MENU

G20 : ENTRE EMOTION ET RAISON, L’HISTORIQUE MASSILIA S’INVITE AU DEBAT.

G20 : ENTRE EMOTION ET RAISON, L’HISTORIQUE MASSILIA S’INVITE AU DEBAT.

Par Jean Philippe TIZON

« Va-t-il falloir aller jusqu’aux frappes chirurgicales au sein de la cité Phocéenne ? La question hante le sommet du G20. Après des prises de positions contradictoires et antagonistes par les différents acteurs du sommet à propos de la Syrie, le Président Hollande et le ministre de l’Intérieur Manuel Valls, pris à partie, affirment contrôler la situation sur le terrain marseillais.

Malgré les appels répétés de Samia Ghali, maire socialiste  du 15e et 16 arrondissements et sénatrice, à une intervention plus virulente, y compris avec l’armée, pour rétablir les principes républicains sur ce territoire laissé entre les mains de groupuscules mafieux plus enclin à un clientélisme ombrageux qu’à la citoyenneté, la violence se poursuit.
Le lien entre milieu et politique a toujours été une constante sur ce territoire. Le maire historique, Gaston Deferre, avait su maintenir un modus vivendi entre les différentes « forces » en présence.
Aujourd’hui, ses successeurs pour le meilleur et surtout le pire,  messieurs Guérini et  Gaudin, connus pour nager en eaux profondes, perdent la main. Pis, ils semblent impuissants pour ne pas dire dominés par les gangs aux AK47.
Devant cet accroissement d’éliminations physiques, d’actes qui pourraient être requalifiés de terrorisme, le secrétaire d’Etat américain John Kerry pose ouvertement la question de pratiquer, en terme de prophylaxie, des frappes chirurgicales sur l’historique Massilia et ses environs afin d’éviter un autre grabuge à la syrienne.
Devant cet empressement, le ministre français de l’Intérieur M Valls, appelle à un «pacte national» pour sortir du trafic de drogue. «Il faut maintenant que tout le monde se mette autour de la table pour redonner un espoir aux marseillais».
De son côté, selon certaines sources qui entendent garder l’anonymat, le Président Poutine devant les  dérives sur cette Côte dit d’Azur, s’inquiète pour la sécurité des riches ressortissants russes. Il aurait apostrophé, avec la diplomatie le caractérisant, le Président Hollande et son ministre. «  Vous êtes capables de rétablir une situation au Mali, voire tenter une aventure en Syrie mais nous êtes dans l’improbabilité de reconquérir vos propres territoires. » «  Mes services m’ont informé que certains groupes possèderaient des armes chimiques. Devant ce risque de prolifération, je suivrai, pour une fois, Le Président Obama et John Kerry. » Et de poursuivre «  Nous ne pouvons tolérer qu’une partie de ce territoire occidental tombe sous la coupe de  groupes plus ou moins manipulés ». La Chine propose  qu’avant toute frappe unilatérale l’ONU envoie ses experts pour jauger la situation afin de se prononcer  pour ou contre une intervention.
Devant une telle pression, le ministre Valls, plus habitué à la chasse aux Roms et aux déclarations médiatiques fracassantes, a rappelé qu’il avait envoyé deux compagnies de CRS et deux escadrons de gendarmes mobiles afin de rétablir la sécurité. Pour l’instant, constatent nombre de citoyens, les effectifs policiers sont encore inférieurs à ceux existants avant la purge conduite par son prédécesseur, Claude Guéant.(…) »
Chères lectrices et chers lecteurs, vous l’aurez  compris par vous-même  vous venez de lire une fiction, qui comme toute fiction s’appuie souvent sur des faits réels étalés dans le temps et l’espace. Une information fictive, des assassinats à l’arme lourde à Marseille, l’utilisation de gaz chimique à Damas, créent chez nous tous de l’émotion.
L’émotion demeure cette amorce de la conscience qui permet dans un premier temps de s’indigner. L’émotion, l’indignation face à la manipulation, à des crimes mafieux et/ ou d’Etats demeurent légitimes pour tout tenant de la démocratie et de la citoyenneté. Par contre, si les nations, les médias, les peuples en restent uniquement à ce stade, elles peuvent devenir un handicap avec la probabilité de devenir un terreau de manipulations et d’apporter des réponses inappropriées.
Certains politologues, sociologues opposent l’émotion à la raison, ne serait-ce déjà qu’au travers de l’aventure irakienne. Loin donc d’opposer l’émotion à la raison, parce que sans la première la seconde ne peut exister avec un haut degré d’éthique, il reste néanmoins  l’impérieuse nécessité de maîtriser la complexité des terrains, des intérêts divergents, ou soi-disant convergents avant d’agir. Rajouter de la violence à la violence n’apporte qu’un chaos supplémentaire dans un monde en crise.
De par son histoire, Marseille ne peut se réduire à ces actes criminels. Au contraire, quels que soit les milieux sociaux, elle est le produit depuis des siècles de ce mélange des cultures, des croyances, du respect des différences. Au sein des fameux quartiers dits sensibles cohabitent une large majorité de femmes et d’hommes qui entendent vivre sereinement. Un des problèmes de cette capitale du sud de la France reste aussi le chômage massif des jeunes, source de bien des désarrois et des  désillusions.
 En Syrie, il en va de même, des cultures, des religions, des minorités ethniques différentes cohabitent depuis des siècles sur cette terre arabe et ce  bien avant les Croisés. L’équilibre est fragile entre religions (Sunnites, Chiites,  Chrétiens Alaouites, etc.) et entre ethnies. Toute intervention militaire occidentale ne fera que favoriser un groupe au détriment des autres.
La France et les USA sont sous la pression sunnite des pays du Golfes et de l’Arabie Saoudite, principaux fournisseurs de pétrole et investisseurs émérites dans nos contrées. Ces derniers, depuis des siècles, sont des adversaires résolus des Chiites. Par conséquent, choisir les uns  ne fera qu’amplifier la réaction des autres avec une minorité chrétienne qui risque, comme en Irak, de devenir un bouc émissaire.
Face aux dérives d’un pays ou d’une cité, il faut bien entendu montrer ses muscles mais les montrer avec discernement et en finir avec l’hypocrisie ambiante. Le régime syrien est en place depuis les années 1970, les Etats Occidentaux s’en sont servi ou l’ont mis en quarantaine en fonction de leurs intérêts du moment. La cause des Droits de l’Homme fluctue au vu des marchés ou de négociations  à gagner.    Aujourd’hui, quel est l’intérêt de frappes militaires ? Sauver des citoyens syriens de pratiques dignes de crimes de guerre ? Alors pourquoi ne pas avoir aidé les résistances laïques et/ou  démocratiques lorsqu’elles le demandaient haut et fort ?
 Bien entendu, il est impossible de rester indifférent au sort des populations civiles, mais il faut veiller à ce que le médicament proposé ne devienne pas pire que le virus lui-même. A Marseille comme en Syrie, il demeure possible de pratiquer de la chirurgie de haute précision distinguant les corps  en putréfaction des corps sains sans tomber dans des amalgames mortifères. Nous touchons là le rôle des services de renseignements occidentaux performants mais aussi la volonté des gouvernements d’apporter des réponses politiques transparentes, démocratiques et pérennes à des situations complexes et non simplement émotionnelles dont la sincérité reste douteuse au vu parfois des moyens mis en place.
Saint Jean Bosco l’exprimait avec force : « c’est la faiblesse des bons qui permet aux méchants de faire du mal » Néanmoins attention au réveil parce que l’enfer est pavé de bonnes intentions. Le discernement s’impose donc avec force.
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Personnaly © 2014 -  Hébergé par Overblog