UN SYNDICALISTE CGT DE MOLEX SUR LA LISTE DE MARTIN MALVY.
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Un pari sur l'avenir ou une stratégie opaque ?
Par Jean Philippe Tizon
Les réactions reçues sur notre blog le prouvent, la nomination, par les instances du Parti socialiste 31, de Denis Parise en position éligible, sur la liste des prochaines régionales trouble fortement nos lecteurs (trices).
Tout d'abord, rappelons-le, « un œil sur Villemur » se veut de gauche mais non inféodé à telle ou telle formation. Être de gauche, socialiste, vert ou communiste -même si les mots ne possèdent plus grand sens- pour nous, c'est avant tout redonner la parole aux citoyens(nes) et leur permettre, si possible, de vivre un « lève-toi et marche » émancipateur. Cette démarche s'adresse également aux élus(es), en particulier ceux de gauche. En ce temps de « sur moi je » présidentiel, il devient important de rappeler que devenir un(e) élu(e), c'est d'abord se rendre serviteur. Bref, il revient de servir et non de se servir de la République, de ses différents étages décisionnels et de ses citoyens(nes). La conception semble un peu jaunie mais demeure tellement fondamentale pour remettre au goût du jour nos valeurs sociales et républicaines. Ceci dit, (il vaut mieux toujours réaffirmer l'essence (ou les sens) qui sert à la motorisation de nos valeurs), il revient aux instances et aux militants de la CGT – en particulier ceux de Molex- et du Parti socialiste de savoir ce qu'ils doivent faire ou non.
Par contre, pour des salariés de Molex, des citoyens (nes) du canton ayant soutenu voire financé, avec leurs moyens, l'action de ces derniers mois, un tel effet de surprise fait naître bien des interrogations.
« Il ne faut pas
se tromper
de combat »
Une position d'élu régional pour un militant CGT reconnu, soulève au moins quatre types d'interrogations avec des arrières pensées pesantes mais non infondées au regard de l'histoire politique locale. La première conditionnera les suivantes :
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Y avait-il une stratégie et une ambition personnelle ?
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Être élu peut-il devenir une chance supplémentaire pour défendre les intérêts des « Molex » et un type de politique de réindustrialisation ?
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Et / ou au contraire, cette candidature se veut-elle uniquement un bon coup politicien afin de rééquilibrer plus à gauche le PS au moment où les communistes préfèrent, dans leur majorité, partir à l'aventure dans le cadre d'une alliance au premier tour avec le Parti de Gauche de Mélanchon ?
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Ne se cacherait-il pas une stratégie de pourrissement afin de diviser le noyau dur des « molex » au moment où ils sont les seuls à pouvoir créer un rapport de force conséquent pour la réindustrialisation du secteur ?
Si poser les questions revient souvent à y répondre, dans ce cas précis, nous connaitrons les réponses, les uns et les autres, au fur et à mesure, sur la durée. Par conséquent, il demeure toujours dangereux de créer des fictions sociales ou de vouloir réduire immédiatement une démarche politique (au sens de la cité) en un projet individualiste. Il revient aux « molex » et aux citoyens(nes) de transformer cette candidature régionale en un appui pour répondre à nos attentes industrielles et d'emplois.
IL NE FAUT PAS SE TROMPER DE COMBAT. En face, il ne faut pas l'oublier, l'UMP n'a rien de rassurant même si à gauche tout est loin d'être parfait. Posons-nous tous (tes) les questions : Quelle est la démarche la plus opportuniste ? Celle d'une députée Maire UMP de Montauban qui vient au côté de Bernard Thibault -symboliquement pour la photo- essayer de rentrer dans l'usine villemurienne ou celle d' un syndicaliste qui, ayant fait ses preuves, peut défendre réellement les intérêts des salariés et des couches populaires à l'assemblée régionale ?
Il demeure important de rappeler que cette même députée maire UMP -adepte d'Olympe de Gouge pour son côté féministe et non celui de révolutionnaire- a fait voter par sa majorité municipale la privatisation de la régie de l'eau au profit d'un groupe privé plus connu pour ses objectifs de satisfaction de ses actionnaires que pour celui du service rendu aux usagers. Une orientation, symbole de la politique qu'elle entend sûrement mener à la tête de Région contre l'intérêt général.
De l'autre côté, un syndicaliste CGT avec son caractère (on apprécie ou pas) qui a fait preuve de ténacité, de responsabilité, et de courage avec d'autres de ses camarades durant 11 mois de lutte. Il faut choisir en connaissance de cause en terme de pensée politique, de pensée sociale et non en fonction de l'affect et des commérages de bas étage. Enfin, il reviendra aux élus de gauches (PS, PCF, Verts, Parti de gauche) par leurs attitudes, l'écoute, l'adéquation entre leurs dires et leurs comportements, de montrer que nos valeurs sont plus sures que celles du Dow Jones ou celles du locataire de l'Elysée et de ses amis (es) régionaux.
Reste un combat local pour la réindustrialisation de notre vallée. Celui-ci passe par la création « d'un collectif pour la réindustrialisation » comportant les élus locaux, les représentants syndicaux, l'association « solidarité molex », et la société civile (comité de soutien et autres). Cet enjeu ne peux être réduit à un tête à tête risqué entre un premier conseiller municipal et un cabinet ministériel. L'avenir de notre vallée passe par un engagement réfléchi de tout à chacun et de notre capacité à transcender l'écho des rumeurs par celui de l'intérêt général.
