SECU F D
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En cette époque où de nombreux spécialistes avancent leurs interrogations ou le professeur Grimaldi de la Pitié Salpêtrière sort un manifeste pour une santé égalitaire, comment combattre le trou sans fin de la sécu ?
L’objectif budgétaire de diminuer le déficit peut-il menacer l’avenir d’une sécurité sociale solidaire ?
On dépense beaucoup mais est-ce le gage d’être mieux soigné ?
Même pas !
Les français seraient des drogués consommant huit fois plus de psychotropes que les autres pays européens.
Est-il utile d’aborder le cout du MEDIATOR (à lui seul pour le moment 10 millions d’euros) et des autres scandales qui tuent.
Parmi les problèmes recensés …
Les laboratoires qui n’innovent plus mais refusent de voir leurs bénéfices diminuer.
L’évaluation du médicament à revisiter.
Des patients devenus des clients de médecins commerçants qui pratiquent le clientélisme face à des malades adeptes du chantage « j’irai voir ailleurs ».
Une médecine curative préférée à une médecine préventive.
Des campagnes de prévention qui, quand elles existent conduisent parfois à des explosions d’interventions inappropriées comme pour le cancer de la prostate qui ne nécessite pas toujours de traitement chirurgical. Autre exemple, le cancer du col de l’utérus, la campagne pour le vaccin prend le pas sur des campagnes de dépistage qui ont fait leur preuve.
Si nous parlions des soins optiques si mal remboursés, ils sont à l’origine de 60% des fractures du col du fémur chez les plus de 65 ans.
Et les soins dentaires peu pris en charge alors qu’ils sont à l’origine de bien des troubles.
La population est vieillissante, on devrait penser à revaloriser ces soins pas anodins pour l’état général des patients.
Certes, les moyens se raréfient et on ne peut plus faire n’importe quoi, il faut veiller à la pertinence des soins, lutter contre la mauvaise utilisation du médicament, les interactions médicamenteuses…
Il faut lutter contre les abus recensés, pourquoi pour la dégénérescence maculaire (DMLA) accepter un inexplicable écart de prix pour la même molécule commercialisée sous deux noms différents.
Pourquoi tant de césariennes dans certains établissements ou on atteint 45% d’actes alors que dans d’autres on arrive à 15%.
Pourquoi dans ce domaine accepter des interventions dites de « confort » remboursées par la sécurité sociale alors que les jeunes mamans en question accouchent dans de luxueuses maternités.
Ca vous parait fou qu’on préfère une césarienne qui n’est pas sans risque aux douleurs d’un accouchement, à nous aussi et si l’on en croit les spécialistes ça existe.
Peut-on continuer à raisonner en quantité plutôt qu’en qualité ?
Espérons qu’on ne touchera pas au numérus clausus comme à une époque avec le fallacieux prétexte qu’en réduisant l’offre on réduirait la demande, on voit le résultat, des déserts médicaux…
A nous tous de remettre nos pratiques en question.
De l’avis de quelques médecins il faut freiner l’évolution des dépassements d’honoraires conduisant aux urgences les plus démunis atteints de pathologies qu’ils ont faute de moyens laissé évoluer.
Le sort réservé aux arrêts maladie, à différencier des actes qu’on quémande pour bobologie, aggravera le sort des « pauvres et malades » qui ne se paieront pas le luxe d’interrompre leur activité, eux connaissent dans le sens vital l’expression un sou c’est un sou…
Actuellement cinq millions de personnes n’ont pas de complémentaires pour raisons financières et toutes les taxations supplémentaires pénalisent les petits.
Les petits ils subissent déjà l’augmentation du coût de la vie qui grève le budget alimentaire et tout le monde sait les bienfaits d’une alimentation saine comprenant toutes les classes d’aliments dont certaines deviennent inaccessibles aux foyers modestes et même aux classes moyennes.
Et nous n’aborderons pas la vie stressante et tous les symptômes bien connus …
Et si on cernait différemment le problème du financement en taxant réellement les spéculations, si comme en d’autres lieux on était peu frileux pour taxer les importations chinoises, si on créait de l’emploi source de rentrées financières et…
Une question primordiale se pose ; 11% de la richesse nationale sont consacrés à la santé.
Quelle part veut-on y consacrer ?
La solidarité est un choix de société.
Marie-Gabrielle GIMENEZ
