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CORIDYS, pour une meilleure prise en compte des handicaps cognitifs

 Neuropsy

A l’invitation de la FCPE du Collège Albert Camus et de la MJC de notre ville, une conférence sur les difficultés d’apprentissages s’est tenue aux Greniers du Roy Mardi 04 mai dernier.

 

Cette soirée, animée par l’association CORIDYS, avait pour objectif de présenter les différents troubles cognitifs susceptibles d’entraver les apprentissages de nos enfants.

 

Sylvie GERVAIS, Déléguée Régionale de l’association, rappelle que le trouble cognitif le plus connu est la dyslexie dont 5 % de la population sont atteints. Si ce handicap est connu depuis plus d’un siècle, l’Education Nationale, quant à elle, ne l’a officialisé que depuis 1990.

 

La parole a ensuite été donnée à deux neuropsychologues de l’association qui ont commencé leur oratoire par une présentation méthodique des différentes fonctions cognitives permettant non seulement l’acquisition des connaissances, mais également leur utilisation, rappelant que chaque région du cerveau correspond à une fonction bien précise (praxie, gnosie, langage, mémoire, attention…).

 

Il est très important de bien différencier les différentes fonctions cognitives, car seul un « inventaire » précis de ces capacités chez un enfant confronté à des difficultés d’apprentissages pourra permettre d’évaluer quelle fonction est fragilisée de manière à mettre en place un processus d’apprentissages parallèles qui permettront à l’enfant d’acquérir les connaissances nécessaires à son développement.

 

Cette analyse vise à évaluer :

 

  • La praxie : programmation neuromotrice du geste qui peut parfois expliquer la maladresse constante chez un enfant

  • La gnosie : capacité visuelle, auditive, verbale ou tactile à reconnaître ou à identifier

  • Fonction langagière : compréhension verbale, syntaxe, sémantique, lexique…

  • La mémoire permanente ou transitoire : rétention et restitution des informations

  • L’attention : alimentation et orientation des informations

  • Fonction exécutive : supervision et gestion des différentes fonctions cognitives.

 

Compte tenu de la complexité de ces différentes fonctions, il serait dangereux d’évaluer un quotient intellectuel chez un enfant en difficultés scolaires sans avoir au préalable passé en revue une à une, mais également les unes avec les autres, chaque compétence cognitive, lesquelles pourraient, en cas de défaillance, altérer le résultat obtenu et fausser le diagnostic.

 

Ainsi, un enfant souffrant de dyslexie ne présentera pas forcément les mêmes difficultés d’apprentissages qu’un autre dyslexique. Les troubles de l’apprentissage pourront, suivant les fonctions altérées, se traduire par une dysgraphie, une dysorthographie ou une dyscalculie.

 

Certains troubles cognitifs peuvent avoir des conséquences sur des apprentissages « automatiques ». C’est le cas de la dysgnosie qui rend impossible la reconnaissance des objets, de la dysphasie (trouble du langage) ou encore de la dyspraxie (anomalie de la gestion du geste). On ne parlera de handicap qu’en fonction de l’intensité des troubles et des conséquences globales sur la vie quotidienne.

 

Face aux difficultés d’apprentissages d’un enfant ou d’un jeune, tout doit être mis en oeuvre pour déterminer l’origine de problème et ne pas passer à côté d’un Trouble Spécifique des Apprentissages lié à un trouble cognitif.

 

Pour cela, il faut impérativement travailler avec l’ensemble des intervenants à savoir les parents, les enseignants, médecins, psychomotriciens, orthophonistes, orthoptistes… Force est de constater que le milieu enseignant est mal préparé au T.S.A. et bien souvent, les élèves en difficultés sont orientés vers des filières professionnelles (CAP, BEP, Apprentissage…). Une façon pour l’Education Nationale de se décharger de ces élèves qui nécessitent une attention particulière et un suivi relativement lourd à mettre en place parce qu’il devra être adapté à chaque cas.

 

En conclusion, un élève dyslexique doit être décelé le plus tôt possible de manière à mettre en place une rééducation spécifique. Bien sûr, ce qui prime, c’est la cohésion entre les différents intervenants et l’élève et le fait de maintenir le goût de l’apprentissage.

 

Après un exposé bien construit et mené avec dynamisme, Sylvie GERVAIS rappelle le rôle de l’association CORIDYS qui se définit par trois axes :

 

  • l’information et la documentation

  • le conseil, l’évaluation de la prise en charge et l’accompagnement y compris administratif lors des dépôts de dossiers à la Maison du Handicap

  • la sensibilisation, la formation

 

A savoir, sur notre secteur, un atelier spécialisé a été créé à La Magdelaine sur Tarn. Hélène y accueille les enfants rencontrant des difficultés d'apprentissage, liées ou non à un trouble cognitif.

 

L'accueil au sein de ce groupe démarre par la réception de la famille, l'évaluation de niveau et fonctionne ensuite par séquence d'une heure par semaine.

 

Cette soirée a permis au public et notamment aux parents et enseignants présents, de prendre conscience de la perception de l’espace ou de l’écriture par des enfants souffrant de troubles cognitifs. La mise en situation était plutôt édifiante et l’exercice difficile pour l’assemblée. Une manière de démontrer qu’un enfant « brouillon » ou « dispersé » pouvait souffrir d’un mal dont l’expression n’est pas aisée.

Nul doute que nous ne regarderons plus ces chères têtes blondes de la même manière !

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