REINDUSTRIALISATION - Les poseurs de questions sont-ils responsables des non réponses ? (1)
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Par Jean-Philippe Tizon.
Par deux fois, des élus de la majorité municipale m'ont amicalement interpellé sur le choix stratégiques des questions posées lors du conseil municipal du 28 septembre 2009.
Celui-ci aurait été selon eux « d'autant plus un coup d'épée dans l'eau qu'il favoriserait le conseiller général UMP Jean Marc Dumoulin ».
Diable, nous voilà transformé, à mots à peine couverts, en suppôts (cela n'a rien de péjoratif) d'un « épouvantail» local. « Epouvantail » électoral, qui rappelons-le, a été élu démocratiquement et combattu faiblement par certains élus municipaux lors des dernières élections cantonales. A croire qu'il valait mieux, par tranquillité d'esprit, revoir mandater un élu UMP, ennemi intime et non adversaire politique, qu'une élue au patronyme aristocratique mais foncièrement de gauche et politiquement dérangeante. La technique politique du contournement reste aussi vieille que le roi Hérode.
Accuser la presse, un blog, un(e) citoyen(e) libre, de devenir la cause des problèmes parce qu'ils osent s'interroger ouvertement, revient à agiter le chiffon rouge afin de cacher au mieux ses propres manques ou pis une stratégie peu avouable. Ceci précisé, nous parlons de la vie de citoyennes, de citoyens et de leurs enfants.
Afin d'éclaircir le propos, s'impose, je m'en excuse, de rappeler les questions mises en cause (posées au Premier magistrat, à Daniel Régis, responsable socialiste et au Conseiller Général) : avez-vous envisagé une dynamique de réindustrialisation du territoire ou vous cantonnerez-vous à la seule dynamique d'urbanisation ? Les garanties données par Labinal sont-elles aussi fiables que celles données par Molex ? Ressort-il des projets des couloirs ministériels, autres que le plan pipé actuel ?
Ces interrogations semblent d'autant plus élémentaires qu'elles touchent au devenir de la population et des jeunes de la commune, de la communauté des communes, voire d'une partie de la vallée du Tarn. Il était intéressant d'assister à un véritable premier échange politique qui touchait à une perception sociétale de nos territoires. (voir article : La politique franchit enfin le rubicond du cénacle communal). Serait-ce le dernier ? La voix du peuple, « démocratie », ne serait-elle uniquement intéressante que comme simple voie afin d'atteindre la fonction tant convoitée ? Nous le rappelions, l'étymologie de ministre vient de serviteur. Être élu, c'est d'abord être au service des citoyens (nes) et par conséquent apporter des réponses claires à leurs interrogations.
Je le regrette, les seuls à avoir apporté une réponse construite sont : Daniel Régis, cohérent entre sa pensée et ses actes de militant socialiste et Jean-Marc Dumoulin en sortant, tel un prestidigitateur de son chapeau, un projet d'industrie agro-alimentaire. Comme je regrette, aussi, les prestations manquées dans les émissions télévisuelles concernant les « molex » et le devenir du site.
Ne pas être à l'aise médiatiquement reste recevable, mais entretenir une opacité devient inquiétant tant pour la démocratie locale que pour notre devenir industriel et non pas seulement économique au sens générique du terme. Alors de grâce travaillons tous au service de l'intérêt général en posant clairement les enjeux, les projets industriels des uns et des autres, sans être dupes. Sans réindustrialisation de nos territoires quel peut être l'avenir ?
Poser des questions revient aussi à construire cette démocratie participative tant proclamée durant la campagne électorale ; elle commence par des prises de positions politiques claires. Notre blog citoyen et de gauche se veut dans une approche constructive de la gestion locale, régionale voire nationale. Nous le savons, la critique reste aisée, les réalisations plus difficiles. Nous nous situons donc dans une dynamique critique et constructive. Celle-ci passe, n'en déplaise, par une libération de la parole et la réappropriation du rôle de citoyen (ne) trop longtemps mis sous le boisseau. Alors toutes non réponses et tentatives de détournement plus ou moins flatteuses de nos interrogations, au vu des situations complexes que nous vivons, pourront être considérées, à juste titre, comme une réponse politique peu fiable, loin et très loin d'une volonté annoncée de mise en place d'une démocratie locale et participative.
