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Tellement vrai, à partager

  • Un Oeil Sur Villemur

 

🗑️ LES POUBELLES : ON SE MET AU BOULOT, ILS RAMASSENT LE FRIC ! 💰

Si, si… regardez bien le nouveau métier qu'on vient de vous trouver.

Pendant des années, les poubelles, chez nous, c'était presque un sujet exotique.

Il faut dire qu'en matière d'autonomie, nous avions déjà pris quelques mauvaises habitudes.

Un jardin. Des légumes. Des fruits.

Des conserves dans des bocaux en verre qui ont cette particularité absolument révolutionnaire de pouvoir… RESERVIR.

Oui, je sais. Concept audacieux.

On prend le bocal, on mange ce qu'il y a dedans, on le lave et — accrochez-vous au plan de travail — ON REMET QUELQUE CHOSE DEDANS.

Sans application. Sans QR code. Sans commission européenne.

Sans même un consultant à 1 800 euros la journée. Un miracle.

Les épluchures et les restes de légumes ? Aux poules.

Les poules ? elles mangent pas tout non plus.

Des œufs.

Le lait ?

À la ferme, avec ma bonne vieille berthe à lait en inox.

Le fromage ? Maison.

La lessive ? Maison.

Les savons ? Maison.

Les produits d'entretien ? Maison. récipients, toujours les mêmes.

L'alimentation ? Locale, simple, basique.

Résultat : presque pas de poubelles.

À tel point que pendant des années, les histoires de déchets nous passaient largement au-dessus de la tête.

Et puis, il y a quatre ans, avec l'association, nous avons commencé les ramasses d'invendus dans les supermarchés.

Et là…

🎺 CHANGEMENT DE MUSIQUE.

Nous avons découvert l'emballage.

Enfin, pardon : L'EMBALLAGE DE L'EMBALLAGE EMBALLÉ.

Le petit truc dans une barquette. La barquette dans un plastique.

Le plastique dans un carton. Le carton dans un autre carton.

Et bientôt, probablement, une petite boîte pour protéger le carton qui protège le plastique qui protège la barquette qui protège trois tranches de jambon.

Nous avons été AHURIS. Nos poubelles, jusque-là rachitiques, ont lamentablement grossi.

Et je dis lamentablement volontairement. Parce que cette gabegie, nous la voyons parfaitement.

On pourrait agir énormément à la source. Des distributeurs en vrac.

De la viande et de la charcuterie à la découpe. Des bouteilles consignées. Des marchés. Des contenants réellement réutilisables.

Bref, tout un tas de choses que nos grands-parents pratiquaient sans avoir suivi une formation de 14 heures intitulée :

« Transition circulaire et résilience écoresponsable du contenant territorial ».

Ils avaient un panier. Ça marchait plutôt bien. (au passage, on va faire une petite formation vannerie à l 'univeristé d été de l 'asso. c 'est Sophie qui s 'y colle.

Mais nous avons choisi collectivement une autre méthode. On laisse arriver la montagne d'emballages…

Et arrivé au dernier maillon de la chaîne :

🥁🥁🥁

BONJOUR LE CONSOMMATEUR !

Parce que maintenant, mon petit lapin, tu vas TRIER. Et pas vaguement. Tu vas devenir technicien supérieur en caractérisation des déchets ménagers.

Prenons le petit pot en verre du yaourt la laitière, on en garde quelques uns pour la maternelle, pour la peinture, mais c 'est tout.

Déjà, il faut le porter au conteneur à verre. Très bien.

Mais immédiatement me vient une question : comment font les personnes très âgées, malades, handicapées ou simplement celles qui ne conduisent pas ?

Parce que le verre, figurez-vous, possède une particularité physique assez remarquable : ça pèse lourd.

Newton avait oublié le chapitre « Mamie de 87 ans avec douze pots de confiture ».

Ensuite, la déchetterie. Chez nous, environ 5 kilomètres. On charge la voiture ou la remorque. Parce que certains déchets ne vont ni là, ni là, ni là…Ils vont à la déchetterie. Très bien.

Mais celui qui n'a pas de voiture ? Mystère.

Peut-être doit-il fabriquer une catapulte réglementaire et viser directement la benne à gravats.

Arrivé à la déchetterie, nouveau jeu : TRIE TON TRUC !

Bois ici. Métal là. Carton plus loin. mis à plat les cartons, si tu n' as pas de force dans les mains, démerdes toi Mémé !

Électrique derrière. Mobilier ailleurs. Déchets spéciaux encore ailleurs. Vous déchargez. Vous portez. Vous triez.

Et quelqu'un surveille que vous travailliez correctement.

C'est probablement le seul endroit où vous faites le boulot et où l'on vous contrôle comme si c'était vous l'employé.

Il manque juste :

— Bonjour Madame Revol, vous avez trois minutes de retard.

— Pardon chef.

— Vous me ferez deux palettes de cartons supplémentaires avant de partir.

😂

Mais attendez.

Parce qu'à la maison, maintenant, LE NIVEAU EXPERT EST DÉBLOQUÉ.

Depuis les nouvelles dispositions sur les déchets alimentaires, ça se corse sérieusement.

Nous avons donc notre magnifique conteneur noir, qu'on nous a demandé d'acheter.

Seulement voilà :

les déchets alimentaires compostables ?

PLUS DEDANS.

Il faut les apporter aux bornes prévues à cet effet.

Donc nouveau récipient dans la cuisine.

Le petit seau à déchets alimentaires.

Et régulièrement :

🚶 promenade digestive jusqu'à la borne.

Ou alors vous compostez chez vous.

Ce que je fais volontiers. Je veux des vers de terre pour aller à la pêche.

Mais encore faut-il avoir un jardin, de la place, la possibilité physique de s'en occuper et l'envie de devenir maître-composteur entre le café et la douche.

Et encore une fois : les personnes âgées ?Les handicapés ?

Ceux qui travaillent douze heures ? oui je sais, ça devient rarissime. Ceux qui habitent dans des logements minuscules ?

On fait comment ? Mais revenons à ma cuisine.

Parce qu'elle commence doucement à ressembler au centre de tri de Feyzin.

Nous avons désormais :

🟡 la poubelle jaune pour les recyclables ;

⚫ la poubelle noire pour ce qui a encore obtenu l'autorisation administrative d'être une ordure ;

🪣 le seau des déchets alimentaires ;

🍾 le récipient pour le verre ;

👕 et quelque part, le sac des vêtements, parce que là aussi, suivant leur état, leur matière, leur destination et probablement l'ascendant du Bélier, il faut savoir où les mettre.

À ce rythme-là, bientôt, lors de la construction d'une maison, il faudra prévoir :

une cuisine de 12 m²,

et une annexe déchets de 48 m² avec quai de déchargement.

Et le bac noir ? Alors là, c'est mon préféré.

Après avoir épluché le règlement des poubelles — lecture que je recommande vivement à ceux qui souffrent d'insomnie — on découvre qu'il faut désormais faire attention à ce qu'on y met.

Et chez nous, il est même demandé de ne présenter le bac que lorsqu'il est au moins à moitié plein.

Donc si vous produisez très peu de déchets parce que, justement, vous compostez, recyclez, réutilisez et faites attention…

vous avez gagné le droit de garder votre poubelle plus longtemps !

😂😂😂

Magnifique.

Vous êtes vertueux ? GARDEZ VOS ORDURES.

Encore un petit effort et on donnera une médaille à celui qui réussira à conserver le même sac jusqu'à Noël.

Mais attention ! Quand le bac est présenté, il faut évidemment qu'il soit conforme.

Autrement dit, nous sommes arrivés à cette merveilleuse situation :

il ne faut pas trop remplir la poubelle de mauvaises choses, mais il ne faut pas non plus la sortir trop vide.

La poubelle française est devenue une épreuve de philosophie.

Être suffisamment pleine sans contenir ce qu'elle ne doit plus contenir. Vous avez quatre heures.

Et pendant ce temps-là, moi, je trie. Je rince. Je sépare. Je stocke.

Je transporte. Je vais au verre. Je vais à la borne alimentaire.

Je vais à la déchetterie. Je composte. Je réutilise.Je classe.

Bientôt je vais demander un numéro SIRET.

Parce qu'à un moment, il faut tout de même parler d'un détail absolument délicieux :

LE DÉCHET EST AUSSI UNE MATIÈRE PREMIÈRE.

Le verre récupéré a une valeur. Les métaux ont une valeur.

Le carton a une valeur. Certains plastiques ont une valeur.

Les textiles peuvent être réemployés ou valorisés.

Les biodéchets peuvent être compostés ou méthanisés.

Et derrière toute cette chaîne existe une véritable économie du déchet, avec des entreprises, des marchés, des contrats, des éco-organismes, des filières de responsabilité des producteurs, des matières revendues et de la valorisation énergétique.

Très bien ! Je suis POUR.

Mais il ne faudrait tout de même pas oublier le premier manutentionnaire de toute cette magnifique économie circulaire :

👉 NOUS.

Celui qui trie gratuitement. Celui qui lave. Celui qui stocke quatre ou cinq catégories de déchets chez lui.Celui qui transporte une partie lui-même. Celui qui met son verre dans la borne.Celui qui emmène le reste à la déchetterie. Celui qui porte ses déchets alimentaires au point de collecte. Et ensuite ?

💌 LA TAXE ARRIVE.

C'est tout de même merveilleux. Avant, je payais pour qu'on prenne mes poubelles.

Maintenant : je paye pour participer activement à leur traitement.

Encore dix ans et le camion s'arrêtera devant la maison :

— Bonjour Madame, voici les clés.

— Les clés de quoi ?

— Du camion.

— Pourquoi ?

— Cette semaine, c'est votre tournée.

🤣

Et je le répète parce que je vois déjà arriver les grands prêtres du procès d'intention :

JE SUIS POUR LE TRI.

Je suis même probablement beaucoup plus radicale dans la réduction des déchets que quantité de gens qui donnent des leçons. Je réutilise. Je transforme. Je conserve.Je composte.Je donne aux animaux ce qui peut l'être.

Je fabrique. J'achète local.Je vais à la ferme.Je fais mes conserves. Je limite les emballages chaque fois que je peux.

Mais être favorable au recyclage ne signifie pas accepter n'importe quelle organisation sans poser de questions.

Et surtout, pourquoi toujours organiser la contrainte au bout de la chaîne ? Pourquoi ne pas commencer beaucoup plus sérieusement par celui qui met trois biscuits dans quatre couches d'emballage ? Pourquoi ne pas développer massivement le réemploi et la consigne ?

Pourquoi ne pas favoriser réellement la vente en vrac et les contenants réutilisables ?

Pourquoi le consommateur doit-il devenir le centre de tri bénévole d'un système qui a commencé par lui vendre l'emballage ?

Et j'en arrive à mon passage préféré :

le pain.

On nous explique maintenant que donner du pain à certains animaux n'est pas souhaitable parce que cela peut déséquilibrer leur alimentation. Très bien.

Mais j'avoue qu'une petite pensée traverse alors mon cerveau :

si le pain est devenu une affaire suffisamment compliquée pour qu'on se demande à quel animal on peut encore le donner, il va peut-être falloir ouvrir prochainement une cellule psychologique devant les boulangeries.

😂

Bref.

Je veux bien continuer;Je trie.Je recycle.Je composte.Je transporte.Je réutilise.Je lave mes pots.Je vais à la déchetterie.Je porte le verre.Je porte les déchets alimentaires.Je nourris mes poules.Je réduis mes déchets à la source. Mais puisque je suis devenue officiellement :

TRIEUSE, MANUTENTIONNAIRE, TRANSPORTEUSE, COMPOSTEUSE ET FOURNISSEUSE DE MATIÈRES PREMIÈRES, j'ai une petite proposition.

À la fin de l'année :JE VEUX MA FICHE DE PAIE.Même un petit chèque. Je ne suis pas difficile.

Ou, à défaut, peut-être pourrait-on commencer par une idée complètement révolutionnaire : plus on demande de travail au citoyen et moins il produit de déchets, plus sa facture devrait diminuer. Parce que le système actuel possède quand même un talent extraordinaire :

**NOUS TRIONS.

NOUS STOCKONS.

NOUS TRANSPORTONS.

NOUS PAYONS.**

Et toute une économie valorise ensuite ce que nous avons soigneusement séparé. Alors oui au tri. Oui au recyclage. Oui à la réduction des déchets. Mais oui aussi au respect du citoyen qui fait gratuitement une partie croissante du boulot.

Parce qu'à force de vouloir faire de nous des professionnels de la poubelle…

il va bien falloir penser à nous verser la prime de panier.

Et recyclable, la prime.

Évidemment.

Martine Montvernay remorque. Parce que certains déchets ne vont ni là, ni là, ni là…Ils vont à la déchetterie. Très bien.

Mais celui qui n'a pas de voiture ? Mystère.

Peut-être doit-il fabriquer une catapulte réglementaire et viser directement la benne à gravats.

Arrivé à la déchetterie, nouveau jeu : TRIE TON TRUC !

Bois ici. Métal là. Carton plus loin. mis à plat les cartons, si tu n' as pas de force dans les mains, démerdes toi Mémé !

Électrique derrière. Mobilier ailleurs. Déchets spéciaux encore ailleurs. Vous déchargez. Vous portez. Vous triez.

Et quelqu'un surveille que vous travailliez correctement.

C'est probablement le seul endroit où vous faites le boulot et où l'on vous contrôle comme si c'était vous l'employé.

Il manque juste :

— Bonjour Madame Revol, vous avez trois minutes de retard.

— Pardon chef.

— Vous me ferez deux palettes de cartons supplémentaires avant de partir.

😂

Mais attendez.

Parce qu'à la maison, maintenant, LE NIVEAU EXPERT EST DÉBLOQUÉ.

Depuis les nouvelles dispositions sur les déchets alimentaires, ça se corse sérieusement.

Nous avons donc notre magnifique conteneur noir, qu'on nous a demandé d'acheter.

Seulement voilà :

les déchets alimentaires compostables ?

PLUS DEDANS.

Il faut les apporter aux bornes prévues à cet effet.

Donc nouveau récipient dans la cuisine.

Le petit seau à déchets alimentaires.

Et régulièrement :

🚶 promenade digestive jusqu'à la borne.

Ou alors vous compostez chez vous.

Ce que je fais volontiers. Je veux des vers de terre pour aller à la pêche.

Mais encore faut-il avoir un jardin, de la place, la possibilité physique de s'en occuper et l'envie de devenir maître-composteur entre le café et la douche.

Et encore une fois : les personnes âgées ?Les handicapés ?

Ceux qui travaillent douze heures ? oui je sais, ça devient rarissime. Ceux qui habitent dans des logements minuscules ?

On fait comment ? Mais revenons à ma cuisine.

Parce qu'elle commence doucement à ressembler au centre de tri de Feyzin.

Nous avons désormais :

🟡 la poubelle jaune pour les recyclables ;

⚫ la poubelle noire pour ce qui a encore obtenu l'autorisation administrative d'être une ordure ;

🪣 le seau des déchets alimentaires ;

🍾 le récipient pour le verre ;

👕 et quelque part, le sac des vêtements, parce que là aussi, suivant leur état, leur matière, leur destination et probablement l'ascendant du Bélier, il faut savoir où les mettre.

À ce rythme-là, bientôt, lors de la construction d'une maison, il faudra prévoir :

une cuisine de 12 m²,

et une annexe déchets de 48 m² avec quai de déchargement.

Et le bac noir ? Alors là, c'est mon préféré.

Après avoir épluché le règlement des poubelles — lecture que je recommande vivement à ceux qui souffrent d'insomnie — on découvre qu'il faut désormais faire attention à ce qu'on y met.

Et chez nous, il est même demandé de ne présenter le bac que lorsqu'il est au moins à moitié plein.

Donc si vous produisez très peu de déchets parce que, justement, vous compostez, recyclez, réutilisez et faites attention…

vous avez gagné le droit de garder votre poubelle plus longtemps !

😂😂😂

Magnifique.

Vous êtes vertueux ? GARDEZ VOS ORDURES.

Encore un petit effort et on donnera une médaille à celui qui réussira à conserver le même sac jusqu'à Noël.

Mais attention ! Quand le bac est présenté, il faut évidemment qu'il soit conforme.

Autrement dit, nous sommes arrivés à cette merveilleuse situation :

il ne faut pas trop remplir la poubelle de mauvaises choses, mais il ne faut pas non plus la sortir trop vide.

La poubelle française est devenue une épreuve de philosophie.

Être suffisamment pleine sans contenir ce qu'elle ne doit plus contenir. Vous avez quatre heures.

Et pendant ce temps-là, moi, je trie. Je rince. Je sépare. Je stocke.

Je transporte. Je vais au verre. Je vais à la borne alimentaire.

Je vais à la déchetterie. Je composte. Je réutilise.Je classe.

Bientôt je vais demander un numéro SIRET.

Parce qu'à un moment, il faut tout de même parler d'un détail absolument délicieux :

LE DÉCHET EST AUSSI UNE MATIÈRE PREMIÈRE.

Le verre récupéré a une valeur. Les métaux ont une valeur.

Le carton a une valeur. Certains plastiques ont une valeur.

Les textiles peuvent être réemployés ou valorisés.

Les biodéchets peuvent être compostés ou méthanisés.

Et derrière toute cette chaîne existe une véritable économie du déchet, avec des entreprises, des marchés, des contrats, des éco-organismes, des filières de responsabilité des producteurs, des matières revendues et de la valorisation énergétique.

Très bien ! Je suis POUR.

Mais il ne faudrait tout de même pas oublier le premier manutentionnaire de toute cette magnifique économie circulaire :

👉 NOUS.

Celui qui trie gratuitement. Celui qui lave. Celui qui stocke quatre ou cinq catégories de déchets chez lui.Celui qui transporte une partie lui-même. Celui qui met son verre dans la borne.Celui qui emmène le reste à la déchetterie. Celui qui porte ses déchets alimentaires au point de collecte. Et ensuite ?

💌 LA TAXE ARRIVE.

C'est tout de même merveilleux. Avant, je payais pour qu'on prenne mes poubelles.

Maintenant : je paye pour participer activement à leur traitement.

Encore dix ans et le camion s'arrêtera devant la maison :

— Bonjour Madame, voici les clés.

— Les clés de quoi ?

— Du camion.

— Pourquoi ?

— Cette semaine, c'est votre tournée.

🤣

Et je le répète parce que je vois déjà arriver les grands prêtres du procès d'intention :

JE SUIS POUR LE TRI.

Je suis même probablement beaucoup plus radicale dans la réduction des déchets que quantité de gens qui donnent des leçons. Je réutilise. Je transforme. Je conserve.Je composte.Je donne aux animaux ce qui peut l'être.

Je fabrique. J'achète local.Je vais à la ferme.Je fais mes conserves. Je limite les emballages chaque fois que je peux.

Mais être favorable au recyclage ne signifie pas accepter n'importe quelle organisation sans poser de questions.

Et surtout, pourquoi toujours organiser la contrainte au bout de la chaîne ? Pourquoi ne pas commencer beaucoup plus sérieusement par celui qui met trois biscuits dans quatre couches d'emballage ? Pourquoi ne pas développer massivement le réemploi et la consigne ?

Pourquoi ne pas favoriser réellement la vente en vrac et les contenants réutilisables ?

Pourquoi le consommateur doit-il devenir le centre de tri bénévole d'un système qui a commencé par lui vendre l'emballage ?

Et j'en arrive à mon passage préféré :

le pain.

On nous explique maintenant que donner du pain à certains animaux n'est pas souhaitable parce que cela peut déséquilibrer leur alimentation. Très bien.

Mais j'avoue qu'une petite pensée traverse alors mon cerveau :

si le pain est devenu une affaire suffisamment compliquée pour qu'on se demande à quel animal on peut encore le donner, il va peut-être falloir ouvrir prochainement une cellule psychologique devant les boulangeries.

😂

Bref.

Je veux bien continuer;Je trie.Je recycle.Je composte.Je transporte.Je réutilise.Je lave mes pots.Je vais à la déchetterie.Je porte le verre.Je porte les déchets alimentaires.Je nourris mes poules.Je réduis mes déchets à la source. Mais puisque je suis devenue officiellement :

TRIEUSE, MANUTENTIONNAIRE, TRANSPORTEUSE, COMPOSTEUSE ET FOURNISSEUSE DE MATIÈRES PREMIÈRES, j'ai une petite proposition.

À la fin de l'année :JE VEUX MA FICHE DE PAIE.Même un petit chèque. Je ne suis pas difficile.

Ou, à défaut, peut-être pourrait-on commencer par une idée complètement révolutionnaire : plus on demande de travail au citoyen et moins il produit de déchets, plus sa facture devrait diminuer. Parce que le système actuel possède quand même un talent extraordinaire :

**NOUS TRIONS.

NOUS STOCKONS.

NOUS TRANSPORTONS.

NOUS PAYONS.**

Et toute une économie valorise ensuite ce que nous avons soigneusement séparé. Alors oui au tri. Oui au recyclage. Oui à la réduction des déchets. Mais oui aussi au respect du cito

yen qui fait gratuitement une partie croissante du boulot.

Parce qu'à force de vouloir faire de nous des professionnels de la poubelle…

il va bien falloir penser à nous verser la prime de panier.

Et recyclable, la prime.

Évidemment.

Martine Montvernay

 

 

 

 

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