DEVANT LES DÉRIVES DES POUVOIRS ACTUELS
-
Dépassons notre lâcheté ordinaire
Des ministres démissionnés, démissionnaires irrespectueux des lois et des deniers publics, des affaires douteuses, des abus budgétaires, des passe-droits, des humoristes muselés … .
Ce n'est pas nouveau, alors pourquoi cette prise de conscience subite, ce semblant de remise en ordre ?
-
Parce que nous traversons une époque économiquement grave ?
-
Parce qu'on nous demande de comprendre des mesures d'économie parait-il indispensables à la survie de notre système ?
-
Parce qu'on nous demande de travailler plus, plus longtemps, pour gagner moins ?
-
Parce que nous sommes fatigués de devoir être vertueux alors qu'en haut lieu on dilapide l'argent public pour des besoins personnels, des initiatives somptuaires ?
Non, il n'en est rien. Dans notre bonne société contemporaine , mensonges, dissimulations, opportunismes sont devenus tout simplement les vertus indispensables à la réussite sociale.
Flattez vos interlocuteurs « bien placés », rabaissez votre intellect afin de ne surtout pas heurter par des critiques argumentées des opinions trop limpides, abandonnez vos idées intéressantes au profit de ceux qui détiennent le pouvoir que vous leur avez délégué.
Concevez que vous gagnerez à flatter, abandonnez votre conscience et vous deviendrez aussi indispensables que la brosse à reluire à vos chaussures en cuir.
Dissimulez, manipulez, critiquez, anonymement s'entend ceux qui vous font de l'ombre.
Surtout, si vous vous sentez découverts, jurez vos grands dieux que vous êtes innocents, plein de bonnes intentions, que l'amitié est un bien trop précieux pour vous.
Si vous nagez dans l'univers crapulo-politicien souvenez-vous que les vestes sont réversibles, peuvent changer de couleur.
Transformez-vous en caméléon, en arlequin … et dormez tranquille sans regarder la glace, en admettant une fois pour toute que l'intelligence et l'honnêteté ne représentent plus rien dans cette société construite sur la flagornerie.
« Exagération
que tout cela ! »
D'où vient alors le malaise ressenti, comment expliquer l'abus de tranquillisants, drogues licites, augmentation des suicides, les passages à l'acte violents de plus en plus incontrôlés. Cessons de fuir nos responsabilités, nous sommes des victimes, oui des victimes mais pas seulement des autres, des victimes de notre propre lâcheté.
Pour déculpabiliser, nous nommons tolérance l'acceptation de déviances en vérité inacceptables.
Nous acceptons en spectateurs consentants une télé réalité qui nivelle par le bas toute notion de culture, nous nous attardons sur des évènements sportifs qui cultivent la vulgarité.
Des hommes politiques couvrent servilement des actes délictuels provoquant l’incompréhension, le ressentiment de ceux qui luttent pour préserver la dignité.
Des augmentations de taxes, d'impôts divers viennent au secours de déficits constituant le prix à payer face à des politiques fiscales qui préfèrent surtaxer le salaire fruit du travail que l'argent fruit de la spéculation.
Les hommes politiques, consciemment ou non, sont des instruments dans les mains des puissances financières d'où qu'elles viennent.
Arrêtons de regarder notre nombril quand nous vivons dans l'aisance, arrêtons de rejeter la faute sur l'autre quand nous sommes dans la difficulté. Ayons le courage de destituer des détenteurs de pouvoir qui, avec une lâcheté dissimulée sous de beaux noms, refusent de s'attaquer aux vrais problèmes et pire encore les cultivent. Nous sommes à la dérive, il serait temps de reprendre la barre pour redresser le cap.
Plus facile à écrire qu'à faire ? Des précédents existent dans notre Histoire.
Prenons conscience de la nécessité de remettre à l'honneur certaines valeurs démocratiques, sociales, humanistes..
Refusons la passivité, nous nous croyons seuls mais nombreux sont ceux qui craignent d'exprimer leurs idées, donnons leur un signe d'espoir.
Réveillons nous avant de mourir étouffé par notre lâcheté ordinaire. Il est encore temps de prendre notre destinée en main.
Marie-Gabrielle Gimenez
