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En cette veille de Noël

« La France a besoin de héros », mais de quel héros  -de quel Dieu- ?

Par Thomas James AMOS

Le Président de la République Emmanuel Macron l’a explicité de nouveau dès l’annonce du départ de notre  Rockeur national vers d’autres cieux : «  la France  a besoin de héros  (étymologie: « demi-dieu»). Voici Johnny  élevé, à quelques jours de la nativité,  au rang de demi-dieu par Emmanuel (ety : Dieu avec nous).A vrai dire, seul le patron de l’Olympe reste en mesure de  décider d’élever un simple mortel à un tel rang.  Mais Mr Macron, connaissant la valeur des mots,  ne s’annonce-t-il  pas comme « Jupiter/Zeus » revenu sur terre ?

Non, plus personne ne peut en douter, le Président de la République possède une certaine estime de lui-même. Il ne s’entoure pas d’une fausse modestie, forme soi-disant d’hypocrisie judéo-chrétienne. Il se considère   nettement au-dessus du lot  commun. D’ailleurs, il distingue les « winners » (gagnants)  pour lesquels, parmi d’autres avantages, il vient d’alléger l’ISF-  des « loosers » (perdants) à l’instar de ces ouvrières d’une usine de découpe de volailles considérées comme « illettrées »  lorsqu’il était simple ministre, ou dernièrement de ces « fouteurs de bordel » que sont à ses yeux les ex salariés (es) de GM et S Industry défenseurs de leur outil de travail à l’instar des ex Molex, autres empêcheurs de tourner en rond au temps de la Sarkozie rayonnante dont le symbole de la Rolex,se voulait  le signe distinctif de réussite.

Dieu de l’enfer et Cerbère

Le Président de la République se veut olympien. Il règne sur le Capitole…  Il décide, élève, destitue comme  il entend, ce, du simple syndicaliste au général de corps d’armée. Du haut de l’Olympe pour son bon plaisir et celui du demi-Dieu Pierre Gattaz, il vient de changer les règles pour les millions de galériens(nes)  vaquant aux jeux quotidiens du stade. Pierre Gattaz, héros de l’arnaque (voir l’épisode mythique  où  il a floué « MJP » (moi je président)  avec une promesse de création d’un million de vrais emplois) et Dieu de l’enfer des galériens, se frotte les mains. Il possède un soutien sans faille, ou presque, avec Cerbère le gardien de l’enfer libéral. Trois têtes (dénommées : Pénicaud, Le Maire, Philippe), un corps,  pour une seule action : celle d’aliéner ces humains ordinaires et insignifiants au bon plaisir jouisseur de quelques actionnaires égocentrés et semi déifiés.

 

Les dieux / déesses de la mythologie grecque ou romaine, il ne faudrait pas l’oublier,  demeurent dans leur ensemble des tristes sires sanguinaires, lubriques, vicieux, dédaigneux, manipulateurs bref, ils représentent l’arrogance capitaliste sur un monde en quête d’humanité.

 

L’Appel de joie et d’espérance du Magnificat

La Bible met cette même humanité en garde contre la venue de faux prophètes. Alors Emmanuel faux prophète  mais  vrai jupitérien ? L’avenirproche éclairera  le genre lambda.

En cette veille de Noel, il devient nécessaire, croyants ou non, de se remémorer la naissance à Bethleem d’un enfant dénommé Jésus, déposé par ses parents, faute de mieux dans une mangeoire. Cet enfant, fils d’un simple charpentier, conduira et conduit une révolution sans précédent, celle de l’Amour de Dieu pour les  humains et non de celui de l’Argent laissé aux idolâtres.

Comment dans ce contexte de crise, d’enrichissement des plus riches au détriment des plus humbles de plus en plus humbles, ne pas se rappeler par Le Magnificat*les paroles  de JOIE  de Marie et son espérance en un  monde meilleur, alors que la menace  d’Hérode –autre olympien  s’il en est, plane sur l’enfant à venir.

 

Le Dieu des chrétiens se veut un Dieu, humble, plein d’amour et ayant soif de justice loin très loin des pratiques olympiennes et du culte du veau d’or. Jésus mort et ressuscité pour sauver le genre  humain cela donne  une autre gueule à l’engagement  qu’un concert, fusse t-il excellent au stade de France, d’un des monstres sacrés d’un art mineur que serait la chanson selon C. Aznavour, 

Enfin, en cette époque en quête « d’idéal », de communions, comment ne pas émettre une pensée, pour Jean – et bien d’autres-  qui du haut de ses 92 printemps vient encore de refuser la demande de la Légion d’Honneur. Et pourtant, fin 1943, à 18 ans, il décide d’entrer en résistance. Il s’engagera ensuite dans  la 1ere armée. Avec son régiment, composé pour l’essentiel de Sénégalais et d’Algériens, il risquera de nouveau sa vie pour bouter les nazis hors de France, d’Allemagne et d’Autriche. «  Je n’ai rien fait d’extraordinaire, juste mon devoir de citoyen français ».

Notre société consumériste en quête d’idéaux à portée de mains, patinée par une communication décérébrée, ne possède-t-elle  pas les héros qu’elle mérite avec paillettes et buzz ? Vous avez dit jupitérien…. ?

Dans l’espérance de voir  de nouveau les « paralytiques »de notre  monde  se mettre debout et en marche dans le sens non de l’asservissement aux puissances boursières mais bien de celui de l’émancipation humaine.

Bonne fête de la Nativité à toutes et à tous.

****************

 

*Le Magnificat

 

Mon âme exalte le Seigneur,
exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur !

 

Il s’est penché sur son humble servante ;
désormais, tous les âges me diront bienheureuse.

 

Le Puissant fit pour moi des merveilles ;
Saint est son nom !

Son amour s’étend d’âge en âge
sur ceux qui le craignent.

 

Déployant la force de son bras,

il disperse les superbes.
 

Il renverse les puissants de leurs trônes,

il élève les humbles.

 

Il comble de biens les affamés,
renvoie les riches les mains vides.

 

Il relève Israël son serviteur,

il se souvient de son amour,
de la promesse faite à nos pères,

en faveur d’Abraham et de sa race, à jamais

 

Précision   

à propos de Thomas James Amos. Vous avez dit pseudo ?

 

Thomas : l'apôtre qui ne croit que ce qu'il voit donne un sens critique, dialogique ( approche complémentaire, antagoniste et concurrente) à la Foi. Celle-ci passe donc par une construction spirituelle et intellectuelle critique (au sens constructif). Cette approche n'enlève rien en sa Foi au Christ. Il fonda les premières communautés chrétiennes en Inde.

 

James ou Jacques : L’auteur de la lettre (épître) du même nom donne une  mesure méthodologique et épistémologique d'une Foi incarnée dans l'action. "Montre-moi ta foi sans les œuvres".

 

Amos : Prophète "mineur", berger de son état,  qui sut à son époque dénoncer  le dédain des plus humbles, leur appauvrissement par des pratiques spéculatives des plus riches, la perte de sens de la nation israélite se vautrant alors dans le "paraître" au lieu  "d’être".

 

Deux apôtres et un prophète pour rééquilibrer un tant soit peu "l'Emmanuel" jupitérien  présent. La démarche est Osée mais nécessaire pour commencer à redonner la dignité au "sans rien" et ébrécher une métalinguistique lénifiante mais ô combien aliénante par conséquent extrêmement violente pour ces derniers.

 

 

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