TARIFS DE RESTAURATION SCOLAIRE
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Vers des recettes douces amères ?
Par Catherine TIZON
Lors du dernier conseil municipal, les principes de la restauration scolaire ont été abordés sous différents angles : règlement pour les inscriptions, montant du repas, aide aux familles nécessiteuses, etc…
Au cours de ce débat, l’idée de calculer le prix du repas par rapport aux ressources de la famille a été émise.
« Principe du service public »
Il convient tout d’abord de rappeler le principe de l’égalité devant le service public dont la restauration fait partie intégrante : « toute personne a un droit égal à l’accès au service, participe de manière égale aux charges financières résultant du service et doit être traitée de la même façon que tout autre usager du service ».
Même si la restauration scolaire est de la compétence de la collectivité locale, elle demeure dans la manne du service rendu à la collectivité et doit y demeurer.
Nos démocrates peuvent-ils un instant imaginer un système où :
- le service postal,
- le prix du mètre cube d’eau ou de l’assainissement (du moins le peu qui demeure dans le domaine public),
- le prix du Kw/h,
seraient fonction des ressources de la famille ?
Les politiques locaux s’insurgeraient sûrement arguant de discrimination sociale et ils auraient bien raison.
Alors, pourquoi se poser la question pour la restauration scolaire ? Un enfant de classe moyenne mange-t-il plus ou différemment qu’un enfant de milieu plus défavorisé ? Les repas servis sont les mêmes pour tous les enfants, c’est le principe même de l’égalité.
« A votre bon cœur
messieurs dames ! »
Le « bon démocrate » doit pourtant faire valider son projet. Le service de la restauration scolaire n’est plus assez rentable et coûte cher à la collectivité. Par ces temps de crise et de désengagement de l’Etat, il devient urgent de transférer la charge ! Alors, face au principe d’égalité, osons le principe de la solidarité !
Ce terme allie l’avantage d’une bonne consonance chez les gens de « gauche » et l’outrecuidance de faire accepter l’inacceptable par les gens de « droite ».
Mais demande-t-on à Mme Bettencourt d’être solidaire avec les salariés licenciés ou avec les sans abri ? Demande-t-on à M. Bolloré de renoncer à une partie de ses dividendes pour renflouer les caisses des Restos du Cœur ou du Secours Populaire ? Sollicite-t-on nos boursicoteurs pour financer la recherche sur les maladies génétiques ? Non.
Ce sont toujours les mêmes qui sont sollicités. Ceux qui parviennent à finir leur fin de mois sans trop de difficultés, mais sans trop d’écarts non plus ! Cette classe qu’on appelait classe moyenne il y a une dizaine d’années et qui se paupérise au fil du temps.
Soyons honnêtes, les enfants qui fréquentent les écoles de Villemur ne sont pas de riches héritiers. Alors qui va-t-on sanctionner de fait ?
« Le principe de
la double peine »
Doit-on rappeler à nos élus locaux que les contribuables participent déjà au financement du service public à travers les impôts qui sont fonction de leurs revenus. Assujettir ces mêmes contribuables à d’autres participations selon les mêmes bases reviendrait au principe de la double peine : payer davantage au titre de l’impôt et payer davantage au titre de la solidarité.
Toute mesure visant à mettre en place ce type de démarche viendrait appuyer la politique gouvernementale qui pénalise les revenus moyens au profit des grosses fortunes en instaurant le bouclier fiscal ou en réduisant l’I.S.F., laissant au passage s’exiler les capitaux boursiers ou autres valises liées à de quelconques trafics devenus légaux en cette ère de libéralisme extrême.
Allons-nous, sur le plan local oser une telle politique-sanction alors que nos concitoyens souffrent déjà assez dans ce chaos social ?
« La remise en question
de la mixité sociale »
Enfin, n’oublions pas que la mixité sociale demeure un atout dans le milieu scolaire. L’augmentation du prix du repas conjuguée à d’autres phénomènes ne risque-t-elle pas de stigmatiser une population donnée et l’inciter à inscrire leurs enfants dans des écoles privées ?
Il ne faudrait surtout pas se tromper d’adversaires. Il devient urgent d'élaborer un projet de société à l'échelle locale afin de maintenir une cohésion sociale et républicaine.
