FILS DE FRANCE
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« Nous sommes, nous sommes,
La nation des droits de l'homme,
Nous sommes, nous sommes,
La nation de la tolérance,
Nous sommes, nous sommes,
La nation des lumières,
Nous sommes, nous sommes,
À l'heure de la résistance. »
Ces paroles résonnent, raisonnent dans la tête de tous ceux et celles qui connaissent Damien SAEZ, jeune auteur-compositeur-interprète dont le seul défaut, diront certains, est de croire à la lutte, à l’émergence d’une jeunesse révoltée et avide de vivre.
La France nation des droits de l’Homme, nation de la tolérance, nation des lumières… Qu’en reste-t-il aujourd’hui ?
Il est vrai que si nous nous comparons à la Libye ou à l’Iran, nous n’avons pas de raison de nous plaindre. Mais faut-il attendre d’avoir perdu un à un tous nos acquis, faut-il attendre que notre liberté d’expression soit complètement anéantie, pour hausser le ton et attirer l’attention sur l’autoritarisme qui est en train de nous « bouffer » insidieusement mais sûrement ?
Peu d’entre nous osent dire tout haut ce qu’ils pensent tout bas. Bien sûr il faut se protéger, se serrer les coudes contre l’adversité, faire contre mauvaise fortune bon cœur, mais jusqu’où va-t-on accepter ?
Si nous avons vu certains peuples, jusqu’alors soumis et étouffés, se mettre debout et se battre au péril de leur vie pour libérer les leurs de l’oppression, sommes-nous prêts, nous en bon Français, à en faire de même ?
« Il ne faut rien exagérer » diront les uns, « nous n’en sommes pas là » diront les autres, pourtant combien de coups reçoit notre jeunesse privée d’emploi, privée de vie ? Combien de souffrances pour ces familles privées de logement, privées de projets ? Combien de désespoir pour ces salariés précaires, pour ceux qui ne savent pas de quoi le lendemain sera fait ? Combien de colère pour ces mères de familles qui arpentent courageusement les rues jusqu’aux Resto du Cœur pour nourrir leurs enfants ou pour ces retraités qui après plusieurs décennies de dur labeur se voient contraints de demander l’aumône parce que notre pays est incapable d’avoir une quelconque reconnaissance pour ces générations qui nous ont offert ce que nous avons aujourd’hui ? Est-ce là toute la liberté que nous avons ?
« C'était à peine hier et déjà tu brandis le drapeau de l'ignorance »
Nos politiques se réclament tour à tour, quelle que soit leur appartenance politique, de JAURES, de BLUM, de DE GAULLE sans se souvenir que ces derniers se sont voués corps et âme à un combat pour la liberté, pour l’être humain, une lutte sincère, un dévouement à l’humanité. Ils ont parfois payé très cher leur « insolence » tout comme certains continuent de payer aujourd’hui le fait de parler ou d’écrire, de dénoncer les injustices, de clamer la nécessité de replacer l’être humain au centre des préoccupations et surtout des décisions.
Si vous osez débusquer une quelconque discrimination dans un règlement de cantine scolaire, vous êtes stupide, vous ne comprenez pas, on ne peut pas faire autrement. Pourtant, quelques semaines après, on a trouvé une solution pour…
Si une association ose s’interroger sur la pérennité d’une entreprise à la demande de salariés craignant pour leur activité, c’est que forcément un des membres de l’association est un colporteur de ragot. Pourtant aucune preuve pour étayer cette mauvaise foi…
Si vous osez faire une analyse politique d’une situation donnée et que votre réflexion ne va pas dans le sens de certains, vous êtes un polémiste. Pourtant on assiste aujourd’hui, dans le cadre des primaires socialistes, à une guerre de tranchées dont seul un politique aux dents longues sortira vainqueur…
Pire encore si vous êtes une femme et que vous vous risquez à une quelconque interrogation gênante, une moindre opposition, vous êtes une gauchiste. Une femme ne doit-elle pas être belle, blonde, docile… et savoir se cantonner à la cuisine ou faire preuve de bienséance en se taisant tout simplement.
Par contre, si on vous voit attablé seul à une occasion quelconque, parce que vous êtes arrivé très en retard et avez donc pris les places qui restaient (vous n’êtes pas un adepte du « pousses-toi de là que je m’y mette »), alors on en déduit que vous êtes isolé ou pire mis en quarantaine.
Alors quelle liberté nous reste-t-il ?
Aujourd’hui, pour préserver sa place, son projet, son avenir politique, son pouvoir, on doit faire taire les esprits contrariants, fussent-ils constructifs. Il est plus facile de s’attaquer au citoyen que de combattre le véritable fléau.
C’est une chape de plomb qui s’abat sur le citoyen. Il vous faudra faire attention, car à chaque coin de rue, dans chaque parole échangée ici ou là en toute innocence, on vous attend de pied ferme : il faut qu’on vous calme !
« Nous n'oublierons jamais que nous sommes
et serons les fils de la résistance ! »
Nous sommes tenaces et sincères. Nous sommes debout et entendons le rester !
Les critiques, les attaques personnelles, les médisances n’y changeront rien.
Les poignées de mains échangées dans la rue à titre de soutien ou d’adhésion, le partage avec ceux qui vous remercient d’avoir encore le courage de parler, ces hommes ou ces femmes qui reconnaissent dans vos propos une source d’espérance, sont les seules choses qui vous font avancer.
Nous nourrissons le secret espoir de voir les Hommes au sens large se lever, se battre, se défendre et construire enfin, ensemble, ce monde auquel nous aspirons, nous Hommes libres !
« Pour les rêves qu'on a faits,
Et pour ceux qu'on fera,
Pour le poing qu'on a levé,
Pour celui qu'on lèvera.
Pour un idéal,
Pour une utopie,
Allons marchons ensemble
Enfants de la patrie »
Catherine TIZON
