CONSEIL MUNICIPAL - Entrée feutrée d’un big bang
-
Par Jean Philippe TIZON
Les conseils municipaux se suivent et ne se ressemblent plus tant sur la forme que, depuis quelques mois, sur le fond. Hormis quelques interventions en conseil, les groupes d’opposition et de la majorité, notamment celui du PS, ne s’expriment pas publiquement au travers d’un journal, d’un site pour faire connaître tout au long de l’année leurs positionnements divers et variés.
Les citoyens (nes) de cette cité auront bien de la peine aujourd’hui à exprimer le pourquoi et le comment de telle position des uns ou des autres. Ils auront autant de mal à commenter les propositions ou contre propositions émises sur tel ou tel dossier. Les mauvaises langues diront tout simplement « parce qu’elles n’existent pas ». Pour suivre l’actualité politique (au sens de la vie de la cité), nous savons, lors de discussions en tête à tête avec certains(es) élus(es), que des idées émergent, que des prises de positions sont argumentées -même si nous ne les partageons pas- mais le fait culturel local combine depuis trop longtemps démocratie avec potentat. A ce titre, la grande muette règne encore trop en maitresse absolue. En ne prenant pas la parole, en ne permettant pas aux citoyens de s’interroger régulièrement, nous l’avons suffisamment écrit dans ce blog et dit aux principaux intéressés, ils contribuent de fait au déficit démocratique ambiant et à la décrédibilisassions de la politique au sens noble du terme. Bien entendu, tout ce beau monde s’exprimera la bouche en cœur quelques mois avant les échéances électorales parce que le concept de potentat démocratique considère d’abord l’individu non pas comme un être conscient mais comme une voix à acheter. Merci Séguéla. Nous y reviendrons longuement dans les semaines à venir.
Ceci dit, comme la nature a horreur du vide, et la démocratie du potentat, des manifestations silencieuses dans un premier temps puis beaucoup plus audibles se sont faîtes jours. Du côté des élus (es) de l’opposition comme de la majorité, nous avons assisté à des absences diplomatiques, à une grosse houle avec la mise à l’écart d’André Parize, à des vaguelettes avec les appels du pied répétés d’élues de l’opposition à la majorité municipale ou à l’absence récurrente de Madame Gasc. Existerait-il un malaise entre une perception du fait démocratique et l’expression consciente des individus?
Du côté des citoyens(nes), la peur de s’exprimer existe toujours même si, il faut le reconnaitre, elles arrivent (c’est notamment les femmes) petit à petit à s’émanciper de craintes diverses et variées comme le prouve encore récemment une pétition contre le règlement réactionnaire de la cantine. Réactionnaire, je mesure mes mots.
Ce lundi, le ronron, des élus(es) de la table ovale, en a pris tranquillement pour son compte. Bernadette Balagué en présentant, avec une voix douce et déterminée, sa candidature comme neuvième élue titulaire à la communauté de communes, en lieu et place de Jacques Aso, vient de mettre à mal un modus vivendi(1). En imposant, le vote secret, l’élue socialiste a recueilli 8 voix de la majorité, la droite ayant a priori voté blanc (4 bulletins) contre 12 au conseiller délégué au social.
Au-delà du fait qu’elle soit une femme et qu’elle possède des qualités professionnelles intrinsèques, elle vient de montrer avec sa force tranquille, que démocratie se combine uniquement avec conscience libre et non avec la part d’ombre d’un potentat.
Ce n’est donc pas une histoire de personnes qui se joue au sein de la majorité -et ailleurs- mais bien celle de la survie ou non d’un type obsolète de fonctionnement politique. Nous avons assisté, mine de rien, à un big bang local. Que la Lumière républicaine soit…
(1) Ce modus consiste implicitement à considérer que toute décision prise au sein d’une majorité soit soutenue par l’ensemble de ses membres. Reste à savoir comment ces orientations sont prises et pourquoi dans une majorité il ne pourrait exister des variables d’appartenance ? Le soviétisme aurait-il encore de l’avenir?
