CONCERT DE SOLIDARITÉ DES « MOLEX ».
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Les salariés (es) ouvrent toujours leurs « Grandes Bouches ».
Samedi soir dernier, près d'un millier de personnes sont venues, selon les organisateurs (sûrement moins selon la préfecture), partager un moment de solidarité avec les anciens salariés (es) de Molex.
Une festivité campagnarde Rock n' Roll, entre groupes musicaux, débats de fond et moules frites.
Pour l'occasion, les dirigeants de gauche plurielle ont fait front. Martin Malvy, Président socialiste de la Région, Kader Harif député européen (PS), Charles Marziani vice-président PCF de la Région, Pierre Caze secrétaire fédéral du PCF et élu de Toulouse, entendaient marquer symboliquement cette soirée pour rappeler à leurs adhérents(es), à leurs élus(es) respectifs (ves) et aux salariés(es) que le combat mené depuis deux ans se veut aussi le leur en terme de valeur face aux dérives du capitalisme.
Au plan local, Eric Oget, président PS de la communauté de communes et Pierre Guercy Adjoint, sans couleur, de la mairie de Villemur étaient également présents.
« Une lutte sur le
terrain juridique »
Les « Grandes Bouches » avaient ouvert en chanson les questions sociales du moment. Mais c'est Guy Pavan, leader CGT de l'entreprise villemurienne, qui donna véritablement la note de la soirée en rappelant que la lutte continue.
Après la condamnation en correctionnelle à 6 mois de prison avec sursis de deux de ses dirigeants, 187 salariés viennent de déposer des dossiers aux Prud'hommes contre l'entreprise américaine. La notion de licenciement économique reste contestée par les travailleurs. Il devient nécessaire à leurs yeux d'enfoncer le clou plus profondément dans le pied de Molex en interpellant l'instance paritaire.
La démarche n'est pas tant de gagner de l'argent en plus que de créer une jurisprudence en la matière. La lutte menée par les anciens connecticiens devient juridique et par conséquent politique, au sens noble du terme. Aboutir à la création d'un instrument de Droit pour limiter ce type de dérapage financier et humain serait un beau succès pour ces ex salariés (es). Cet outil renverrait le pouvoir en place et l'Etat face à leurs responsabilités en terme de respect des femmes et des hommes, de leurs outils de travail, et de contre pouvoir face au capitalisme financier apatride.
Pour conclure son intervention, Guy Pavan souligne : « Au moment où le pouvoir en place s'attaque au droit élémentaire de la retraite à 60 ans, les 500 plus grosses fortunes de France se partagent 319 milliard d'Euros soit 1,5 le budget de la nation. De l'argent existe suffisamment pour créer des emplois et contribuer au développement social de ce pays .»
« Appel au rassemblement
des salariés en lutte ».
Cette soirée de solidarité, ne se voulait pas seulement une soirée « molo-molex ». Bien au contraire, elle se voulait un témoignage de la France qui travaille et qui lutte pour maintenir ses emplois mais aussi un témoignage de la solidarité internationale avec la présence d'Armando Roebeles syndicaliste Etats-unien représentant le syndicat Union Electrical.
Durant une demi-heure les représentants des salariés de Ford en Gironde,
de Tyco (connectique) de Grenoble, de la Société Nouvelle de Planification de Couffouleux (81) ont parlé de leur lutte, de la souffrance de leurs camarades de travail et de la nécessité de résister mais aussi de construire une espérance.
Ils ont en direct ouvertement interpelé les politiques présents afin qu'ils accordent leurs actes à leurs discours mais aussi avancé l'idée de créer une dynamique de rassemblement de l'ensemble des salariés en lutte.
Interrogé quelques jours plus tard sur cette dernière idée, Denis Parise, ancien secrétaire CGT du CE, considère l'idée intéressante mais trouve difficile sa mise en œuvre.
Faut-il douter des connecticiens villemuriens ?
En 24 mois (dont 12 sur site), sans expérience au préalable de luttes et/ou de repère de classes , ils ont pris le pouvoir sarkozien à son propre discours sur la réhabilitation du travail et sur les licenciements boursiers (etc.), mis en face de leurs contradictions les industriels automobiles, Peugeot et Renault, - aujourd'hui la connectique en provenance de Chine ou des USA reste peu satisfaisante-, modifié les représentations des conflits sociaux. Bref, si ils le décident, ils pourraient bien bousculer les confédérations syndicales et le train-train institutionnel ambiant tant au plan local, national qu'international. Astérix contre Goliath ? L'Histoire nous le dira.
Jean Philippe Tizon.
