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APRÈS LA VICTOIRE DES GAUCHES AUX ÉLECTIONS RÉGIONALES

 

Créer des contre-pouvoirs afin de favoriser

une alternative dynamique et populaire.

 

 

Par Jean Philippe TIZON

 

Cela s'appelle en jargon populaire une raclée phénoménale.

La si mal nommée Union du Mouvement Populaire vient de recevoir un carton rose, rouge et vert de disqualification.

Voici le bleu libéral avec des bleus à l'âme.

Le peuple vient de rappeler aux tenants du pouvoir et au squatter de l'Elysée, qu'ils ne sont pas ad vitam eternam, propriétaires des lieux et encore moins maîtres de notre destinée populaire et républicaine.

Bien entendu, à l'instar de cette droite pompidoulienne et giscardienne - que les moins de 20 ans ne connaissent qu'à travers, et encore, des livres d'histoire - le sarkosysme entend, coûte que coûte, poursuivre sa logique de commis au service des plus puissants au détriment de nos fondements républicains et de ceux du Conseil National de la Résistance.

 

Malgré, ce demi KO, qui envoie dans les cordes quelques ministres, la ligne politique du Palais, va se poursuivre voire s'amplifier.

La rage doit tenir de réflexion et tous les coups vont être bons pour affaiblir l'élan électoral en cours. D'ailleurs, ici et là des leaders régionaux de droite ont commencé un flirt à peine voilé avec le FN.

Il est vrai les électeurs les plus réactionnaires sont revenus vers leur premier amour, malgré les dérives de « l'identité nationale », en appel du pied, de l'ancien socialiste Eric Besson et de son collègue Brice Hortefeux autre vertueux en terme de chasse à l'homme sans papier.

Jean Marie Lepen a raison au moins sur un point : « rien ne vaut l'original à la copie ». Dimanche dernier, la droite extrême a perdu au profit des trois vainqueurs du scrutin que sont la gauche rassemblée, l'extrême droite (le FN) et les abstentionnistes.

 

Le parti des abstentionnistes.

 

Ce ne sont pas dans ses colonnes numériques et villemuriennes que nous allons bouder notre plaisir de revoir les forces progressistes en positions victorieuses et conquérantes.

En Midi-Pyrénées, sans extrême grivoiserie de basse-cour, il y a une morale à l'histoire.

Le vieux coq du Lot a volé dans les plumes électorales de la poulette montalbanaise, en tout bien tout honneur.

Reste ici et dans l'hexagone après avoir savouré durant ces quelques jours une victoire certaine, à se mettre au travail. Au travail non seulement pour gérer la collectivité territoriale mais surtout pour construire, coordonner, à l'échelle des régions et de la nation une politique de résistance dynamique et offensive face aux dérives du pouvoir en place et des mauvais coups institutionnels .

La responsabilité de la gauche de toute la gauche va être grande dans les mois à venir.

 

Si Le PMU (en verlan) à mis un genou à taire , il n'a pas dit pour autant son dernier mot et sorti son dernier ticket gagnant. Il sait aussi que la gauche a rassemblé dans sa diversité mais qu'elle ne représente « que » 60% de 50 % des votants. Près d'un français sur deux a boudé les urnes.

Une des raisons : la défiance vis à vis des politiques face à leur incapacité à répondre efficacement aux pressions économiques de la finance mondiale. La Grèce demeure un bon exemple en la matière.

 

L'autre virage à négocier pour les forces de gauche sera de limiter le poids des appétits et des égos sur dimensionnés au profit d'un réel projet alternatif et démocratique, d'une dynamique à la fois utopiste et réaliste accompagnée par un élan populaire.

 

Les dangers sont devant nous. Certain cénacle, entendent de nouveau interférer dans le processus au détriment des militants et du peuple de gauche.

Le Parti socialiste va-t-il encore se tirer une balle dans le pied, en se fiant à des sondages manipulés, en n'écoutant pas ses partenaires ?

La direction sera-t-elle une fois de plus tentée de contourner ses militants, en vendant des adhésions à 20 euros avec droit de vote pour les primaires internes histoire de candidater qui un patron de la banque mondiale, qui une présidente de région ?

 

Du côté du PCF, les perspectives ne sont guère mieux.

Avec le Front de gauche, la formation de la place du colonel Fabien, a perdu des bataillons d'élus au profit du Parti de gauche et de groupuscules à l'instar de celui de la Gauche Unitaire.

Marie Georges Buffet entend tenir en juin un congrès de son Parti afin de céder sa place de dirigeante à un des fils de feu Paul Laurent. Les histoires de dynastie ne concernent a priori pas seulement l'Elysée. Voici pour la forme quant au fond, nous le touchons. L'absence de lignes politiques claires, de pensées réelles et profondes, ont transformé cette formation connue comme appui théorique de la gauche en un simple fond de commerce en charge du recyclage des anciens trotskistes du NPA et du PS. La dilution de cette formation dans une nébuleuse «  de gauche » semble la seule réponse politique de la direction sortante, quitte à appliquer un centralisme pas très démocratique à l'encontre de ses militants les plus critiques.

 

Chez Europe écologie, tout côtoie son contraire.

Avec un bon score aux européennes et aux régionales, les « verts » sont en grand appétit. Ils deviennent la deuxième force à gauche.

A gauche ? Poser ainsi la question souligne de fait les distorsions existantes entre un Daniel Cohn-Bendit et une Cécile Duflot. Le premier, ami de Bernard Kouchner, fait des appels du pieds au centre droit, la seconde se place plus dans une dynamique de gauche. Croisement incertain entre Bobos et militants déçus de la gauche, Europe écologie en plus de la guerre des égos devra se mettre au clair sur sa démarche politique.

 

Reste la dynamique consciente des militants (es). Nombre de ces derniers (es), quelle que soit leur appartenance perçoivent au quotidien sur leur lieu de travail,dans leur quartier, au sein des associations, les dérives anti-sociales et anti-républicaines du pouvoir en place. Ce souci de placer l'humain, en lieu et place de la finance, au centre d'un projet de société demeure fortement transcourant.

Des citoyens (nes) se lèvent chaque jour pour dénoncer les injustices en cours et chercher des alternatives. C'est sur ce vivier que doit se nourrir la volonté transformatrice des formations de gauche.

 

 

Par conséquent, si nous voulons éviter les remakes 2002 et 2007, les régions détenues par les gauches à dominante socialiste doivent devenir de véritables laboratoires d'alternative politique ( dialogue, mobilisation et création politique et démocratique).

Dans le cas contraire, le parti de l'abstention deviendra la première « formation » de ce pays. Ce déni (l'abstention) républicain gangrènera alors l'esprit de résistance au profit de recherche du bouc émissaire.

Là recommencera le coté obscur de l' Histoire mais des consciences républicaines veillent.

 

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