Comité de soutien aux Molex - Association « Solidarité Molex »
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Destinataires :
les salariés(es) Molex
les syndicalistes Molex et du canton
les membres de la société civile
les élus(es) du canton
Objet : constitution d'un collectif pour la réindustrialisation de notre vallée
La lutte des salariés(es) de l'entreprise « Molex » s'est voulue, à plusieurs titres, exemplaire. Exemplaire par son principe de non violence malgré les provocations à répétition, des directions locales et états-uniennes, par son unité et surtout par sa volonté de maintenir un savoir-faire, un savoir-être, sources de technicités, d'inventivités et de brevets.
Les responsables de Molex, dans une logique aveugle de profitabilité à court terme mais aussi de vols légaux de nos brevets, ont bénéficié des défaillances républicaines de notre Etat. Ainsi, au contraire de salariés poursuivis pour « déménagement » de bureaux d'une sous-préfecture ou autres expressions de mécontentements, les décisions de justices prises à l'encontre de la direction de l'entreprise n'ont jamais été appliquées. Pis, Molex a imposé sa « loi » au sein même de la préfecture lors de la « négociation » du plan social. Indubitablement, un tel laxisme n'a pu se réaliser sans le consentement de certains hauts responsables de l'Etat.
Alors faut-il se résigner ? la lutte a t-elle été inutile ? Nous ne le pensons pas. Sans la mobilisation des salariés, le site aurait été assassiné plus tôt. Ces 11 mois de lutte ont mis à mal bien des logiques illogiques au sens de l'intérêt humain. Ce sont 11 mois de plus d'existence. Une existence qui aurait pu devenir pérenne si le pouvoir en place avait eu la volonté de défendre les intérêts économiques de notre nation et de l'Europe.
Aujourd'hui, se pose avec force de détermination l'enjeu de la réindustrialisation de ce bassin d'emploi. Il passe bien entendu par l'axe connectique, mais pas uniquement. Nous devons passer de la mono à la poly-industrie. La stratégie qui s'impose à nous est de transformer cette crise désastreuse en un atout pour l'avenir des salariés (es) mais aussi celui des jeunes de notre contrée. Si nous voulons continuer à « vivre et travailler au pays » en gardant une qualité environnementale, nous n'avons pas le choix. Coincés entre deux pôles attractifs (Toulouse et Montauban) pour ne pas dire monopolistiques, il revient à nous seuls de mettre au point une stratégie de « détournement industriel» afin de favoriser un meilleur aménagement économique des territoires.
Seuls la mobilisation, le rapport de force social et moral venant des différents forces vives du terrain pourront favoriser la dynamique d'une démarche coordonnée entre les élus, les représentants syndicaux et la société civile auprès des autorités gouvernementales et autres décideurs privés ou publics. Tant que durera l'émotion médiatique, il reste déterminant de transformer une oreille polie pour ne pas dire indifférente en engagements concrets.
Les salariés (es) de l'usine de Villemur savent encore fabriquer les outils nécessaires pour le fonctionnement des machines. Au lieu d'attendre une solution d'en haut, nous vous proposons de créer, nous aussi, notre outil local de réflexions, de recherches, de coordination, afin que nous devenions une source concrète de propositions innovantes et réalistes mais aussi source d'un rapport de force moral, social et citoyen. Les compétences existent, elles demandent qu'à s'exprimer.
A cette fin nous vous invitons à venir à la constitution du « collectif de coordination pour la réindustrialisation de notre bassin de vie » qui se déroulera le samedi 9 janvier à 14 h au Grenier du Roy à Villemur sur Tarn.
Ce combat s'inscrit dans la continuité de la lutte menée par les « molex ».
Bien cordialement
