Une droite maladroite mais une Droite tout de même...
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Par Jean Philippe Tizon.
La droite existe à Villemur, en soi rien de scandaleux. Il en va ainsi en démocratie.
Certains la trouve pataude dans ses interventions en conseil municipal. D'autres, compatissant, se veulent pédagogues face à ce qu'ils considèrent comme des « erreurs » de jugement. Un sentiment diffus entretenu peut-être par les absences répétées où les interventions décalées du leader local de l'UMP, Jean-Marc Dumoulin.
A priori, notre République locale ne se confronte pas à une droite extrême à l'image de certains conseillers de la présidence ou de certains ministres zélés. Pourtant, la droite, mine de rien, se renforce.
Suite à la démission de Madame Bouisset de son poste de conseillère, monsieur André Bétirac, suivant de liste, a été intronisé lundi soir conseiller municipal.
Pas vraiment nouveau dans l'échiquier politique local, il a toujours représenté soit le RPR soit l'UMP. dans les anciennes municipalités.
Le ton badin soulignerait bien volontiers le côté catégoriel du groupe oppositionnel des : « The Bétirac Brothers», mais passons.
Plus sérieusement, aussi respectables que soient les membres de l'opposition de droite, il n'en demeure pas moins qu'ils sont les supports conscients, pis inconscients de l'idéologie dominante érigée en VERITE. Sans logique de marché, de concurrence, point de salut.
Epinglé par Claudine de Truchis; lors de sa campagne électorale pour les cantonales, Monsieur Dumoulin entendait alors, en phase avec son mentor à la Rolex (avec un R et non un M ou un S), municipaliser les investissements d'infrastructures puis en privatiser la gestion.
Autrement dit faire payer deux fois les citoyens, une fois comme contribuables et une autre fois comme clients et non usagers.
Même logique, autre acteur. Monsieur Georges Chevalier, s'il s'excuse presque de faire de la politique, possède néanmoins le mérite depuis plusieurs séances de remplacer au pied levé sa tête de liste et d'essayer de combler les lacunes politiques de ses colistiers d'opposition.
A ce titre, de leader de la droite municipale par intérim, il reste dans les canons idéologiques ultra libéraux sous le couvert d'une objectivité d'ordre professionnel: une dépense = une recette.
Cette vision comptable anodine cache en fait une perception sociétale étriquée.
Elle réduit toutes démarches humaines aux seules dimensions d'actifs ou de passifs.
Une telle réduction pose un problème tant au plan philosophique que, semble-t-il, au plan économique.
Des économistes « keynésiens » et « marxiens » contestent de plus en plus les choix idéologiques du plan comptable. Je ne suis pas expert, mais leurs propos semblent plus cohérents que ceux de leurs collègues qui pointent au CAC 40 et qui n'ont rien vu venir de la crise.
Nous sommes loin de Villemur allez-vous me dire.
Pourtant, imbibé de cette logique illogique, l'élu de droite a essayé ce lundi soir de contester politiquement sous des aspects de recettes d'expert comptable le projet d'aménagement du château de Bernadou sous le prétexte que la majorité n'aurait pas pensé aux recettes face à l'enveloppede 2,4 millions d'euros d'investissement, donc de dépenses.
Le château accueillera en outre, comme prévu durant la campagne, la MJC, le CLAE et d'autres associations au point de devenir un lieu de vie inter-générations.
Selon lui, « faire du social pourquoi pas » mais il devient nécessaire de rentrer des recettes parce que les villemuriens vont payer la note.
Nous frisons ici le sophisme lié étroitement avec la dimension idéologique présentée précédemment.
L'idéologie capitaliste, et le plan comptable ne semblent pas intégrer les recettes humaines à moyen et long terme ni le principe de mutualisation. Ce projet se veut un pari pour l'avenir : permettre notamment à tous les enfants, quel que soit leur milieu social, de 3 à 17 ans, de s'épanouir en ayant accès aux loisirs sportifs, culturels, etc.
Les impôts deviennent de fait dans cette démarche une mutualisation de moyens afin de permettre une égalité d'accès pour tous aux loisirs et à une éducation populaire de qualité.
C'est un choix politique courageux aux antipodes de la logique « Rolex » d'un « élitisme » par l'argent souvent synonyme d'étroitesse d'esprit et « d'effrayants » droits dont le seul mérite est d'être né.
La démarche impulsée par la majorité municipale se veut politiquement un acte de résistance à une politique de marchandisation de l'humain, un pari sur l'intelligence humaine et collective. Une essence rare, fragile et inflammable décotée à Wall Street et ne possédant pas de numéro de compte sur le plan comptable.
Il y a plus de quarante ans, la Jeunesse Ouvrière Chrétienne scandait :« un jeune travailleur vaut plus que tout l'or du monde ». Aujourd'hui, le slogan demeure encore plus d'actualité et le combat continue à tout niveau y compris au sein d'une commune comme Villemur où des idées apparemment anodines cachent, intentionnellement ou non, une véritable dimension réactionnaire et antirépublicaine.
