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USINOTOPIE / THEATRES INSOLITES

 

Un gros  nez du Roy à usiner le rire.

 

Par Jean Philippe TIZON

Les artistes marionnettistes de l’Usinotopie et ceux passés en résidence ont durant trois jours investi Le gros nez du Roy de Ville mûre pour tirer les ficelles d’un premier festival  de rires et de poésies. Une bouffée d’oxygène….

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Transformer un bâtiment à caractère historique, survivance des aléas de l’Histoire humaine,  symbole de dominances politiques, d’attraits d’un pouvoir absolu, fût-il petit, en théâtres insolites de marionnettes cela aurait pu tenir de la grosse ficelle « iconoclaste ». Il n’en fût rien, bien au contraire. La symbolique demeure pour mieux se transformer en « un pays des merveilles ». L’espace, habilement, s’est redessiné durant trois jours, partagé entre le « théatribu », le « Verdurage », la « Courchette » et autres « Bistronche », « Bazar roulant » et l’incontournable « l’étoilette ».

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Trois jours de fêtes au cœur de la vieille ville, au milieu des habitations. La culture à la porte, ou plutôt aux fenêtres des citoyens. Nombre d’habitants n’osaient pas trop  franchir le pas de porte du gros nez du Roy. Normal, vous nous direz, en ce temps d’une république monarchique, il n’est point aisé de tirer le poil du nez de l’autorité mise à nue. L’esprit rebelle, ça se découvre puis ça s’entretient.

Une dizaine de spectacles, où le talent créateur  fusionne avec un imaginaire retenu des spectateurs adultes comme enfants, éclairent ces vieux murs. Chacun eut  un accès libre à leur part de rêve. Le pari est quasiment gagné quand les enfants rentrent, d’eux-mêmes, dans la mise en scène et deviennent acteurs de l’histoire.

 Parmi l’ensemble des spectacles proposés, nous avons retenu notamment « la Muerte de don Cristobal ». Les artistes, Paz Tatay et Alice Behague (Cie Pélélé), entre manipulations et bruitages, le rythme soutenu des saynètes,  non contentes de repatiner l’Avare, renouent aussi avec les grands traits du théâtre de Guignol avec un comique-situation entretenu avec les fameux coups de bâton. Chacun, entre deux éclats de rire, a pu retrouver la caricature de personnages fictifs ou réels, grands ou petits, côtoyés de prés ou de loin. Une histoire « amorale » ou l’avarice comme force de vie sort vainqueur d’une Faucheuse dépassée par les évènements. Mais est-ce le seul enseignement ?

Autre espace, autre lieu. Eder de Palva  (la compagnie Jatoba à lui tout seul) avec ses animations musicales, son théâtre portatif, ses personnages,  permet de découvrir des sonorités, des histoires, des rapports humains du fin fond du Brésil. Ce véritable spectacle de rue invite les spectateurs à découvrir avec humour la tolérance et à oser soulever les situations gênantes. Un moment de plaisir tant pour les yeux que pour la réflexion.

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Ces deux exemples éclairent l’éclectisme  de ces trois jours hors de commun.  Cette première édition en appelle une seconde. Enthousiaste, le maire-adjoint à la Culture, Daniel Régis, exprime le désir d’inviter gratuitement les habitants du quartier  du « Gros nez » à découvrir le festival.  Une idée à réaliser d’autant plus que la mise en résidence à l’Usinotopie de compagnies venant des quatre coins du monde ouvre bien des possibilités.

Une bonne nouvelle, pour Villemur : il est donc possible de dépasser la sinistrose, la nombrilose, la manipulose et autres rumeurs « tueuses ». Pour cela, il faut tirer les bonnes ficelles. Celles à usiner le rire apparaissent les mieux placées pour construire l’avenir. L’usine utopique : tout un programme plein d’entrain.

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