UN SAGE POUR UNE HISTOIRE D’EAU…
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Parce qu’à Villemur nous avons une zone Natura2000, une ZNIEFF des zones humides, nous ne pouvions que nous sentir concernés par cette 3eme réunion impulsée par le Pays Tolosan dans le cadre de son deuxième forum du développement durable.
Découverte sur site
La municipalité de Castelnau d’Estretefonds totalement investie dans son rôle d’hôte avait organisé un déplacement en bus jusqu’à la rivière l’Hers afin de visualiser le travail effectué.
Dans le bus messieurs Jacques Robert adjoint à l’environnement, Denis Brun, conseiller délégué au développement durable, ainsi que Monsieur Louis Vidal maire de Castelnau ont évoqué chacun à sa manière le but de la visite.
Monsieur Didier Bosque président de la commission transport et environnement à pris ensuite la parole pour remercier tout le monde et présenter les différents intervenants.
Nous voila donc rendus sur une portion des berges de l’Hers pour débuter cette réunion consacrée à la « Gestion et préservation des milieux humides. »
Les employés municipaux avaient travaillé pour faciliter par ce temps pluvieux l’accès des visiteurs au site, un grand merci à eux.
La gravière de l’entreprise Malet sur laquelle nous sommes est toujours en activité, jusqu’à fin 2017.
La commune a anticipé par une convention la rétrocession d’une partie déjà exploitée pour débuter une indispensable renaturation des lieux.
Le travail accompli permettra à la nature de reprendre ses droits, pour le bonheur des visiteurs qui pourront d’ici quelques années se promener sur ces rives de l’Hers.
Le constat
Le Syndicat Mixte du Bassin Versant de l’Hers (SMBVH) œuvre sur plusieurs fronts. La zone concernée est Natura2000 pour les oiseaux migrateurs et ZNIEFF pour sa faune et sa flore.
Nous sommes à environ 500m de la confluence avec la Garonne, et pour le moment la renaturation concerne environ 600m du cours d’eau. 500 à 600 de plus seront aménagés au cours de l’été.
La rivière a connu de fortes crues avec inondations au cours des années 1952, 1971 et 1996.
Afin de protéger les riverains le lit de l’Hers a été travaillé pour lui donner une forme rectiligne encaissée, l’accélération du courant a emporté gravier, sable et fond du lit conduisant la rivière à couler sur la marne.
Un appauvrissement de la faune est survenu car les invertébrés et les poissons ont besoin de zones calmes et de végétation.
Divers acteurs pour le réaménagement
Dès l’automne 2012 des réaménagements pour ralentir le courant et restaurer le milieu ont débuté.
Des méandres ont étés créés, le lit a été aménagé avec des blocs de calcaire recouverts de galets et graviers.
Le travail a été effectué dans le respect de la directive « Cadre sur l’eau ».
Des arbres et arbustes de pays, des essences locales ont été plantés sur les rives afin de stabiliser les berges (aulnes, saules, frênes …)
La commune quant à elle a effectué avec le concours « d’Arbres et Paysages d’Autan » des plantations réalisées par des chantiers d’insertion.
La cellule d’assistance technique à la gestion des zones humide (CCATeZH) qui travaille essentiellement sur la Garonne est intervenue afin de créer un lien cohérent entre l’Hers et la Garonne.
Le conseil général s’investit dans la restauration et la préservation des zones humides actuellement en cours de recensement.
La chargée de mission en environnement de l’entreprise Malet nous a expliqué le cheminement à effectuer avant la fin de l’exploitation.
Les gravières seront rebouchées à l’exception d’une qui constituera un lac aménageable lorsque la commune pourra reprendre les lieux. Pour le moment le site est privé, l’accès n’est pas autorisé.
Monsieur le Maire de Castelnau à animé toutes ces explications par quelques anecdotes de sa jeunesse sur lesquelles l’Hers est resté muet.
SAGE ET SDAGE
De retour dans les locaux de la maison de la culture Monsieur Macé nous a expliqué le Schéma d’Aménagement et de Gestion des Eaux (SAGE).
Cet outil de planification créé par les lois sur l’eau de 1992 et 2006, a pour but la préservation et la restauration des milieux aquatiques.
La SAGE ne créé pas de lois, il les explique et adapte la réglementation. Il doit être en cohérence avec le Schéma Directeur d’Aménagement et de Gestion des Eaux (SDAGE) qui fixe les orientations à l’échelle du grand Sud Ouest. (Un peu comme un SCoT qui s’impose à un PLU).
L’objectif est de concilier la mise en valeur de l’espace rural avec la préservation de l’eau et des milieux aquatiques tout en répondant aux besoins de la population.
Cela exige une gestion coordonnée et solidaire afin d’opter pour les orientations susceptibles de satisfaire les usagers dans le respect des réglementations de protection environnementale.
Le Syndicat Mixte du Bassin Versant de l’Hers sensibilise les agriculteurs et les collectivités territoriales aux risques de pollutions par les produits phytosanitaires.
La chambre d’agriculture anime un Plan d’Actions Territoriales (PAT).
La prise de conscience de tous les acteurs du territoire débouche sur la notion d’intérêt général bénéfique à la préservation des sols et à la revitalisation de tous les milieux, y compris aquatiques.
Les élèves des écoles primaires sont initiés à la protection de l’eau.
L’eau bien public à protéger
Les enjeux de l’eau pour les lacs de la Balerme et du Laragou à Verfeil ont pris une importance particulière avec la sécheresse de 2012. Ces deux lacs alimentent le Girou, permettent l’irrigation sur Verfeil et ont un impact économique par leur attrait touristique.
La sécheresse a eu des retombées sur l’écosystème qui s’est appauvri avec la disparition d’espèces animales et végétales.
Des actions d’économie d’eau sont entreprises auprès des agriculteurs dans le choix des cultures et modes d’irrigation.
2013 se présente mieux, le lac a retrouvé un niveau normal mais cette alerte a fait prendre conscience que des mesures d’économie et de stockage étaient indispensables.
Des études sur la qualité de l’eau sont effectuées par la FREDEC Midi –Pyrénées (prochainement FREDON).
Des mesures ont été effectuées sur Verfeil, Teulat, Montlaur et Baziège, 47 campagnes ont été conduites entre 2008 et 2012.
Les relevés sont riches d’enseignements que nous n’avons notés car ils étaient nombreux et n’ont d’intérêt qu’accompagnés des explications adéquates. Pour information, 1073 molécules ont été détectées, 47 substances identifiées, 12 molécules sont régulièrement retrouvées. Certains produits phytosanitaires restent très longtemps dans les sols, on peut les retrouver dans l’eau sur de très longues périodes d’où la nécessité d’alerter tous les utilisateurs sur les méfaits de ces produits sur la nature et par conséquent sur l’homme. Les études prouvent la vigilance quant aux seuils acceptables.
En conclusion
Une réunion très instructive pour tout citoyen vivant près d’un cours d’eau quelle que soit sa taille et pour tout citoyen en général qui doit se préoccuper de l’état des nappes phréatiques et du développement de bonnes pratiques pour les protéger.
Sensibiliser les générations futures à la problématique de l’eau potable passe par des actions de terrain concrètes entreprises à tous les niveaux.
Les différents acteurs qui sont intervenus ont prouvé la légitimité de leurs actions et la nécessité d’accroitre sur tout le territoire la lutte contre les pollutions phytosanitaires, contre l’érosion des sols, la nécessaire restauration et protection des milieux aquatiques et la préservation et mieux encore le développement de notre biodiversité.
