LEGUMES, FRUITS, CIRCUITS COURTS, CANTINES…
-
PARTAGEONS NOS ENVIES
ET DU BON GOÛT DU CÔTE DE CHEZ SOI.
La salle du conseil municipal de la mairie de Villemur accueillait ce Jeudi 28 Mars le Pays Tolosan pour le deuxième forum du développement durable.
Le leitmotiv de cette deuxième édition s’intitule « Partageons nos envies de développement durable. » Nos envies en matière environnementales, mais aussi en matière de prise en compte du lien social, de l’amélioration de nos modes de vie, d’un autre développement économique de notre territoire.
LOCALEMENT.
Monsieur le Maire de Villemur, président de la commission « développement économique » du pays présentait l’ordre du jour, « alimentation durable et bio » en s’appuyant sur la mise en place dans les cantines scolaires publiques de la commune de Villemur d’un dispositif pour le moment embryonnaire, à savoir, consommer chaque Jeudi un produit du 31. http://www.ladepeche.fr/article/2013/03/25/1590464-montastruc-la-conseillere-des-produits-locaux-a-la-cantine.html
Le but est d’allier la qualité à la proximité et de pérenniser la méthode pour par contre coup, donner de l’essor à la filière agricole.
Le prix de revient d’un repas se situe entre 2€ et 2€50 pour les familles alors que le coût réel approche les 7€.
Monsieur le Maire dit que c’est une sorte de subvention accordée à un service public, manger correctement est un élément essentiel.
Nous ne pouvons que nous réjouir de cette initiative révélée récemment aux parents d’élèves villemuriens.
Monsieur Boudet retenu par d’autres engagements laissait la parole à monsieur Didier Bosque, président de la commission transport et environnement.
Emilie Perramond, chargée de mission développement durable au Pays Tolosan, organisait la prise de parole des différents intervenants.
Témoignages constructifs, venu de la Haute Garonne mais aussi de l’Ariège et des Hautes Pyrénées.
L’information était riche, les points abordés se recoupaient ou se rejoignaient dans les différentes interventions. Nous ne ferons qu’un bref résumé.
Tout le monde a pris conscience de l’importance d’une bonne alimentation, il reste difficile de faire évoluer les mentalités et de mettre concrètement en place des filières courtes.
On se heurte à plusieurs niveaux à des contraintes réglementaires, sanitaires, saisonnières.
Planification, anticipation de la demande, sont indispensables pour maîtriser les objectifs de coût et de quantité.
DU GOÛT ET DU LIEN.
Madame Jacinthe Bessière, Maître de conférences, chercheuse en sociologie a mis en avant l’alimentation, ressource patrimoniale.
L’émergence d’un retour à l’idée de terroir en lien avec la mémoire, les racines, valorise l’héritage collectif.
L’idée du repas à la française symbolise la convivialité.
En prenant appui sur le passé on recréé du lien social.
Le patrimoine alimentaire s’ancre non seulement dans le temps grâce à la mémoire collective et aux souvenirs individuels, mais aussi dans l’espace géographique (AOC AOP IGP …)
Les habitants d’un pays, d’une région, doivent savoir, pouvoir promouvoir leurs spécificité dans le domaine alimentaire et donc productif.
L’aliment est un élément de cohésion sociale, d’intégration.
Une dimension que l’on a tendance à oublier en consommant, et qui devrait nous ramener à des valeurs concrètes, la satisfaction de produire du bon, des découvertes régionales, une convivialité retrouvée autour d’une table.
DES ACTEURS IMPORTANTS.
La chambre d’agriculture est active auprès des producteurs et collectivités pour les accompagner dans la mise en place de circuits courts qui répondent non seulement à une demande locale mais constituent aussi de nouveaux débouchés.
Agir pour le développement durable passe par le regroupement des offres, le travail sur une gamme à élargir pour mettre en adéquation besoin et production.
« Produit sur son 31 » (http://www.produitsurson31.fr/) est une association loi de 1901 créée en décembre 2011. Tout producteur fournisseur qui adhère doit respecter un cahier des charges, la traçabilité en est un élément important.
En contre partie, ils s’assurent des débouchés pour leur production.
En un an, l’association a réuni 60 producteurs, 60 clients dont 20 réguliers.
L’expérience du pays « Porte d’Ariège » permet d’avoir un peu de recul sur la mise en place de circuits courts.
Depuis 2006 ce pays s’est engagé dans la démarche collective de faire vivre une économie sociale et solidaire.
Actuellement 12 communes ont signé la charte.
C’est un défi de mobiliser autour du thème, de nombreuses difficultés d’ordre matériel surgissent.
Il faut par exemple sensibiliser les cuisiniers à de nouvelles pratiques, équiper les cantines car il y a évidemment beaucoup plus de travail manuel.
Il faut s’assurer des possibilités de stockage et d’approvisionnement.
La réussite passe par la communication car il y a bien sur un surcoût qu’il faut expliquer aux communes et aux parents pour les convaincre.
Actuellement dans l’entité du pays il y a 250 références locales pour 10 familles de produits, 12 communes ont signé la charte.
L’association Erables 31 (Ensemble pour Représenter l’Agriculture Biologique Locale, Écologique et Solidaire http://www.erables31.org/) compte pour la Haute Garonne 322 producteurs, 2685 pour Midi Pyrénées.
Elle travaille à la préservation de la santé & de l’environnement, et au dynamisme de l’économie.
Les communes de Gragnague et Lapeyrouse Fossat sont investies dans la promotion du concept « Un fruit pour la récrée ».
1000 communes proposent 6 distributions de fruits par trimestre scolaire avec une animation autour d’un fruit par trimestre.
L’Union Européenne soutient financièrement ce projet.
La SCIC (Société Coopérative d'Intérêt Collectif) http://www.restobiomidipyrenees.fr/index.html) dont vous pouvez découvrir les actions à travers leur site est un moyen de recréer du lien entre différents métiers d’un territoire.
Pour conclure, présenter toutes les actions entreprises, tous les acteurs en un peu plus de deux heures constituait un véritable défi. Il a été brillamment relevé par tous les participants et on ne pouvait sortir de cette réunion qu’avec l’envie d’en savoir plus et de voir se multiplier les initiatives.
Une telle démarche aussi intéressante voire innovante qu’elle soit demande au minimum d’y associer les parents d’élèves et les enseignants afin de développer une pédagogie du goût et des aliments. Au même titre que Victor Hugo, la gastronomie de terroirs fait partie de notre patrimoine culturel. Elle se veut loin, très loin, d’une « malbouffe » surmédiatisée conditionnant ainsi les esprits.
Restent les enjeux de créneaux horaires plus accessibles et la nécessité de rendre plus audible aux publics les dates des rencontres afin de promouvoir les travaux du Pays Tolosan.
Restent les difficultés de faire appel à des professionnels en soirée et de mobiliser un public ayant perdu l’habitude qu’on lui demande son avis après explications.

