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VILLEMUR SUR TARN, FERMETURE D'UNE CLASSE À MICHELET ?

  • Un Oeil Sur Villemur
  • Politique

Entre La « régle à calcul » ou l'éveil des jeunes esprits,

il faut choisir...

 

Par Jean Philippe Tizon.

 

La tendance demeure lourde de conséquence au plan national. Luc Chatel, à l'instar de Xavier Darcos, remercié pour son mauvais résultat en Aquitaine, continue le dégraissage du mammouth.

Des dizaines de milliers d'enseignants appelés à ne plus être remplacés après leur départ à la retraite, une attaque contre la ligue de l'enseignement et de tous ses dérivés laïcs, la liste est longue.

S'ajoute, un discours lénifiant du ministre, à propos de l'égalité des chances avec, tout droit sorti de son chapeau, le quota de 30% d'élèves issus des milieux dits défavorisés dans les grandes écoles.

Cette idée a mis au moins en exergue l'intelligence d'esprit et de cœur de ceux ou celles dont le seul effort est d'être bien né.

Ces derniers(es) s'inquiétant alors de la possibilité de vivre, in situ, une baisse du niveau de leur établissement phare.


« le droit à l'esprit prime

sur celui de l'arrière-train

fut-il grand bourgeois. »

 

« No quiet, dear friends ! ». La suppression de poste, le non remplacement des enseignants dans les écoles situées en milieu populaire, en banlieue des grandes métropoles, va limiter de fait la prétention des gueux (ses) à infiltrer, sur les bancs d'établissements, les ayants droit des milieux aisés (financièrement mais intellectuellement ?).

Pour la petit histoire, Sciences Po Paris et Normal Sup ont décidé d'ouvrir leurs portes aux élèves les plus talentueux de la « zone ». Par altruisme ? Que nenni. Tout simplement, parce que les enseignants et administrateurs des illustres institutions ont voulu redynamiser et relever le niveau.

En effet, les « bien nés (es) » se comportaient de plus en plus en ayant droit d'une charge familiale, sans grand intérêt pour la réflexion.

Il n'est point rare de trouver des lignées : L'arrière grand-père Alphonse de..., le grand-père Pierre-Charles de …, le père Charles-Henri de, et la fille Antoinette Louise de.. (enfin une femme pourriez vous me dire !) ont tous siégé avec de moins en moins de brio sur ces bancs où normalement le droit à l'esprit prime sur celui de l'arrière-train fut-il grand bourgeois.

 

Le pouvoir en place, il devient urgent d'en avoir conscience, ne prend pas uniquement sa revanche de classe sur ce peuple ingrat qui a osé le Front populaire, la Résistance, Mai 68, Mai 81etc, il s'attaque au fondement même de la République et à son pilier qu'est l'Education Nationale.

Les débats feutrés sur la suppression de l'Histoire, de la Philosophie pointent la partie visible de la volonté en cours de mener un coup d'état dans les esprits.

Des enfants, sans esprit critique, sans recul, sans connaissances basiques et approfondies deviendront des citoyens de seconde zone, qui bien entendu, à rare exception, ne seront pas en mesure de mettre en cause les pouvoirs des « élites » décadentes en place.

 

En République

Villemurienne ?

 

Pour revenir plus prosaïquement sur notre terrain villemurien, certains (es) avanceront l'idée que ces préoccupations grandiloquentes ne concernent pas forcément les enfants de cette vallée du Tarn.

C'est grâce à ce type de « raisonnement » que les tenants en place conduisent, à la cosaque, leur réforme.

En quoi un enfant modeste mais intelligent de notre bonne ville se verrait-il interdire un tel parcours ?

Tout simplement parce qu'il existe un schéma de reproduction sociale intégré, inconsciemment, au sein des familles mais aussi chez nombre d'enseignants,«  La connaissance, ce n'est pas pour nous » ou « lorsque l'on voit les parents, il n'y a pas grand chose à faire » reviennent de façon récurrente, sous des formes variables.

 

Aujourd'hui, pourtant, la différence entre un métier manuel et intellectuel devient ténue.

Un plombier qui ne possède pas une bonne formation en mathématiques, en physique des fluides, en anglais, en français, une bonne gymnastique d'esprit et ne s'interroge pas sur son rapport aux autres deviendra non seulement un piètre professionnel mais aussi un humain sans grand intérêt.


« Ce n'est pas aux enfants à s'adapter à l'institution

mais bien à l'institution à s'adapter aux besoins des enfants. »

 

Je ne cherche pas à jeter l'opprobre sur les professeurs, bien au contraire.

Leur métier a foncièrement changé ces quinze dernières années.

D'enseignants, ils sont devenus éducateurs, assistantes sociales, voire policiers.

Aujourd'hui, le sarkosysme entend les transformer en collaborateurs d'un décervelage généralisé. Les enseignants de la république villemurienne, qu'ils soient du primaire ou de collège n'y échappent pas.

Pour résister à de tels dérapages, il reste primordial de comprendre l'évolution sociale et politique de notre système mais aussi le rôle éminemment politique (au sens de polis) que doit jouer l'individu comme professeur (e) et citoyen (ne).

 

La fermeture d'une classe à l'école élémentaire Michelet, parce que qu'il manquerait 13 élèves pour la rentrée, ne tient pas de l'anecdote mais d'une volonté politique précisée précédemment. Cette volonté de fermeture est une aberration humaine pour le devenir de tous nos enfants.

En effet, lors du dernier conseil d'école, les participants ont été informés des résultats des évaluations des CM2.

Ces derniers sont bien inférieurs à la moyenne nationale. L'enseignant exprimait aussi son souhait de voir un certain nombre d'entre eux redoubler.

Même si le mode d'évaluation reste contestable, il signale néanmoins un malaise grandissant de notre société, Villemur n'y échappe pas.

 

Il est important dans ces colonnes de signaler que cette tendance ne se pose pas en terme de fautes aux...

Ce n'est pas la faute aux enseignants si la dérive sociétale actuelle tient plus à l'abêtissement des consciences qu'à leur éveil, ce n'est pas non plus la faute aux parents qui, pour certains revivant leur échec scolaire à travers leurs enfants, croient résister à l'ordre établi.

Ils possèdent une représentation sociale entretenue par les pouvoirs politiques successifs qui contribue à culpabiliser le prof, comme fonctionnaire privilégié, bien payé, profitant de nombreux congés, etc...

 

Il devient important de sortir de cette dualité, pour mettre en exergue une volonté de placer les enfants au centre du processus. Ce n'est pas aux enfants à s'adapter à l'institution mais bien à l'institution à s'adapter aux besoins des enfants.

 

A Villemur, devant la faiblesse des niveaux de connaissances, l'accroissement des difficultés sociales, il demeure déterminant, pour la réussite de l'ensemble des élèves de maintenir la classe en primaire Michelet (CP et CE1), soit pour l'instant entre 20 et 21 enfants par classe.. Nous n'avons pas le droit moral, comme individu et citoyen, de rajouter à la précarité de plus en plus grandissante des parents, celle programmée des enfants.

Il en va du devoir et de la prise de conscience républicaine, des parents, des enseignants, et des élus de refuser ce processus. Autrement quelle crédibilité aurions nous , les uns et les autres, auprès des enfants si nous n'avions pas le courage de dire ces simples mots :

NON  A L'INJUSTICE ?

 

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