COMMUNAUTÉ DE COMMUNES ET LA CHAUSSÉE DE L'ESCALAIRE.
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Eric Oget en appelle à la mobilisation des élus et des citoyens.
Le conseil de la communauté de commune ne se définit pas particulièrement comme un des éléments troublions allant à l'encontre de la pensée dominante du moment.
Il navigue souvent dans les eaux troubles du « donnant-donnant » qui ne se traduit pas forcement en « gagnant-gagnant » pour les citoyens contribuables et les associations sources de vie démocratique, s'il en est. Vous nous direz qu'il en va ainsi pour nombre de conseils municipaux. D'ailleurs, à ce propos, il est intéressant d'entendre certains élus villemuriens s'exprimer en interpellant le président de cette instance, alors qu'ils semblent avoir prononcé vœu de silence au sein leur propre conseil. « Mystère du Silence !!! écoute l'eau s'écoule, la rivière serpente de barrage en barrage, l'espace et le temps s'y reflètent à jamais, immuable le Tarn renvoie à la vie du moujik, laborieux et assujetti(…). »
« La loi du marché
contre la vie de la vallée »
Revenons vers une réalité plus prosaïque. De temps en temps, sous l'impulsion de son Président, cette éminente assemblée marque de son empreinte politique le canton. Quand les contradictions atteignent un niveau paroxismique, entre la dictature du marché et l'intérêt général, il devient difficile, y compris pour un(e) adepte umpiste, de fermer les yeux ; cela coule de source !
Inévitablement les réactions du terrain remontent. Vive la capillarité sociale. Les agriculteurs, les industriels (Lagrange, l'usine d'incinération, ... ), les amoureux de la nature et autres « em »pécheurs tirent le signal d'alarme sur le danger de la suppression de la chaussée d'Escalaire voire celle de la Derrocade (barrages).
Le manque d 'eau, faute du respect des régulations existantes, pointe dangereusement son bout de nez.
Une histoire d'eau sur laquelle le citadin moyen adepte du vert ne verrait, a priori, rien à redire, et pourtant.... Quand le libéralisme sous couvert d'écologie -merci au Grenelle de l'environnement- s'invite dans notre vallée, les citoyens (nes) trinquent. Nous en connaissions la version US avec Molex, la version « Sarkolo », entend nous mettre au sec. Décidément, le libre-échangisme, même à la chlorophylle, ne tend pas à l'épanouissement généralisé.
Derrière la libre circulation de la rivière se cachent la libre circulation du fric et du n'importe quoi sous couvert d'accroître la production d'énergie propre.
Cette suppression de « barrages » a pour seul but de faire progresser le débit d'eau afin d'augmenter la production hydroélectrique d'une entreprise privée. Cette dernière accroîtrait ainsi ses ventes et ses bénéfices en vendant sa production à ERDF. Cette même compagnie qui augmente ses tarifs usagers de 4 % alors que ses gains s'envolent. Bref, chers (es) citoyen (nes) nous risquons de payer la note deux fois. Une première fois comme usager, pardon comme client, d'Electricité de France et une seconde fois comme voisin d'un Tarn asséché. A cela s'ajoute la complicité d'un Etat qui se désengage, une fois de plus, de la gestion et de l'aménagement des voies d'eaux.
« Pour un choix politique
d'intérêt général ».
Augmenter la production d'énergie propre pour faire progresser les bénéfices d'une seule entreprise au détriment des vies humaines, animales et économiques structurées autour du Tarn, voilà une démarche écologique bien singulière.
Elle démontre une fois de plus, que l'idéologie libérale -au sens du MEDEF- sert en premier l'égoïsme de quelques entrepreneurs aveuglés par l'appât du gain au détriment de l'intérêt général et d'une vision plus complexe des interactions existantes autour d'une rivière.
Eric Oget, en appelant à la mobilisation des citoyens(nes) et des élus, souligne, bon gré mal gré, l'importance de créer une résistance à ces dérives au plan local mais aussi celle de construire de véritables alternatives en la matière.
Avec la déliquescence de notre Nation programmée par l'Etat sarkozien se pose avec acuité la capacité de nos collectivités avec leurs moyens de devenir sources d'appuis à la reconstruction de notre idéal républicain et social.
Envolé lyrique ? Avec cet enjeu autour du « barrage » d'Escalaire s'impose l'enjeu du contrôle citoyen de gestion des voies d'eaux, de la production et de la distribution d'énergie propre. Une des solutions ne passe-t-elle pas à court et moyen terme par la citoyennisation -sous forme de Régie, de SCIC, ou autres- de ces usines hydroélectriques afin de rendre compatibles développement durable, énergie à faible coût et entrée de recettes pour les collectivités ?
Ne serait-il pas judicieux également d'envisager la création de champs de panneaux solaires et / ou d'éoliennes afin de tendre vers un développement durable et maîtrisable au service de tous ?
L'avenir de la vallée passe par la capacité de tout à chacun (e) comme citoyen (ne) et comme élu (e) à construire, à notre échelle, la société solidaire et durable à laquelle aspirent nombre de citoyens (nes). Tout projet sociétal humaniste passe par notre capacité individuelle et collective à l'élaborer. Comme pour le sort des « Brussons », celui de notre rivière dépend d'abord de nous tous et non seulement de quelques technocrates « sarkolos » et d'entrepreneurs peu soucieux des autres.
Le Tarn doit rester une source de vie pour tous.
