MOLEX : L’ESPERANCE PARTAGEE AU QUOTIDIEN
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L’Homme renaît par la lutte. Au-delà de la complexité politique de la situation, cela vaut la peine de s’attarder sur ces hommes et ces femmes qui luttent depuis maintenant 11 mois pour sauvegarder leur emploi.
Bien sûr, certains diront qu’il aurait mieux valu céder aux pressions américaines et partir avec un petit pécule plutôt que de se battre contre une puissance inébranlable : l’histoire du pot de terre contre le pot de fer !
Mais jusqu’à quand faudra-t-il baisser les bras, courber l’échine et souffrir ? Car c’est bien d’une souffrance dont il s’agit. Prenons le temps de penser à leur avenir, à celui de leur famille. Laissez-vous aller à imaginer cette solitude qui vous envahie lorsque, coupé de la vie sociale, vous vous retrouvez face à vous-même, quand le miroir de la société vous renvoie sans ménagement l’image d’un Homme brisé et indésirable. Le petit pécule aura tôt fait de fondre comme neige au soleil pour palier à la perte de salaire et continuer de payer les traites de la maison de vos rêves qui deviendra celle de vos cauchemars lorsque vous l’aurez quittée pour tenter votre chance dans d’autres contrées, pour si peu, bien sûr, que vous en trouviez une où l’emploi serait encore un peu préservé.
Le cauchemar sera bien présent, à chaque minute, à chaque instant, lorsqu’un ami vous manquera, lorsque vous penserez à toutes ces années passées dans cette entreprise où vous pensiez finir votre carrière professionnelle. On ne gomme pas 30 ans d’ancienneté, 30 années offertes aux actionnaires d’une multinationale qui a décidé, un jour, que vous ne lui rapportiez pas assez.
Cette nostalgie, cette souffrance, vos amis la vivront en même temps que vous. Le bon vieux temps, comme disent les anciens, sera venu précocement amputant votre bonheur et le leur d’une bonne tranche de vie.
Maintenant, si l’espace de quelques secondes vous aviez fermé les yeux pour plonger dans la souffrance de ce salarié que vous pourriez très bien être un jour, ouvrez-les.
Ces hommes et ces femmes sont dans votre ville, quelque part près d’une usine dont la vie s’est arrêtée subitement sur la simple décision d’actionnaires souillant les lois de notre pays. Cette usine est prés de chez vous, à quelques centaines de mètres.
Ces hommes et ces femmes que vous y rencontrerez sont d’une richesse humaine inépuisable. Les échanges que vous aurez avec eux les rendront plus forts, mais vous enrichiront aussi d’une manière incroyable, mais tellement belle ! La vie est en chacun d’eux. Dans leur regard, vous lirez sûrement, au même titre que sur leur visage, de la fatigue, du dépit, du désespoir parfois. Mais si vous prenez le temps de regarder plus intensément, vous y verrez une petite lumière, comme une étincelle : c’est l’espérance !
Allez découvrir cette lueur, elle est en chacun d’eux, plus forte certains jours chez les uns que chez les autres, mais ils ont appris à ranimer cette flamme chaque fois qu’elle perd de sa force chez leur collègue devenu leur ami au fil des jours.
Lutter à leurs côtés, c’est leur offrir un peu de réconfort, c’est leur dire qu’ils ne sont pas seuls, c’est aussi les remercier pour ce fabuleux exemple de courage et de dignité !
Ne les laissons pas tomber !
Catherine TIZON
