timbale dès le premier tour.

Deuxièmement : Le score des voix portées  (17 %) sur Arnaud Montebourg ne se veut pas tant une adhésion au charisme, dixit le maire de Lyon Gérard Collom, du député de Saône et Loire qu’une volonté de rappeler au PS la nécessité de s’ancrer à gauche pour mener une autre politique. Ces 17% ouvrent des perspectives, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de la rue de Solferino, en terme de résistance à la logique « libérale »  en cours. D’ailleurs, les premiers résultats tangibles se font sentir dans les discours…  Ainsi les propos, plus ou moins feutrés, sur la possibilité de s’allier avec le centre (la droite déguisée) et des « gaullistes sociaux » ont miraculeusement disparu, du moins pour un temps, des médias.

Troisièmement : La victoire de François Hollande exprime non pas forcément une adhésion à ses thèses, mais sûrement  la volonté de voir un candidat de gauche légitimé par ce type de scrutin partisan. La progression du nombre de votants a bénéficié autant à l’un qu’à l’autre des candidats. Martine Aubry, partie sans réserve de voix et au vu des ralliements successifs  en faveur de son adversaire, a fait montre d’un rebond inattendu mais pas suffisant.

Pouvait-il en être autrement ? F. Hollande fait figure d’une des deux faces  de la même pièce social-démocrate un peu pâle, l’autre étant Martine Aubry. Les électeurs (trices) se sont donc prononcés sur un type de personnalité et en fonction des sondages. Ces derniers annoncent depuis des  mois la victoire du Maire de Tulle face à Nicolas Sarkozy. Il en allait de même en 2007 avec Ségolène Royal. Nous savons depuis 2002 ce que donnent les sondages victorieux à propos des batailles gagnées d’avance : une déculottée !

 

En plus de  ce mirage des instituts de sondages se posent au PS et à son candidat de véritables questions quant à la construction d’un changement de fond :

-          Sauront-ils entendre ces centaines de milliers de salariés qui luttent ou qui ont lutté pour leur emploi et le maintien d’une industrie en France ?

 

-          Sauront-ils entendre les autres formations de gauche ?

 

-          Ont-ils la volonté de s’attaquer au  libéralisme et à ses conséquences inhumaines, ou ont-ils la seule volonté de gérer la crise sans la dépasser ?

 

-          Allons-nous assister à un réformisme poli de gestion du capital ou à un réformisme de transformation sociétale ?

 

Le Parti socialiste et son candidat légitimé par une participation citoyenne conséquente se retrouvent aujourd’hui face à l’Histoire. Il leur reste encore une fois de plus à ne pas louper l’orchestration du siècle en se trompant de portée musicale.

« Ancrer le pays

véritablement à Gauche »

 

 

Au moment où cette fin de la Ve République n’en finit plus avec un système présidentiel complètement dévoyé (3), il reste néanmoins aux citoyens(nes) l’outil du premier tour des présidentielles - puis celui des législatives (4)- pour exprimer une attente de gauche.

Au soir du premier tour, le score du Front de gauche avec  son candidat Jean-Luc Mélenchon  pèsera lourd ou non sur la suite des évènements. Un bon résultat ne peut qu’influer à gauche le Parti socialiste. Un score à deux chiffres s’impose alors. A l’inverse, un résultat trop faible ferait ressurgir les vieux démons d’alliance avec la droite dite modérée. L’aile droitière du PS s’obligerait  à  jouer ouvertement alors les entremetteuses. Les Manuel Valls et consorts  joueraient avec joie cette partition au détriment de l’aspiration populaire à la justice sociale la plus élémentaire

Face à une telle  éventualité, osons un clin d’œil publiciste : « Si vous avez aimé le vote Montebourg  lors des primaires vous  adorerez le vote  Mélenchon pour le premier tour des présidentielles. »

Cette perspective ne se limite pas à une adhésion cultuelle à une personne et / ou à une stratégie politique nécessaire pour un rééquilibrage  entre les forces adeptes d’un réformisme uniquement gestionnaire et celles d’un  réformisme  de transformation sociale mais au contraire elle se veut  une dynamique citoyenne de rassemblement pour une société  basée sur la justice, de véritables contre-pouvoirs démocratiques, économiques, financiers, politiques et citoyens face aux dérives du système actuel.

L’enjeu des prochaines élections présidentielles ne peut se réduire à un référendum pour ou contre Sarkozy, même si l’homme cristallise sur sa personne bien des déceptions. Le profil du Président actuel et de son gouvernement se limite à un rôle de commis – zélé, certes- d’une politique impulsée par les majors du capitalisme et  de la finance mondialisée. Ce gouvernement a perdu tout sens de l’intérêt national comme le prouve entre autres les affaires Molex, Arcelor-Mittal ou Dexia.  Cette approche ultralibérale demeure aussi la tasse de thé du Pasok  en Grèce ou du PSOE en  Espagne. Sans mobilisation populaire, sans ancrage véritable à gauche les banquiers peuvent dormir tranquilles.  L’enjeu ne porte pas donc pas pour l’essentiel sur le nom du futur locataire de l’Elysée mais bien sur quelle politique il entend impulser. Devant les enjeux présents, notre nation et l’Europe ne peuvent se satisfaire de discours lénifiants mais ont besoin d’une vision, d’un projet de société. Reste à savoir : un projet au service de l’être humain ou au service du Capital ? Aux citoyens (nes)  d’en décider, d’en impulser les contenus dès le premier tour des présidentielles.

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(1)     La démondialisation présentée par Arnaud Montebourg est agitée comme un chiffon rouge par les tenants du libéralisme financier de droite comme de « gauche ». Elle n’est entre autre qu’une autre mondialisation au sein de laquelle les nations et les peuples retrouvent le droit de se gérer comme ils l’entendent.

 

(2)      Voir article Primaires socialistes et présidentielles (1) (in œil sur villemur)

 

 

(3)     Nous sommes loin des critiques des républicains à l’encontre du pouvoir personnel du Général de Gaulle. Aujourd’hui, il s’agit d’hyper présidence sans véritable contre-pouvoir et pis  avec fusion des pouvoirs. Le général avait une « vision de la France », Le locataire actuel possède une vision personnelle du pouvoir qui réduit la France à celle des « locataires » de Neuilly sur Seine.

 

(4)     Voir article Primaires socialistes et Présidentielles in « un œil sur villemur »

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