COMMUNAUTE DE COMMUNES
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Guet-apens à OK Val'aïgo
Par Jean Philippe TIZON.
Cette séance du 12 avril 2012 sera marquée d’une pierre blanche de la tragi-comédie. Au bal des faux culs, des ignorants et des flingueurs, ce conseil aurait sûrement remporté la palme du film noir de Cognac. Une fine Napoléon pour digérer s’il vous plait.
Au début, tout se déroule normalement, les agents de la communauté égrainent dans une longue litanie les chiffres. Ils se suivent –les chiffres-, fonctionnement, investissement, report de dettes, excédents, bref tout y passe au point que l’assistance commence à s’assoupir. L’aspect soporifique s’installe doucement quand soudain un coup de tonnerre dans un ciel grisâtre réveille l’assistance migraineuse. Le maire de Bessières, JL Raysséguié soulève le lièvre de l’endettement à plus de quinze ans de la communauté. L’enjeu est pertinent. Pour une fois, un élu, un maire socialiste de surcroit, pose cette question en termes d’enjeux et de choix politique puis réclame à juste titre un véritable débat. Si l’approche se veut louable au sens de la vitalité politique et démocratique d’une telle collectivité, il n’en demeure pas moins que bien des interrogations, au vu des attitudes, se posent sur les arrières pensées en cours.
Un positionnement repris de volée par JC Boudet. Ce dernier comprend, comme par hasard, l’inquiétude de son collègue maire et affirme sans sourciller son souci à propos de cet endettement à long terme. Un rapprochement un brin surréaliste lorsque nous nous rappelons les réticences de Villemur à l’entrée de Bessières au sein de la communauté et les ambitions concurrentes de ces deux premiers conseillers.
Le Président Oget, un brin goguenard, essaie de faire face à cette alliance objectivement contradictoire entre le feu et l’eau. Le Maire de Bessières renchérit en insistant sur la nécessaire amélioration du fonctionnement de l’institution oubliant au passage qu’il a fait glisser quatre employés municipaux sur la communauté augmentant ainsi la masse salariale donc le fonctionnement.
Le maire de Villemur et d’autres conseillers, de leur côté, négligent sûrement quelques loupés de demandes de subventions et l’augmentation des recettes fiscales pour améliorer le fonctionnement de l’institution.
Restent des attitudes ambigües. Monsieur Boudet encourage Mr Raysséguié à poursuivre dans sa démarche d’indigné et en, même temps, conseille à Mr Oget de ne pas s’énerver. Un numéro de tragédie de série B américaine: « écoute Riquet, n’y voit rien de perso mais tu as un contrat sur ta tête»
Les élus(es) présents(es) regardent, spectateurs (trices) impuissants(es), l’entreprise de déstabilisation. Ils comprennent tout comme l’assistance citoyenne qu’il y a eu a priori concertation entre le Ying et le Yang. Mais l’un votera en conscience contre le budget et l’autre l’adoptera.
« Le Lapin « Leclerc » sort du chapeau »
En insistant sur les actifs à vendre pour réduire le taux d’endettement, Mr Rayssiègué pousse Mr Oget à parler de la vente de terrain à la SCI en charge de la gestion immobilière de Leclerc. La vente du terrain s’élèverait à +/- 700 000 euros soit x fois le prix initial de vente. Une opération qui pourrait « renflouer » la caisse. Monsieur Boudet annonce aux élus et à ceux de Villemur peu ou pas au courant – Mr Aso a dû poser plusieurs questions pour éclairer le débat- qu’il a personnellement conduit le dossier pour aboutir à cette opération en voie de conclusion. Les conseillers (es) présents (es) constatent alors que la question de la réduction de la dette passe, pour partie, par le renforcement quasi monopolistique d’une grande enseigne sur le territoire et ce malgré les assurances « bibliques » du premier magistrat de Villemur.
Cette réunion publique de la communauté aura eu au moins le mérite de mettre en exergue un type de dysfonctionnement politique dont l’ensemble des édiles et des communes sont coresponsables. L’absence d’orientation politique clairement définie aux yeux et au su de tous interroge notamment les principaux intéressés : les contribuables.
L’enjeu de l’endettement de la communauté de communes se pose non pas en termes de plus ou moins quinze ans (avec un contrôle ou non de la cour des comptes et/ou de la préfecture) mais en termes de fonctionnement et d’investissement « productif » au service de la population, donc en choix de société. Ce débat, avec plus ou moins d’arrière-pensées, démontre si nécessaire qu’une communauté ne peut se réduire à une accumulation de strates d’intérêts communaux divergents ou à des alliances d’intérêts de circonstance. Au contraire, ces divergences devraient être une richesse de regards à partir desquels chacun et/ ou collectivement travaille en faveur d’une construction partagée au service d’un territoire et des citoyens. Une telle approche demande d’aborder et de poser les enjeux de fond, à savoir : quel développement économique, quelle cohérence sociale et territoriale, quelle politique d’aménagement, quelle démocratie participative, au service de qui ?
« C’est gênant devant l’assistance d’aborder des sujets sources de fâcheries » déclare faussement naïf un élu entérinant un peu trop vite la tendance dominante à privatiser un mandat et à compter de fait comme quantité négligeable les citoyens payeurs. Faut-il rappeler alors que le sarkozysme à l’instar du stalinisme n’est pas la panacée d’une formation politique mais bien, et c’est le plus inquiétant, un mode de comportement et de pensées source de déficits démocratiques à tous niveaux décisionnels de la République.
