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Vol au dessus du nid d'un coucou

Peste soit il du temps qui nous fait radoter!

Il en est ainsi de bon nombre de nos contemporains qui au nom de leur âge font semblant d'oublier.

Radoter radoter, c'est certes très facile de justifier par l'âge des propos étudiés faits pour nous amener à réagir spontanément dévoilant quelque peu certains ressentiments.

Rencontré ces jours-ci, un oiseleur célèbre voulait nous faire croire que lacunes il avait sur des sortes d'oiseaux pourtant très familiers …

On ne peut être dupe, était-ce de l'humour, il était bien caché.

Toujours est-il que notre homme en oiseaux s'y connaît, il fût un temps si près, presque « inséparable » de celui qu'il regrette en son fort intérieur d'avoir vu s'envoler tout plein d'ingratitude.

Connaisseur en coucous, il en a élevé, des coucous à colliers, des coucous éperviers, des coucous fugitifs qui se sont fait tout pâles quand le temps fût venu de défendre le bilan contrasté de la main nourricière.

On le sait, le coucou est un oiseau malin qui détruit tous les œufs de ses contemporains.

Quand le petit jaillit, il croît un peu trop vite aux yeux de ses parents quelque peu dépités de le voir engloutir à grand coups de becquées la pâté amassée.

Il s'envole l'ingrat, et joue à cache cache, tantôt se rapprochant pour ne pas dévoiler qu'en fait, c'est par le nid qu'il est intéressé.

Bien nourri, protégé, instruit, ayant conquis sa cour, il commence d'un coup à trouver à redire à l'espace laissé, le nid est trop petit, poussez vous donc un peu, allez vieux faites place.

Que mange-t-on ici et de quoi l'on s'abreuve?

Je mérite bien mieux, il faut que je manœuvre.

Il hèle la colombe, symbole de la paix, s'entoure de moineaux sachant bien grappiller, des pigeons il recrute, il en faut quelques uns pour porter le chapeau de quelques erreurs funestes, eux ils auront bon dos.

Un rossignol ou deux pour leur chant qu'on admire et puis quelques oiseaux que l'on sait très agiles. Martin-pêcheurs pour rechercher l'info, le corbeau qu'on connaît pour sa triste figure et qui à l'occasion peut être carnassier et puis la pie qui sous son beau costume feint de jacasser pour mieux vous questionner.

Ça y est, sa cour est bien choisie, il peut là c'est certain sans craindre l'ennemi s'envoler tout serein vers l'aire convoitée.

L'aigle depuis longtemps c'est vrai l'a désertée et le menu fretin qui s'était emparé du logement royal n'est pas à la hauteur pour défendre les lieux.

Le coucou est rusé et sait anticiper tout instinct de révolte qui pourrait s'amorcer.

En pitance, il honore de ses remerciements celui qui colporte, naïf ou pas, certains évènements.

Un coquin de coucou apte à tout ficeler.

Un malin de coucou sachant si bien berner que même les futés sont vite dépassés.

Un coucou chante haut imposant le silence à tout autre oiseau pour son impertinence.

Un coucou si charmeur qu'il saurait endormir le naja somptueux n'y voyant que du feu.

Et là bas, tout au loin, l'oiseleur ébahi se questionne encore sur l'oiseau si petit.

 

Certains, ingénument clament que le coucou annonce le printemps.

Le printemps cette année s'avère bien pluvieux, pleure t' il lui aussi sur tant d'espoirs déçus.

 

 

MG GIMENEZ

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