Privatisation de la collecte des ordures ménagères. Recherche cohérence désespérément
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Que nous soyons capables de séparer verre, carton, papier, plastique des détritus et même de nous essayer au compostage…
Que nous soyons des citoyens flemmards qui laissons à d’autres le travail du tri acceptant de payer plus pour trier moins…
Il faut entendre que le Grenelle de l’environnement grand chaudron où chacun peut ajouter sa sauce préconise le tri sélectif et même à terme la tarification incitative.
Nous voilà au cœur du sujet de nos actuelles préoccupations.
Tu peux ou tu peux pas ?
Vous devez maintenant savoir, beaucoup l’apprennent encore, qu’en juillet 2012 l’intercommunalité élargie à Bessières à voté à l’unanimité le passage au tri sélectif individuel et la privatisation de la collecte.
Monsieur le maire de Bessières très investi en matière d’environnement est en toute logique devenu président de la commission à l’intercommunalité.
Il a donc donné quelques explications lors du conseil communautaire du 12 juillet dernier.
Après avoir relevé que le taux de refus concernant les déchets recyclables s’élevait à 22% avec des pics à 30% et que bien évidement cela représentait un coût, il a confirmé que certaines dépenses n’étaient pas maîtrisables (coût du traitement des déchets, contribution payée au SSTOM).
Il a ensuite exposé l’étude menée par un cabinet spécialisé ANTEA , étude intégrant les coûts composant la collecte des ordures ménagères, des déchets recyclables, des déchets verts et des encombrants.
Monsieur le maire de Bessières édicte : « la commission propose donc de mettre en œuvre un système cohérent de collecte des ordures ménagères, des déchets recyclables en porte à porte. »
Nous avons appris depuis que la cohérence consiste en une collecte individualisée dans les lieux où cela s’avère réalisable et semble t il un statut quo dans les immeubles et plus particulièrement les centres ville.
Les habitants du Villemur historique ont été inquiets de recevoir un agent chargé de définir la taille du container qu’ils auraient à disposition dans leur appartement. Certains ont aussitôt rédigé une pétition remise à monsieur le Maire.
Ce manque d’information flagrant est quelque peut incohérent.
On a oublié de préciser aux intéressés que la collecte ne sera plus effectuée sur Villemur que 2 fois par semaine, les commerçants pour le moment traités comme les foyers acquitteront à terme la Taxe Générale sur les Activités Polluantes. Cela aussi c’est le Grenelle de l’Environnement qui le préconise.
Fin de l’aparté, revenons au conseil communautaire du mois de Juillet.
V pour Véolia.
Monsieur le président de la commission environnement informe l’assemblée du « résultat de l’appel d’offre qui a vu la société Véolia proposer l’offre la plus économiquement avantageuse, les coûts proposés comprenant la collecte des ordures ménagères, des déchets recyclables, des encombrants et des déchets verts. »
« Monsieur le président ouvre alors le débat sur le choix du système de collecte des ordures ménagères, sachant que le conseil communautaire est souverain dans la décision. »
Bonjour madame la cohérence, l’appel d’offre a eu lieu, le choix de la société est effectué, tout est plié et on ouvre le débat … !
Après le choix le débat.
Une élue s’inquiète alors du coût en se référant à une étude précédente.
Monsieur le président lui répond que tous les coûts n’avaient pas été alors considérés.
Ha ! Il connaît donc cette étude.
Un autre s’inquiète de la méthode du tri.
Triez, de toute façon, Econotre possède une chaîne de tri automatisée, la valorisation est réalisée sur site. Cela doit signifier que notre tri est retrié.
Quelles sont les clauses d’indexation au niveau des prix sachant que le contrât est prévu sur 7 ans s’inquiète un maire. Augmentation de la population suivant les données de l’INSEE, indice du prix des carburants.
D’autres info s’échangent dans un louable esprit de concertation tardive et tout à coup on s’intéresse au personnel, que va-t-il devenir le personnel ?
Monsieur Raysseguier répond « que la loi prévoie que le personnel soit détaché auprès de l’entreprise attributaire. Les agents gardent leur statut de fonctionnaire sous l’autorité du président de la communauté de communes, et les avantages acquis. Au sein de la société le personnel est accueilli avec les mêmes avantages que ceux de l’entreprise privée. La procédure de détachement est régie par décret. »
Et le personnel, on lui a demandé son avis au personnel ?
Et bien non !
Et le personnel, vous savez cette « chose impersonnelle » il a envie de le donner son avis et depuis la décision unilatérale de l’intercommunalité qui c’est vrai est « souveraine » les employés chargés de la collecte des ordures ménagères ont décidé de refuser le bonheur d’incorporer Véolia. Ils ont clairement dit non.
Ces employés n’ont pas démérité, bien au contraire leur valeur est publiquement reconnue. Ils savent qu’ils sont en capacité de s’adapter au passage du tri sélectif individuel avec un service efficace mais on n’a pas dénié les considérer.
Il n’y a eu aucune concertation, aucune communication individuelle alors que pour eux il s’agit d’une transformation importante avec des dispositions spécifiques et une sécurité salariale moindre.
Il est incohérent de vouloir aller trop vite, sur un sujet sensible, au mépris de l’humain. Comment s’étonner que les problèmes surgissent ?
Cela aura des conséquences sur le budget de l’intercommunalité qui se trouvera avec des agents en surnombre que l’on tentera de reclasser ou qui seront payés en inactivité contre leur gré… n’oublions pas qu’ils ne sont pas les responsables de la situation.
Paye et tais-toi.
Ce mépris, nous le ressentons aussi nous, contribuables.
N’est-il pas incohérent de ne pas associer les usagers à des prises de décisions aussi importantes que celles de privatiser un service public ?
Comment peut-on se contenter d’avis technocratiques et mettre autoritairement les citoyens en demeure d’accepter des choix unilatéralement décidés ?
Nos élus pensent-ils que c’est un moyen de nous responsabiliser que de faire et décider à notre place ?
Nous leur avons délégué un pouvoir, ont-il le droit de se l’approprier ?
La concertation leur parait-elle si dangereuse, ne conçoivent-ils pas qu’elle peut être source d’enrichissement mutuel ?
N’abordons pas le sujet de l’information, elle est soit inexistante, soit partielle, ouvrant ainsi la porte à toutes sortes de rumeurs invérifiables que l’on tentera de démentir, dont on s’étonnera avec une surprenante naïveté.
On aura tôt fait de mettre les deux mains en avant comme l’enfant amortissant la chute en expliquant que tout à été fait dans la plus stricte légalité.
Une équipe proche de vous !
De la parole aux actes…
Messieurs les décideurs savez-vous que selon une étude récente de l’UFC-QUE CHOISIR la collecte des déchets ménagers coute 12% plus cher lorsqu’elle est effectuée par des sociétés privées à la place du service public ?
Vous êtes sûrement en conscience qu’en vendant tout le matériel de collecte des déchets vous nous livrez aux deux multinationales qui détiennent le monopole.
Aurez-vous des scrupules si un retour au service public s’avère souhaitable à nous opposer le coût que cela ferait supporter au budget collectif ?
Sûrement pas, vous nous direz que nous sommes irresponsables, que nous manquons de discernement, que la gestion est difficile, que l’Etat n’aide pas, qu’un élu ne peut tout faire…
Nous vous avons entendu vous insurger contre la mort du service public parce vous le savez que ce service public parfois décrié répond aux besoins fondamentaux de tous les individus par la continuité, l’accessibilité, vous savez qu’il est aussi producteur de lien social et de citoyenneté.
Il y a bien d’autres paramètres à approfondir.
Prenez connaissance et analysez comme les humbles citoyens que nous sommes le rapport de la Cour des Comptes. Vous verrez comment est pointée du doigt l’opacité de la gestion privée de la collecte des ordures ménagères.
Nous vous en livrons un extrait succinct de ce rapport édifiant et vous invitons à lire la suite.
L’information des citoyens est encore trop souvent incomplète en matière de déchets. Or, c’est une condition nécessaire de leur acceptation des contributions de plus en plus élevées qui leur sont demandées, comme de leur responsabilisation en matière de tri…
http://www.ladocumentationfrancaise.fr/var/storage/rapports-publics/114000558/0000.pdf
Cessez de nous considérer seulement comme des administrés, nous sommes des citoyens responsables en capacité de nous exprimer, ouverts à toutes explications, capables d’entendre si l’on veut bien nous entendre.
Et nous citoyens, il n’y a pas qu’au moment du vote que nous pouvons nous exprimer, revendiquons nos droits.
Ne cédons pas au découragement, à la facilité de dire tous pareils, tout est ficelé d’avance.
Nous n’avons pas le droit de baisser les bras, il faut se rebeller contre l’infantilisation qu’on nous impose en décidant toujours à notre place.
La démocratie elle est née d’une longue lutte, elle s’entretient et nous en sommes les ouvriers dans le sens noble du mot.
Marie-Gabrielle Gimenez
SSTOM : syndicat des syndicats du traitement des ordures ménagères
