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Human...

Human...

Des vues aériennes, des paysages, des mots, des mots venus de tous les continents et puis une musique…

Une musique en intelligente adéquation avec l’ensemble, une musique qui épouse le tragique, la tristesse de certains témoignages.

Comme l’a souligné un spectateur lors du bref débat, il se dégage de ce film un étrange mélange entre des décors splendidement filmés, des paysages qui montrent la beauté de notre planète et des témoignages sobres et poignants.

Du rire aux larmes.

Par moments, notre émotion bénéficie de quelques pauses.

Des pauses lorsque s’exprime cette femme qui dit se sentir enfin libre et explose dans un fou-rire qu’elle voudrait retenir parce qu’elle assimile sa liberté retrouvée à son divorce.

Spontanéité rafraichissante tout comme pour cet homme qui avoue être polygame mais n’apprécierait pas que sa femme en aime un autre, il est trop jaloux.

Des éclats de rire fusent face à de tels aveux, des éclats de rire dont nous laissons à chacun l’appréciation, des éclats de rire, un peu comme si en apnée dans la détresse, nous prenions une bouffée d’air pur…

« Human » pose bien des questions à travers le défilé d’expériences, fillette violée, femme battue, enfant vendu, soldats en plein conflit, homosexualité inavouable ou assumée…

Des hommes, des femmes, des enfants marchant sur des montagnes de détritus poussés par un bulldozer prêt à les engloutir, prenant ce risque à la recherche de ces quelques miettes dont nos poubelles débordent.

Des moments émouvants tels le témoignage de ce migrant dans la jungle de Calais qui ne demande rien d’autre que « vivre », celui de ce sans-abri français, ou cet autre de cette femme édentée qui crie sa détresse aux « riches »…

Quel est le but du film ?

Un mélange de souffrances traitées de façon égalitaire sans gradation dans l’intensité.

Est-ce dire que chaque souffrance est unique, vécue par la victime avec la même intensité. Que peu de personnes prennent le temps de relativiser en regardant celle des autres. C’est peut-être ce message qui passe aussi dans ce film, nous les nantis, même les petits nantis, ouvrons nous les yeux sur les autres ?

Si nous sommes dans le vrai avec cette interprétation nous nous devrions ou même nous devrions être individuellement en capacité de nous poser des questions sur le but de « human ».

Dans notre monde de médiatisation qui peut encore ignorer la misère ?

Nous avons récemment vu ici même un film sur la détresse, un film qui nous interrogeait tous, un film tourné tout à coté.

« Halte de nuit », posait des questions existentielles et apportait lui une réponse, la solidarité.

« Human » pose la situation de notre terre avec des sujets sensibles, l’écologie, les rapports entre le Nord et le Sud, la guerre, la pauvreté , la non redistribution des richesses, la paupérisation croissante dans des pays dits développés.

Il n’aborde aucune solution, n’ouvre guère à un débat sur des réflexions approfondies.

En vérité…

C’est à chacun de nous de se mettre en face à face avec sa morale, sa sensibilité, sa conscience, sa réflexion… ou de sortir indemne après avoir visionné des images tout simplement.

Sentiment tout personnel, nous avons ressenti une forme de culpabilité, nous sommes enfoncés avec tristesse dans ce sentiment individuel d’impuissance qui nous mine et détruit notre esprit d’entreprise, notre envie de croire, réduit notre capacité de fédérer tant il est dur de crier dans le désert.

Nous avons fait un constat à travers ce film, l’homme ne serait-il vraiment que ce parasite destructeur non seulement de la nature mais aussi de ses frères, un nombriliste préoccupé de son seul bien-être.

En cette époque de COP 21 nous nous sommes posés des questions sur les vues aériennes, nous avons poussé l’absurde jusqu’à nous interroger sur la philanthropie de la famille Bettencourt.

Mais nous voilà en plein dénigrement, pas « Human » du tout

Contentons nous de porter un regard simpliste, sans réfléchir à nos politiques économiques, à nos efforts culturels pour l’émancipation, à cette Europe mal ficelée prête à épouser dans une grande opacité le Grand Traité Transatlantique(TAFTA), à notre société de consommation, à la montée du FN…

Tout se mélange dans notre tête ! Non, pas vraiment…

Décidément cette année 2015 a été bien difficile, même le temps est déboussolé, alors imaginez…

Allez, étudions nos menus de Noël, privilégions les agapes en oubliant la faim des autres, plongeons avec délice dans quelques coupes de champagne en laissant les autres à l’eau pure, quand ils en ont…

Délectons nous dans nos égoïsmes humains en oubliant l’amertume que devraient revêtir quelques cadeaux venus d’ailleurs de bien loin…

La décroissance, nous y penserons demain, ou après-demain, enfin plus tard…

Vive Noël mais n’oublions pas que Noël, c’est avant tout célébrer la naissance d’un enfant, d’un « HUMAN » en quelque sorte…

Marie-Gabrielle Gimenez

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