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Le regard de l’OURS sur le Parti socialiste.

Par Jean Philippe TIZON.

Devant une trentaine de militants et /ou d’élus (es) socialistes et sympathisants de gauche, Denis Lefèvre, Historien et Secrétaire Général  de l’Office Universitaire de Recherche Socialiste (OURS) a balayé l’Histoire du Parti Socialiste de 1905 à 2005, et les trente ans de l’arrivée de la gauche le 10 mai 1981. Une expérience à renouveler en distinguant mieux la dimension recherche de la dimension militante.

Il est des dates symboliques, cette réunion se tenait samedi 21 mai 2011. Trente ans plus tôt, jour pour jour, le peuple de gauche rendait hommage avec François Mitterrand aux grands Hommes de la République reposant au Panthéon. Souvenir sorti des cartons de l’Histoire ou encore une histoire vivante à écrire avec un droit d’inventaire ?

L’exercice se veut toujours difficile de porter à la fois le regard critique de l’historien et le fait de rester un militant convaincu défendant son « église » avec certes du recul et non sans humour.

 Même si nous étions entre militants de gauche, l’aspect convivial de la rencontre a sûrement affadi la dimension méthodologique de l’approche et la prise de distance scientifique nécessaire

. Si une critique devait être émise, elle porterait essentiellement sur cet écart même si cela n’a pas empêché l’émergence d’une approche de fond. En effet, les allers-retours entre hier et demain (les présidentielles de 2012) de la salle, à la décharge du conférencier, ont perturbé les logiques développées

 

« Un regard critique

sur l’Histoire »

Un film d’un quart d’heure retrace brièvement les grandes dates de l’Histoire du Parti Socialiste ou, ne devrions-nous pas dire, des partis socialistes ?

Bien entendu, tout commence en 1905 avec la création de la Section Française de l’Internationale Ouvrière (SFIO).

Jean Jaurès est arrivé à ses fins en rassemblant les différents courants socialistes au sein d’une même maison. Jules Guesde du POF cohabite dorénavant avec le fondateur de L’Humanité. Dommage qu’il n’y ait pas eu un éclairage sur les rapports contradictoires entre ces deux hommes et sur l’évolution de leurs parcours personnels.

 Le premier, Guesde, affirmait à qui voulait l’entendre que Marx était le penseur de la classe ouvrière (1). Il finira ministre d’un gouvernement d’union nationale conduit par Clémenceau. Celui-ci contribuera, côté français, à la grande boucherie du XXe siècle.

 Le second,  radical d’origine, glissera petit à petit vers  un socialisme moins dogmatique mais plus humaniste inscrit dans la tradition des révolutions françaises. Il refusera la logique de guerre, en appellera à l’Internationale Socialiste, aux sociaux démocrates allemands, pour ne pas enclencher une guerre mondiale. Il le paiera de sa vie. « Le capitalisme porte la guerre comme la nuée porte l’orage» prophétisait-il. Une pensée jaurésienne toujours d’actualité.

Une des conséquences de ce déchainement de violence entraînera la scission du congrès de Tour en 1920.

La majorité, dont Marcel Cachin, adhère à l’Internationale Communiste (SFIC). Une minorité avec Léon Blum entend garder la vieille Maison.

 Au-delà du constat historique, il aurait été  intéressant de s’interroger sur les raisons profondes de cette démarche qui dépasse la simple adhésion à  l’idéologie bolchevique et d’émettre l’hypothèse (même si nous ne pouvons réécrire l’Histoire) qu’une majorité de socialistes entendait donner de toute façon une leçon à ses dirigeants empêtrés durant quatre ans dans une collaboration de classe assassine et impulser une autre politique progressiste.

 

A propos du Front Populaire, Denis Lefèvre souligne les hésitations de Léon Blum notamment sur l’instauration des congés payés. Congés et acquis sociaux seront gagnés par une mobilisation sans précédent des salariés (es). Se posent déjà les rapports « contradictoires/ complémentaires »  entre approche réformiste, rapports de classes et volonté de transformations sociales.

Le conférencier passe très vite sur la seconde guerre mondiale, la résistance ou le fait qu’une majorité de parlementaires socialistes vote les pleins pouvoirs à Pétain (à l’exception notoire de Blum et de quelques autres).  Il aborde alors la guerre d’Algérie, la décolonisation et l’implosion de la SFIO mais souligne brièvement les conséquences du  rôle joué par Guy Mollet dans ce fatras.

 

Et D… créa

le Parti Socialiste ?

Viennent bien entendu le congrès d’Epinay en 1971, le programme commun et l’arrivée de la gauche au pouvoir le 10 mai 1981.

Un ex-salarié de Molex, s’interroge sur les raisons de l’émergence d’un tel congrès réunificateur des socialistes.

 La réponse un peu décalée souligne le rôle joué par la FGDS, les clubs de réflexions (notamment le club des jacobins dirigé par un certain Charles Hernu), des personnalités diverses et variées dont Pierre  Mendes-France  avec la « Convention des Institutions Républicaines » et Gilles Savary. A croire que les socialistes sous la grâce d’un St Esprit républicain auraient trouvé seuls le temple commun pour  abriter les futurs 110 commandements.

Cette approche plus militante que scientifique demeure néanmoins intéressante. Elle se veut peut-être un  lapsus révélateur. Expliquer le congrès d’Epinay, le programme commun et l’arrivée de François Mitterrand à l’Elysée  sans une approche systémique ou contextuelle revient à appeler le vin blanc du champagne.

 Comment comprendre la dynamique des années 1970 qui aboutirent à l’élection de François Mitterrand, si  nous écartons d’un revers de la main l’espérance et la mobilisation citoyenne et des salariés(es) d’alors (mai 68, Lip, la sidérurgie, etc).

La prise de conscience des travailleurs(es), des citoyens (nes), des étudiants (es), des intellectuels(les),  des dérives d’un système politico-affairo- criminelles (les meurtres ou suicides de Broglie, de Robert Boulin –toujours non élucidés- les diamants, sans oublier les chalondonnettes et autre avion renifleur. La liste est longue) et du besoin de changer la vie ont joué un rôle déterminant dans l’aboutissement de la création d’un parti de gauche au côté d’un PCF hégémonique, institutionnalisé, monopolisateur de la classe ouvrière et de son histoire.

Là réside sûrement une des contradictions historiques majeures du Parti Socialiste. D’un côté, un acte de naissance porté par une dynamique populaire et  citoyenne  et de l’autre une peur de la démocratie sociale. D’ailleurs, cette peur semble plus forte  que de raison au point de préférer s’allier à une partie de la droite. Souvenons-nous en 2007 de Ségolène Royal qui annonce après coup qu’elle avait proposé le poste de Premier Ministre à …François Bayrou.

Denis Lefèvre interpelle ses camarades socialistes présents dans la salle : «  nous socialistes, nous avons trop tendance à vivre entre nous, à vouloir rester en « famille ». Et une des difficultés du PS est de n’avoir pu devenir un parti de masse ».

Une interrogation se pose en filigrane : un Parti Socialiste craignant la démocratie sociale se veut-il encore réellement socialiste ? Le débat et l’histoire sont loin d’être clos. Une prochaine étape villemurienne ne serait pas vaine.

 

1)    De mémoire Marx aurait répondu à Guesde : « si le marxisme c’est cela. Je ne suis donc pas marxiste ».

2011-05-26 202755

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K
<br /> salut denis,<br /> beau constatDenis.<br /> Donc la question reste posée:pour gagner sans coup férir 2012 comment redevient-on populaire?<br /> Paulo<br /> <br /> <br />
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