Ne fais pas à autrui…
-
« Nous ne sommes plus au temps où « le Roi » et son « Mazarin » tout puissant régentaient la « Cour » et le « petit peuple »… Nous revendiquons la fin d’un Système et l’avènement d’une véritable Démocratie locale, participative ».
Dix ans déjà que ce tract (1) était distribué dans les rues Villemuriennes. Le temps passe vite, le « roi » a changé, nombreux sont ceux qui ont cru en une équipe nouvelle…Dans la liste des signataires de ce « collectif » qui revendiquait la démocratie participative se trouvent les noms de bien des élus d’aujourd’hui.
Ce tract évoquait du mépris envers des associations, des personnes, il stipulait, « Cette méthode d’élimination n’a que trop duré et notre silence n’est plus tolérable car le « laisser faire » deviendrait complice !
Pourquoi revenir dix ans en arrière ?
Courant octobre 2013 une réunion publique annoncée par le journal local a réuni une trentaine de participants pour la plupart adhérents de diverses associations. Son but la création de l’ « Association pour la Sauvegarde et le Renouveau de l’Espace Brusson ».
L’objectif consiste à stopper le vandalisme, sécuriser les bâtiments pour les transformer en un espace ouvert pour la culture et différentes formes d’art.
Les bâtiments sont propriétés de la commune, des mesures pour leur sauvegarde ont été prises sous ce dernier mandat municipal. Bien du travail reste à faire. Le nettoyage des lieux déjà commencé doit être parachevé.
Une association peut fédérer les bonnes volontés, permettre d’obtenir des subventions, des dons, même si d’aucuns s’interrogent sur les vrais objectifs, le but mis en avant est louable.
Alors où voulez vous en venir ?
Nous déplorons la méthode. Un des signataires du tract sus cité figure parmi les grands « démocrates » à l’initiative de la réunion à la fin de laquelle nous avons réalisé que tout était « ficelé ».
Sous couvert de l’urgence, qui n’apparaissait pas de façon flagrante, le bureau était déjà créé pour effectuer la déclaration en préfecture. Une assemblée générale devait suivre pour nommer un conseil d’administration.
Pourquoi ne pas avoir protesté ?
Bien des regards en disaient long, le découragement aidant, certains ont pensé que les gros bras n’auraient qu’à assumer le travail des petites mains dont ils auraient pu être.
Quelques uns ont docilement accepté l’état de fait, affirmé avec un aplomb propre à décontenancer.
D’autres ont préféré attendre pour voir la suite.
Et alors…
Les personnes intéressées sont invitées à venir visiter les locaux ce samedi matin 15 février à 10 heures. Un bulletin d’adhésion imprimable est joint à l’invitation.
Tarifs de la cotisation : 30 euros pour une personne isolée, 50 euros pour un couple, 75 pour un bienfaiteur.
Trente euros représentent une somme quelque peu discriminatoire pour certains bénévoles qui adhèrent à d’autres associations et sont surtout riches de leur capacités, de leur bonne volonté, de leurs idées.
Il est précisé que « L’association ayant souscrit un contrat d’assurance pour se prémunir des éventuels risques d’accident de ses adhérents, seuls les adhérents à jour de leur cotisation pourront participer aux activités de l’association. »
Doit-on comprendre qu’une personne n’ayant pas acquitté le montant de l’adhésion ne pourra suivre la visite ?
Rétrospectivement, faut-il trembler d’avoir assisté aux spectacles et manifestation culturelles qui se sont déroulées en ces lieux, si un accident était survenu, mais n’en doutons pas, tout avait été bien ficelé pour cela aussi.
Le bulletin comporte cette belle formule, « je sollicite l’adhésion... »
Monsieur le Président de l’association « Sauvegarde et renouveau de l’espace Brusson », nous n’aurons pas l’honneur de participer à ce « projet magnifique ».
Nous ne solliciterons pas l’adhésion, c'est-à-dire que nous n’obtiendrons pas l’immense avantage, la royale faveur de venir travailler entre ces vénérables murs, nous ne participerons pas à leur sauvegarde.
Le bureau autoritairement formé n’aura pas à adouber les manants que nous sommes, manants qui renâclent devant l’éco à verser, pauvres hères.
D’ailleurs, adhérer, ne serait ce pas cautionner une association peu démocratique, un bureau nommé d’avance, l’absence d’un conseil d’administration, une cotisation déterminée sans concertation.
Cautionner de telles méthodes, n’est ce pas être complice d’un manque de transparence évident, complice d’une forme de mépris pour le bénévolat désintéressé.
Est-ce donc si facile d’oublier ce que l’on a subi et de le reproduire ?
Si la colère exprimée dans le tract distribué en 2004 était sincère, nous n’avons pas de raison d’en douter, comment peut on imposer aujourd’hui ce qui insupportait hier, où est la logique ?
Comment pouvait-on à l’époque soutenir ouvertement ce tract, prôner la démocratie participative et s’attribuer et attribuer aujourd’hui autoritairement des rôles, des pouvoirs ?
Serait ce vrai que la moindre bribe de ce dernier fait perdre le sens commun ?
Y aurait-il comme dénoncé en 2004, quelque rétorsion rancunière, y aurait-il de par leurs statuts, leurs opinions, leur niveau de vie, des indésirables ?
La démocratie parait plus aisée dans les mots que dans les actes.
« La politique, c’est pas compliqué, il suffit juste d’avoir une bonne conscience, et pour cela, il faut juste avoir une mauvaise mémoire. » COLUCHE
Marie-Gabrielle Gimenez.
