Vivre à Chicago-sur-Tarn…
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Parfois, notant notre présence, monsieur le maire évoque en souriant la presse. Monsieur le maire, évitez de tels rapprochements.
En lisant cet article, nous avons réalisé combien nous manquions de verve, de sens de la dramaturgie, de lyrisme…
Pas de comparaison avec un tel journaliste, sérieux, honnête, investigateur même dans la rubrique des « chiens écrasés » généralement réservée aux apprentis.
Si monsieur le maire s’était ainsi exprimé devant nous « réitéré son souhait de ne pas voir les effectifs de police municipale ou ceux de la gendarmerie baisser. Nous vivons une époque où au contraire, et qui plus est sur ce vaste territoire, nous devons renforcer les effectifs. J’espère que cela amènera à des réflexions sur la question» nous lui aurions fait remarquer avec notre réactivité un peu essoufflée que les effectifs de police municipale restent de son ressort.
Il se serait alors empressé de nous apprendre « Mais justement, nous venons de créer un poste ! ».
Des effectifs à la gendarmerie sont réclamés depuis longtemps, c’est le rôle régalien de l’Etat d’assurer la sécurité jusqu'en milieu rural, mais on peut toujours émettre des vœux pieux.
Tiens il faudrait voir ce qu’en pense notre député LREM. Un bon sujet pour un journal sérieux.
Cet article alimente cette morosité ambiante que monsieur le maire déteste et dénonce.
Lors du dernier conseil il a répété qu’il était indispensable de parler du positif. Indispensable de gommer certaines visions pessimistes de notre ville.
L’a-t-il signifié à monsieur le journaliste ?
Comme le double langage ce n’est pas notre truc, nous allons nous exprimer sur Villemur.
Les témoignages de quelques lecteurs sous l’article prouvent que le bon peuple est sensé…
Nous ne pouvons pas laisser croire que Villemur c’est la jungle.
Des brebis galeuses il y en a partout, des jeunes paumés aussi et plus aujourd’hui qu’hier.
Bien évidemment que l’on doit s’inquiéter de tout geste dangereux, de tout acte de violence, ne pas le laisser impuni. Si les auteurs sont identifiés c’est à la justice de trouver la répression adéquate.
C’est vrai que pour l’incendie chez Brusson, la justice n’a pas semble t-il réagi…
Nous ne nions pas la montée des actes dits d’incivilité, ici, ailleurs, partout. Du vandalisme, des vols, des injures, des menaces…
Villemur reste une ville agréable avec les avantages et les inconvénients du milieu rural.
Une ville comme bien d’autres qui a subi moralement et financièrement la désindustrialisation, une ville encore assez proche de la métropole pour risquer de devenir une ville dortoir.
Une ville où il faut encourager la mixité sociale en intégrant tous les niveaux de la société, où il faut apprendre à se connaitre, à s’enrichir les uns avec les autres où l’urbanisation doit nécessairement prendre cela en compte. Bien sur que c’est compliqué, que ça ne plaira pas à tout le monde.
Villemur c’est un centre-ville plombé par un plan de prévention des risques inondation, alors on voudrait tout déporter vers des zones éloignées de la rivière.
Heureusement quelques personnes responsables tentent de dépasser les difficultés législatives pour éviter la désertification mais ce n’est pas évident, il y a beaucoup à faire, à rénover pour ne pas laisser se concentrer une population aux faibles revenus dans des logements quelquefois à la limite de l’insalubrité.
A Villemur il y a un milieu éducatif investi qui à tous les niveaux porte des valeurs et tente d’essaimer au-delà du contexte scolaire.
De nombreuses manifestation en témoignent, des collectes solidaires au collège, à travers une soirée festive organisée par l’Espace jeune, du théâtre avec l’association Vill’humour ( MJC) qui fait participer les ados , aborde le sujet de la différence, Enfantasia sur le thème de l’environnement, l’apprentissage de la vidéo mais encore les parents investis de « Pouss les murs » …
C’est terriblement important la politique jeunesse dans une ville, comme la politique culturelle, les deux sont des armes efficaces contre la délinquance, mais devons nous le rappeler ?
Il faut soutenir encore et toujours ce riche tissu associatif. Que ce soit au niveau culturel, sportif, solidaire, sa diversité est une chance. Favoriser sa complémentarité et nous le disons une fois encore l’aider à se structurer serait un plus …
Oui nous sommes désolés que notre ville soit pointée du doigt dans un journal local peut-être en mal de faits-divers.
Sans l’occulter, sans nier de possibles risques, nous sommes dépités qu’on donne tant d’importance à cet événement propre à disséminer, faire croître des peurs, noircir l’avenir, qu’il vienne supplanter tout ce qui se fait de bien et est trop souvent peu ou mal communiqué.
Mais aussi.
« L’enquête en cours devrait aussi dire pourquoi et comment ce dernier a pu échapper à la vigilance du conducteur du bus. »
L’article évoque un jeune homme, puis un homme, c’est différent.
Pourquoi pointer du doigt le manque de vigilance d’un chauffeur de bus ?
Doit-il fouiller les gamins qui montent dans le bus, de quel droit ?
Doit-il avoir en mémoire tous les visages, contrôler à chaque fois les cartes de transport alors que son parcours est minuté ?
Qui aurait pu prévoir cet acte ?
Sa vigilance première n’est-elle pas une conduite prudente ?
Nous invitons le rédacteur de cet article, un rédacteur confirmé, un homme bien au fait de la complexité et de la portée d’une prise de position, à poser son stylo. Ne le laissez surtout pas tomber, vous pourriez vous blesser !
Nous l’invitons donc à venir prendre le volant d’un bus scolaire, cela pourrait s’avérer plus complexe et difficile que d’écrire un article qui se révèle confus. Plus éprouvant aussi…
Mais je dois avoir besoin d’un soutien psychologique tant je suis épuisée par comment dire, la sottise, qu’il y a à monter en épingle le sujet de la violence assez préoccupant comme cela. Pas besoin de l’exploiter avec un vocabulaire inadapté.
Marie-Gabrielle Gimenez
