Impossible indifférence.
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Le droit de manifester est en danger.
Les mesures qui consistent à contrôler le risque de dérapage d’un manifestant seront peut-être soumises à décision préfectorale. La supposition d’un risque de violence, de dangerosité suffirait. Pas besoin d’une infraction constatée, plus d’intervention si nécessaire d’un juge. Comme si les lois actuelles n’étaient pas suffisantes…
Musèleront-ils par la suite la liberté d’opinion, la liberté d’expression, de la presse (statut de la vérité), nos libertés tout simplement ?
Est-ce noircir le tableau que de s’en inquiéter ?
La violence ne réglera rien d’où qu’elle vienne mais de telles mesures ne sont pas pour calmer la colère.
Une surprise ?
En hauts lieux, nos élus savaient que l’abstention lors des élections concrétisait une forme de démocratie de rejet, peut-être comptaient-ils sur l’apathie citoyenne?
Et voilà que soudainement des citoyens passent à l’action, sortent d’un semblant de passivité !
La démocratie se nourrit bien plus par l’expression, l’implication dans la société, l’intervention, bien plus que par le seul vote. Tel qu’il est considéré il ne tient pas compte des griefs, doléances et doutes portés par le vote blanc.
Voilà que les citoyens, ouvertement jugent, surveillent, s’expriment…
Une nécessité…
La défiance peut être une vertu au service de la démocratie et nos élus devraient s’en réjouir. Pour surveiller il faut se réapproprier par une présence active la vie publique. N’est ce pas ce qu’ils déplorent, le désintérêt ?
Il faudrait encourager toute initiative solidaire, toute initiative au service de l’intérêt général, de la transparence, mettre l’intelligence collective au pouvoir.
Cette dynamique semble déranger, malgré les paroles, notre gouvernement.
Fait-elle peur parce que non prévue bien que prévisible ?
Est-elle indésirable et contrariante ?
Où va-t-on ?
Maintenant un possible référendum orienté ou pas se profile dans l’urgence, apparait inopportun parce que concomitant à une élection européenne.
S’il a lieu comment vont-ils organiser son dépouillement. Aussi compliqué que la synthèse du grand débat !
Sont-ils déboussolés nos gouvernants face au soudain laboratoire démocratique auquel ils sont confrontés ?
Est-ce parce qu’ils sont déboussolés qu’ils tendent à amputer des droits chèrement acquis ?
Ah !nous sommes encore crédules !
Oui sans doute, alors tant qu’à faire soyons même optimistes.
La place des élus locaux.
Le grand débat à mis nos élus de proximité en avant, s’ils avaient, si le gouvernement leur donnaient confiance en une capacité d’écoute réelle, ils pourraient être les piliers d’un renouveau démocratique.
A eux de s’interroger et de savoir jusqu’où ils peuvent s’impliquer dans ce projet de reconstruction d’une société plus juste.
Ils savent comme nous le danger qu’il y a à supprimer des libertés. Peut-être partagent-ils cette crainte des risques à venir s’il n’y a pas un travail de fond pour récréer une capacité d’écoute fondamentale.
Une capacité d’écoute sur le terrain, une capacité d’écoute des citoyens représentatifs des différentes composantes de notre société.
Une capacité à écouter ceux qui ne s’exprimaient jamais au plus prés d’eux.
La nécessité aussi d’expliquer les rouages de notre démocratie confrontée sans cesse à des textes législatifs plus ou moins utiles, plus ou moins compréhensibles.
La réforme territoriale est souvent peu lisible pour le citoyen.
Il faut aussi nous persuader qu’il n’y a aucune intention de récupération, de démagogie.
Sauront-ils admettre, eux, qui réclament plus d’écoute, qu’ils sont bien trop souvent incapables de la formaliser cette écoute en prenant le temps d’échanger avec leurs concitoyens.
Le mépris qu’ils ressentent sont-ils donc incapables de comprendre que nous le ressentons aussi trop souvent même au bas de l’échelle. Qu’il est ce mépris aussi blessant pour nous que pour eux.
En conclusion :
A chacun de s’interroger à son niveau, de déterminer son engagement et ses limites de coconstruction
Des débats sont toujours utiles et peuvent être constructifs à tous les niveaux, il n’y a pas pour cela besoin d’un grand débat national.
Il faut juste qu’il sorte un projet construit et constructif du moindre débat afin qu’il ne soit pas le reflet, une fois encore d’une masturbation intellectuelle stérile.
Encore faut-il y croire.
Dans l’attente de quelques signaux…
Marie-Gabrielle Gimenez
