ELECTIONS MUNICIPALES : VERS TROIS LISTES DE CENTRE DROIT
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ET LA GAUCHE RONRONNE. FATALITE ?
Existerait-il un syndrome villemurien atypique ? Celui d’une « dyslexie » politique à savoir voter à gauche pour les élections nationales, régionales et constituer des listes de droites ou de centre droit au plan municipal. Sommes-nous confrontés à une céphalée amplifiée aujourd’hui par une désorientation politique généralisée et/ou tout simplement à une grosse fatigue intellectuelle et militante pour soutenir ses valeurs ? Cette fatalité peut-elle être contournée ?
Pour un observateur extérieur à ce territoire, les us et coutumes feraient à priori penser au village d’irréductibles gaulois. Les règles restent absconses pour les non initiés. D’ailleurs, la métaphore gauloise servit de support médiatique lors du conflit conduit par les salariés Molex. Si elle est censée représenter un foutoir organisé face à l’adversité romaine/ Etats-uniennes reste que l’existence de l’irréductibilité repose sur les qualités et les défauts des différents personnages. Une altérité constructive.
L’APOLITISME… !!! ???
Nos gaulois font de la politique. Ils résistent à la mondialisation romaine à partir de leur territoire et créent une solidarité avec d’autres villages et/ou nations subissant la loi de César... Ils vivent un internationalisme !
Cette capacité, à la fois individuelle et collective, à se mettre debout demeure plus que jamais un enjeu majeur contemporain pour notre pays, mais aussi pour des territoires à l’échelle de la commune de Villemur et de sa communauté Val Aïgo.
Dans cette réalité point de potion magique, la seule potion nécessaire se situe dans la volonté pour chaque candidat d’assumer pleinement son ancrage politique et/ou philosophique afin de tirer le débat politique vers le haut, sans faux-fuyant et en refusant catégoriquement l’anathème.
Cela commence mal. Dans les discussions menées avec certains candidats potentiels émerge, doucettement, l’idée que les élections municipales ne se veulent ni de droite ni de gauche, que tout se vaut et qu’après tout les bisounours sont de toutes les couleurs. Tiens donc !!!
En pratique, l’apolitisme demeure en général ce cache misère utilisé par une droite qui marche masquée. Même si aujourd’hui les étiquettes ne signifient plus grand-chose, cela n’induit pas pour autant que tout sens philosophique ait complètement disparu dans l’engagement humain. Certes, la politique de droite du gouvernement actuel dit « socialiste » se veut un contre exemple frappant. C’est parce qu’il est un contre exemple qu’il faut donc redéfinir les concepts afin de redonner du sens à la notion d’engagement.
Une grille de lecture simplifiée s’impose donc pour la compréhension de la suite de cet article.
Etre de gauche revient à : s’opposer d’abord à la domination des féodalismes financiers, permettre une meilleure répartition des richesses, développer l’accès à la culture pour tous, donner un enseignement de qualité et adapté à l’ensemble des enfants, développer un droit au/du travail, un droit au bonheur individuel et collectif, etc.
Être de droite revient à : favoriser les féodalismes financiers et économiques, accroître l’accumulation de richesses et de pouvoirs des puissants, réduire l’enseignement obligatoire au minimum pour l’ensemble des enfants de la plèbe (les autres iront dans des établissements réservés à « l’élite »), développer la culture de poubelle à l’instar des télés réalités, réduire le travail en une aliénation, etc.
Ici, émerge la complexité chère à Edgar Morin. Des personnes se situant dans leur discours à droite ne se retrouvent pas dans la définition proposée ci-dessus. Sont-ils de gauche sans le savoir ? D’autres, se définissant de gauche, encartés ou non, de part leur pratique se situent, de fait, à droite.
Face à ces repositionnements géopolitiques, les dimensions de l’éthique combinées à une représentation sociale du pouvoir - comme outil d’intérêt général et non comme finalité personnelle- se posent avec vigueur. Elles font la différence entre un gentilhomme et un aventurier. Bref, le discours et l’appartenance ne font plus le larron.
Devant une telle complexité, la nécessité de dénoncer une escroquerie intellectuelle s’impose : l’apolitisme n’existe pas, ne serait-ce déjà qu’à cause de son étymologie « polis (cité) ». Ce qui revient par extension à s’occuper de la vie de la cité donc à faire de la politique
Même de centre droit, ces listes feront donc fort heureusement de la politique. Il faudra qu’elles l’assument en pleine connaissance de cause.
Pourquoi parler de listes de centre droit ? Tout d’abord, il n’existe rien de péjoratif dans le propos. Le fait de se porter candidat sur de telles listes n’enlève rien à la qualité humaine supposée ou réelle des personnes concernées. Il en va ainsi en démocratie. Ceci dit, il faut en revenir à la raison et non à l’émotion. Pour définir telle ou telle orientation politique, il suffit d’appliquer la grille de lecture simplifiée aux pratiques des uns et des autres pour en définir les orientations.
Par exemple, aucun des élus actuels présents sur ces listes concurrentes n’a dénoncé la privatisation du ramassage des ordures ménagères au bénéfice de Véolia. Tous ont validé le verbiage de pseudo plus value environnementale et de la non hausse de la Taxe Enlèvement des Ordures Ménagères pour justifier l’injustifiable. Résultat, un nombre de passages moindre des bennes par rapport au service public ; un tri peu efficient par manque de « poubelles » ou de passages plus réguliers ; résultat une augmentation de facto de la fameuse taxe. Il en va de même avec la délocalisation commerciale vers la rive gauche /Magnanac de nombre d’activités du centre ville historique à l’instar de l’hypermarché du coin. (Voir articles sur le blog)
Il faut le reconnaître, certains élus dits socialistes ont dirigés ces dérives à l’instar du maire de Bessières. Ce dernier est-il de droite ou de gauche ? Au lecteur de le définir
LES GAUCHES SANS BOUSSOLE…
Par contre, la gauche populaire existe. Celle qui a voté Front de gauche, Verts et socialiste lors des présidentielles et des législatives. Celle qui attendait un léger mieux pour ses conditions de vie quotidienne. De la femme de ménage en passant par l’enseignant (e), le chercheur via l’ouvrier (e) ou le technicien, des centaines d’échanges d’idées ont tenu le pavé lors de la distribution de tracts devant les marchés, les usines ou lors de réunions. Des femmes et des hommes, encartés (es) ou non, militants associatifs ou non, exprimaient alors leurs aspirations à plus de démocratie participative, à plus de transparence du sommet de l’Etat à la commune, à une meilleur répartition fiscale permettant aux fortunés et à nombre de grosses entreprises de payer leur quotepart, juste leur quotepart, pour le développement de notre nation. Où sont-elles et où sont-ils passés ? Cette citoyenneté n’aspire-t-elle pas au plan local, en dehors d’un ras le bol d’une gestion reproduite à l’infini depuis des décennies, à prendre les affaires en main pour construire une autre approche?
Nombre d’entre eux (elles) revécurent, le temps d’une soirée, ce romantisme révolutionnaire en chantant avec les Quilapayun (ambassadeurs culturels d’un certain Salvador Allende), « El pueblo unido jamàs sera vencido ». Aussi sympathique, nostalgique que cela soit, chanter aujourd’hui un tel air sans se remettre debout devant le contexte actuel revient, quelque part, à un romantisme de salon, l’indignation en moins. Ce groupe chilien rappelle avec nostalgie une jeunesse des années 1970/1980 qui entendait alors « changer la vie » face à un giscardisme pris dans des affaires politico-criminelles et ces liens avec la françafrique. 40 ans plus tard, la nécessité de changer la vie reste plus que jamais à l’ordre du jour. Un nouveau romantisme social doit s’écrire en lettres capitales. Il se rédigera seulement par des actes réfléchis -individuels et collectifs- de transformations sociales et non par un discours individualiste, liquoreux et relativiste.
Sur le territoire, il reviendrait tout naturellement au Parti socialiste de conduire une telle liste des gauches citoyennes. Ce dernier présent sur la liste « réussir Villemur » menée par Jean Claude Boudet, n’a jamais pris la parole, en tant que tel, sur les choix ou les abandons de la municipalité / communauté. Les élus (es) socialistes n’ont jamais exprimé en tant que groupe leur avis sur les choix, dont certains contestables, de la majorité sortante. Quelques uns (es) se sont exprimés individuellement de vive voix ou par leur action, à travers par exemple la culture. Et c’est toujours individuellement, qu’ils ou qu’elles se retrouvent pour l’instant sur d‘autres listes de centre droit afin d’exprimer un désaccord. Mais une réponse individuelle ne peut devenir une réponse politique murement réfléchie et partagée collectivement avec les forces citoyennes.
Résultat quand l’émotionnel, combiné parfois à un sur-égo, prend le dessus sur la raison toute transformation démocratique, sociale et structurelle périclite.
De son côté, malgré des scores intéressants aux présidentielles et aux législatives, le réseau Front de gauche, assez récent au plan local, se cantonne pour l’instant dans un rôle de suggestion de transformation sociale, d’éducation populaire, d’opposition constructive. Mais il hésite à se présenter sous une forme ou une autre aux municipales/ communauté Val Aigo. Il serait dans la dynamique d’un rassemblement des forces de gauche. Mais pour cela, il faudrait que le Parti socialiste local ou ses militants (es) en expriment la volonté politique.
Il reste aussi, cette gauche populaire, associative, artistique et intellectuelle, aux frontières mal dessinées, celle qui vote, celle qui s’exprime d’une façon ou d’une autre mais qui craint pour son devenir en ce temps de crises majeures. Celle qui interpelle ce blog d’information en se trompant d’interlocuteur : « il faudrait que vous présentiez ». En voilà une idée. Mais les mêmes tournent les talons, avec des excuses mitigées, lorsque les membres de cette rédaction leur suggèrent d’écrire sous couvert d’un pseudo, ou pourquoi pas, de se lancer avec d’autres en campagne.
La « révolution citoyenne » passera indubitablement par la capacité individuelle puis collective à se mettre debout sans attendre un « messie » (1). Tout comme la construction d’une Villemur Citoyenne passera par la capacité d’engagement de chacun, sans faux fuyant, dans une démarche collective consciente pour tendre au plan local vers une transformation démocratique, sociale étape par étape.
