Comité de Coordination pour le Développement Économique et Industriel du Bassin de Vie - COMPTE RENDU DE LA RENCONTRE DU 18 FEVRIER 2010
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Une cinquantaine de personnes sont présentes à cette rencontre du comité qui a pour objectif l'approbation des statuts de l'association collégiale et la création de commissions de travail, notamment.
Jean Philippe TIZON rappelle brièvement que le comité s'est donné pour objectif de rendre les salariés, demandeurs d'emploi, les élus (es) et citoyens, acteurs de leur vie et de leur « pays ». Cela passe rappelle-t-il par la mutualisation des compétences, la mise en place d'un fonctionnement horizontal en lien avec un fonctionnement vertical plus institutionnel des élus, des partis et des syndicats. La démarche se veut celle du droit à l'ingérence économique source de propositions et de dynamique au service de l'intérêt général.
Il rappelle également les axes définis lors des précédentes rencontres, à savoir :
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la connectique,
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l'agro-alimentaire,
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les énergies renouvelables,
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la création d'une pépinière d'entreprises.
Il propose aussi, compte tenu du contexte, que soit ajoutée une nouvelle commission qui sera sans nul doute la première à se mettre en place compte tenu de l'urgence, c'est un groupe de travail pour la sauvegarde des établissements de « la Mie Occitane ». Ce groupe doit être animé par les salariés de cette société qui connaissent bien la situation.
LA MIE OCCITANE
La parole est donnée aux salariés de « La Mie Occitane » pour un tour d'horizon.
Philippe BERGEAL relate succinctement l'histoire de l'entreprise. Créée en 2006, elle emploie aujourd'hui 17 personnes (technique et bureau). La société a démarré sans base solide. Aucune commande, pas de produit, quasiment une coquille vide.
Des liens sont tissés afin d'obtenir la fabrication du vermicelle « cheveux d'ange » dont PANZANI détient le brevet. La première année, « La Mie Occitane » produit 20 camions de 4 tonnes de vermicelles, soit environ 400 000 € de chiffre d'affaires. Elle travaillera ensuite à la diversification de son activité pour se lancer dans la fabrication de pain de mie bio dont le concurrent essentiel est le groupe HARRYS. La société cherche des petits créneaux qui lui permettraient d'assurer l'activité aux 17 salariés sans nécessiter d'autres embauches, l'équilibre de cette dernière étant fragile. Le secteur du bio a été choisi parce qu'il répondait à un besoin en Midi-Pyrénées. Le secteur pain de mie a, la première année, dégagé 15 000 € de chiffre d'affaires.
« La Mie Occitane » a entamé les négociations pour des marchés publics en 2007. Mais, la signature des contrats n'est intervenue qu'en 2008, soit après une augmentation conséquente du prix de la farine. Le prix de revient était donc nettement supérieur à celui calculé lors de la proposition. Les clients n'ont pas voulu revoir le prix des marchés, le bénéfice de l'entreprise a donc été sérieusement grevé.
Le marché signé avec la Cuisine Centrale de Toulouse représentait 120 000 € de chiffre d'affaires en 2009, pour un chiffre d'affaire total pour le secteur pain de mie à 200 000 €. Ce marché a été perdu cette année car il ne répondait pas au cahier des charges et le montant était 25 % plus cher que celui du concurrent retenu.
Dans un même temps, la société PANZANI a diminué ses commandes. Le chiffre d'affaires de la Mie Occitane s'en est trouvé affaibli et la société a été mise en redressement judiciaire.
Il faudrait aujourd'hui envisager 6 licenciements pour tomber à 11 salariés bureau compris. Mais actuellement, l'entreprise est à 14,7 camions par an alors que son seuil de rentabilité est à 14 camions. En passant à 11 salariés, la société ne pourra plus assurer une activité durant toute la journée et le coût de revient va augmenter. Il est donc impossible de produire avec seulement 11 salariés.
D'autre part, l'état des locaux ne permet pas aujourd'hui de répondre à des appels d'offres publics dans la mesure où ils ne son plus conformes aux normes imposées.
Dernier point, il faut bien reconnaître que le vermicelle cheveux d'ange n'est plus aussi apprécié qu'avant. Il s'agit d'un produit qui s'adresse aux anciennes générations, donc une activité en perte de vitesse. PANZANI devrait relancer une campagne publicitaire, mais n'est-ce- pas un peu tard ?
Didier ROUX s'interroge sur l'état des locaux et sur la nécessité d'un déménagement de l'entreprise.
Monsieur BERGEAL estime qu'un déménagement doit être envisagé, mais qu'une partie des locaux peut aussi être rénovée et mise aux normes pour accueillir l'activité de l'entreprise. Les machines quant à elles nécessitent des révisions, des remises à niveau, d'autres doivent être achetées pour assurer la continuité de l'activité.
Monsieur BONHOURE demande s'il existe, au sein de la structure, un réseau de prospection ou au moins un commercial ?
Monsieur BERGEAL répond par la négative, mais précise que PANZANI leur a donné l'autorisation de vendre du cheveu d'ange bio au nom de « La Mie Occitane », la recette originale restant bien entendu la propriété de PANZANI. Une possibilité de diversification est donc possible à ce niveau.
« La Mie Occitane » a failli décrocher un gros marché en Turquie, en Espagne et avec l'armée israélienne. Le dépôt de bilan est intervenu à ce moment là et a fait capoter ce projet qui s'élevait à plus de 5 millions.
Monsieur BONHOURE met en exergue la frilosité des banques qui ne permet pas le développement de l'entreprise et insiste sur le caractère indispensable d'arriver à faire de l'ingérence économique. Des engagements sont pris par l'état, il faut les faire respecter.
Catherine HERON revient sur le projet de déménagement de la société sur la zone de Pechnauquié et demande pourquoi cela ne s'est pas fait.
Monsieur BERGEAL se souvient qu'il y avait à cette époque un projet de passerelle sur la commune de Villemur qui devait relier les bâtiments de Brusson dont l'utilisation aurait eu d'autres objectifs et n'aurait pas permis à « La Mie Occitane » de poursuivre son activité à cet endroit. La société devait donc être transportée sur la zone de Pechnauquié (près de la déchetterie actuelle). Un emplacement de 6 000 m2 avec possibilité d'extension sur 2500 m2 devait être réservé à l'entreprise. Il ne sait pas exactement pourquoi cela ne s'est pas fait.
Catherine TIZON essaie de faire un point rapide de ce qui vient d'être dit pour en retenir des éléments positifs : il a été dit qu'une partie des bâtiments pouvait être rénovée et remise aux normes, que certaines machines pouvaient encore être utilisées même si elle devaient être remises en état ou s'il fallait en acquérir d'autres plus récentes. Les salariés connaissent bien leur entreprise et maîtrisent leur activité. Des possibilité de diversification et de développement existent avec le local, le national et l'international. Le tableau n'est pas si noir. Ce qu'il manque, c'est de l'argent et des personnes compétentes pour les aider à avancer avec notamment un service commercial qui pourrait démarcher les collectivités locales du secteur, mais également les restaurants d'entreprises, les administrations, etc. Il serait malvenu que les collectivités locales des environs refusent de sauver une entreprise du bassin de vie en leur assurant des commandes. Des débouchés existent et les possibilité de pérenniser les emplois aussi de ce fait.
Jean Claude BOUDET intervient en rappelant qu'en qualité d'expert comptable, il connait bien la situation de « La Mie Occitane » et que ses compétences professionnelles lui permettent de porter un jugement cohérent sur cette dernière.
Il rappelle, à toutes fins utiles, que les chiffres de « La Mie Occitane » sont visibles sur internet et qu'il ne trahit aucun secret en précisant que la société connait un déficit structurel avec une perte de 120 000 € pour cette année et 80 000 € pour l'exercice précédent. Mme VINCENEUX, mandataire judiciaire, ne devrait laisser aucune chance à la société et demander sa mise en liquidation judiciaire. Monsieur le Maire précise que la situation était prévisible et que cela ne faisait aucun doute pour lui au moment de sa prise de fonction à la mairie de Villemur. Monsieur BOUDET pense qu'il faut gagner du temps et demander 6 mois de répit au Tribunal lors de l'audience qui aura lieu le 09 mars prochain. Cela laissera, selon lui, le temps de se retourner. Il assure que de toute façon, même si la liquidation de « La Mie Occitane » s'avère inévitable, il ne laissera pas tomber les salariés et il faudra alors envisager la création d'une autre structure.
Dans le cas où des bâtiments pourraient être trouvés, la commune serait prête à aider à la mise aux normes des locaux avec un équipement énergétique nécessaire, mais il faut maîtriser la superficie car le coût de la réhabilitation est conséquent. A cela, il faut rajouter le coût du déménagement qui représente une dépense très importante à laquelle il faut rajouter les risques encourus par les machines lors du transport (l'investissement est estimé à 1 million d'euros).
Monsieur BOUDET signale que les membres du comité de coordination peuvent assister à l'audience du 09 mars .
Monsieur BERGEAL annonce qu'il a eu un contact avec un client dans la journée et que ce dernier leur offre la commande de 4 camions supplémentaires pour les aider. Pour honorer les commandes, il est impératif de conserver les 6 emplois menacés.
Compte tenu de l'extrême urgence dans laquelle le comité travaille sur ce dossier, une commission est créée dès la fin de la réunion. Elle se compose notamment de :
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Didier ROUX
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Denis PARISE
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France MONRIBOT
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Patrice MEILHOU
Cette commission sera complétée lors de sa première rencontre qui devra avoir lieu dans les jours suivants. Un appel est lancé pour qu'un deuxième salarié de « La Mie Occitane » participe à cette commission.
LA CONNECTIQUE ET LES AUTRES COMPETENCES
Marc GAILLARD prend la parole pour aborder la proposition de la commission « connectique ». Il rappelle que VMI a repris ce secteur et qu'il serait inopportun de travailler sur la venue dans notre bassin de vie d'entreprises concurrentes. Selon lui, il faut avant tout développer la découpe et l'injection qui sont deux activités absentes de la région. Notre région a pourtant un lycée (le lycée Roland Garros) qui forme des jeunes dans la plasturgie. Ces jeunes n'ont qu'une chance infime de trouver du travail dans le secteur après leur formation. Il y a quelque chose à creuser à ce niveau là.
Le comité aborde ensuite le projet de la pépinière d'entreprises.
Jean Claude BOUDET rappelle qu'une pépinière est prévue sur le site de , Pechnauquié. Mais il faut définir quels genres d'activités le bassin veut accueillir.
Il faut donc être capable de trouver les entreprises susceptibles de se développer sur notre bassin de vie. Mais il faut que nous soyons conscients que tout projet demande du temps et que l'aboutissement de ce dernier ne pourra pas intervenir avant trois ans environ.
Catherine HERON met en cause les municipalités précédentes qui n'ont pas su anticiper la situation actuelle.
D'anciens salariés de MOLEX et un ancien salarié de VALEO réagissent vivement en insistant sur le fait que des solutions devaient être trouvées très rapidement. Trois ans, c'est long et toutes les compétences disponibles aujourd'hui auront disparues. Il y a urgence.
Monsieur BONHOURE demande ce qu'il est advenu des projets définis par le cabinet BDA, payé par MOLEX et dont le Commissaire à la Réindustrialisation a connaissance.
Le développement économique de notre bassin passera plus par la création de PME que par la venue de grands groupes industriels.
L'entreprise de Villemur a plusieurs compétences en dehors de la connectique, notamment la découpe et la plasturgie. Il avance l'idée de développer les C.V. De l'entreprise afin de mettre en exergue l'ensemble des compétences.
Monsieur BOUDET estime que sur tous les projets présentés par le cabinet payé par MOLEX, un seul aurait pu être exploité. Le reste des projets n'avait aucun intérêt, c'était « du flan ».
Selon Laurence GOMBERT, chacun a des compétences. Les politiques ont les leurs, les salariés connaissent leur domaines. Cela doit être conjugué au sein des commissions.
Jean PACILLY insiste que le futur économique doit passer par le Conseil Général et le Conseil Régional qui ont le mérite d'avoir une meilleure vue de la situation économique. Ceux qui sont en situation salariée peuvent définir de nouveaux emplois.
Au niveau des Conseils Général et Régional, il y a des compétences. Il faut impérativement passer par la case départ. Il faut protéger et renforcer l'activité économique. Il faut voir tout ce qu'il peut y avoir en projets possibles et travailler sur les 10 voir 15 ans à venir. Il faut prendre au mot les décideur pour que les mesures se mettent en place.
COMITE DE COORDINATION SUITE
Suite à ce débat dont le contenu a été très riche, il est procédé à la présentation des statuts et aux adhésions à l'association dont le montant a été fixé à 5 euros.
Le comité devra se réunir très rapidement afin de mettre en place les autres commissions, définir le mode de fonctionnement du comité en général et des commissions et répondre au mieux à l'urgence de la situation.
Enfin, il est important de remercier le Père Philippe BACHET non seulement pour son accompagnement au sein de ce comité de coordination, mais également pour son rôle actif.
Nous saluons également la présence de Fanny STOPNER, Journaliste à l'hebdomadaire Témoignage Chrétien qui consacrera un article à la situation économique de VILLEMUR,
