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OU VA VILLEMUR ? POUR QUEL PROJET DE SOCIETE ? (4ème partie et fin)

  • Un Oeil Sur Villemur
  • Politique

Poser les contextes sans crainte

afin de tendre vers un mieux vivre collectif

 
 

Par Jean Philippe TIZON

 

Il existe en ce bas monde, face aux situations de plus en plus complexes, au moins deux approches possibles : nier les problèmes ou les soulever.

 

Pour la première approche, il arrive de confondre souvent les problèmes réels -mais niés- avec ceux qui les soulèvent sous formes de « dysfonctionnements » afin de mieux mettre en exergue d’autres approches possibles. Si cette confusion persiste, elle revient à se tirer une balle dans chaque pied. Une première fois parce que nier l’évidence ne revient pas à la dissoudre. Une seconde fois parce que le refus d’entendre l’analyse complexe d’une situation empêche de tendre vers la construction de réponses autres. Cette attitude tend non seulement à figer un contexte mais surtout à l’aggraver.

 

Pour la seconde approche la perception de l’analyse proposée pousse  soit à trouver des réponses partielles – non satisfaisantes pour le moyen et long terme- soit à mettre à plat les différentes perceptions des partenaires afin de construire un début de réponse transversale et efficiente. Bien entendu, en fonction de l’ancrage républicain et / ou idéologique de droite ou de gauche, des variations existeront dans les priorités.  Mais une telle méthodologie d’implication des différents acteurs reste, selon nous, avant tout une approche d’une gauche réelle et républicaine.

 

Bien entendu, Ces différentes manières de gérer les situations complexes issues des contradictions de la société -avec son lot de désespérances pour l’instant individualisées et non « collectivisées »- mettent en exergue le type de rapport des élus (es) au pouvoir et à la représentation culturelle qu’ils en possèdent.

 

Sans se tromper de trop, nous pouvons souligner des corrélations entre rapport au pouvoir et niveau de gestion des enjeux démocratiques.

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Ce tableau de corrélations (1) entre perception culturelle du pouvoir et son impact social et politique peut s’appliquer à tout objet concernant la vie d’une collectivité quelle qu’elle soit.

 

Ainsi prenons le cas de la gestion du personnel :

 

1)   Privatisation absolue du mandat : les autres élus (es) n’ont pas droit au chapitre. Cela se traduit par l’embauche excessive de cadres de direction au détriment d’agents d’exécution. Conséquences fonctionnement vertical extrême, la réalité du terrain n’émerge pas. Les agents « ordinaires » deviennent des variables d’ajustement à l’emporte pièce. Le summum, la notion de variable d’ajustement s’étend au point de transformer les fonctions de proximité nécessaires en emplois précaires, en emplois kleenex.

Le danger pour la démocratie, reste de voir s’installer une technostructure autonome. Autrement dit, des « hauts » fonctionnaires qui agissent, avec les avantages relevant de leur fonction, avec pour dogme la « pensée » dominante et justifient leurs décisions, à des élus alibis, comme incontournables. En langage local cela se traduit par : passer du bolonono aux bilininis

 

2)   Privatisation absolue du mandat mais sensible à certaines expressions : Même type de fonctionnement que précédemment avec parfois un geste suite à une écoute ou à une découverte de situation. Réponses partielles à un enjeu complexe. Les autres élus (es) peuvent à l’occasion, dans un espace confiné, exprimer leurs remarques.

 

 

3)   Le mandat perçu comme un moyen et non une finalité : le souci est ici de rendre un service public efficace et respectueux à la fois des citoyens et des agents. Le personnel d’une collectivité demeure l’image vivante, positive ou négative de la dite collectivité.  Concrètement, cela veut dire, au contraire de l’armée Mexicaine,  moins d’officiers supérieurs et plus d’officiers de rang, de sous-officiers et de simples soldats pour réaliser un service au public et faire remonter les problèmes.

 

Concrètement, prenons le cas des écoles. Cette dimension républicaine demande non seulement le maintien de personnels qualifiés possédant un bon contact avec les enfants, mais aussi l’embauche en CDI des personnes au profil similaire en lieu et place d’une précarité des personnels –contrats aidés, CDD-. Ces personnels font partie intégrante de l’environnement pédagogique nécessaire au développement citoyen des enfants. Dans le même esprit, la création de postes d’éducateurs de rue et d’éducateurs sportifs s’impose au même titre qu’une politique de sécurité des biens et des personnes par la présence de policiers et /ou gendarmes. Ce type d’embauches rentre dans l’optique de mettre l’enfant, l’humain au centre des préoccupations. Nous sommes par conséquent dans une approche basée sur les valeurs républicaines.

 

 

Cette grille de lecture globale, peut aussi bien s’appliquer au rapport des élus(es) ou d’institutionnels à la cité, aux associations, aux citoyens (es), etc. Poser les dissonances d’une vie collective est d’une grande importance et ne se pose pas en termes de prochaines échéances électorales mais en termes d’urgence. Elles doivent, dés à présent, commencer à être cernées afin de commencer à élaborer des solutions. Nous n’avons pas le droit de rajouter de la désespérance à la désespérance.

 

 De plus, soulever les contradictions les plus épineuses de nos sociétés et élaborer des pistes de résolutions collectives et républicaines au sein desquelles l’Homme demeure la finalité, ne peut se réduire à la seule responsabilité des élus (es). Cette responsabilité, revient en premier lieu aux citoyennes et aux citoyens engagés dans la vie associative, la vie culturelle, la vie scolaire, la vie syndicale, politique (etc.). C’est à nous tous de construire ces pistes. Il demeure facile de décrier les « politiciens » lorsqu’à notre niveau nous ne remuons pas le petit doigt. Une telle ambigüité entre le propos et l’acte, nous rend aussi responsables que ceux qui sont, à tord ou à raison, montrés à la vindicte populaire. Il est du recourt de tout à chacun et collectivement de commencer à « changer la vie » sur nos territoires, autour de nous, en osant soulever les dysfonctionnements et en pointant les « solutions » éventuelles.

En cette époque où le Capital possède plus de valeur que l’Etre Humain, il nous faut non seulement résister mais aussi devenir dès à présent des constructeurs d’espérances.

 

 

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(1)            L’approche de ce tableau de corrélations se veut empirique. Cet empirisme s’appuie sur nombre d’observations et de situations rencontrées.  Il n’en demeure pas moins qu’il faudrait qu’il soit testé plusieurs fois afin de l’améliorer et lui donner un caractère scientifique plus avéré.

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