LE GRAND OISEAU BLEU
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Il revient régulièrement tous les trois ans, le grand oiseau bleu, vole parfois très bas, très bruyamment.
Il flirte avec la cime des arbres, de cet aérien flirt passager naît au printemps suivant un faire-part qui vous annonce la future visite d'hommes équipés de machines infernales ; ils grimpent sur les arbres qui ont eu le malheur de pousser il y a des années prés d'une ligne électrique qui s'est installée dans le paysage et procèdent à l'élagage.
Vous êtes conscients de cette nécessité me direz vous ?
Tout à fait, répondrons-nous.
La chandelle a bien des charmes mais nous sommes tous depuis longtemps attachés à l'électricité, nous en payons d'ailleurs le prix.
Aucune opposition donc à l'intervention, nous avons appris à nous en accommoder, veillons à entretenir ce que nous pouvons très régulièrement sous cette ligne, ne plantons bien évidemment pas d'arbres sur les lieux.
Cette année les élagueurs se sont présentés par deux fois, une première équipe jeune, respectueuse, pour dirons nous, procéder aux tailles sans danger.
Puis l'équipe est revenue avec un élément nouveau, le patron de la boite sous -traitante pour ERDF.
L'as de la tronçonneuse était là, le massacre pouvait commencer !
Des trois mètres habituels nous sommes passés à 5 mètres et bien au delà, un coup à droite, un coup à gauche, en haut en bas devant derrière, quelle dextérité ! Quelle adresse !
Impossible de l’arrêter.
Sous nos regards attristés, médusés, interrogatifs qui regardaient descendre les branches il a transformé des arbres en totem qui dans une dernière érection dressaient leurs silhouettes vers le ciel en une muette prière.
Conscients de la mort prochaine des arbres qui, bien que dans la verdeur de leur âge, ne résisteraient pas aux attaques parasites, nous avons sollicité leur euthanasie.
Décision cruelle pour tout amoureux de la nature, prise dans l'espoir d'espacer la rituelle visite meurtrière.
Car le meurtre s'étend au delà des arbres, les poules d'eau qui nichaient sous la verdure dans les joncs de cette zone boisée que nous tentons de protéger se sont enfuies, les oiseaux ont quittés les nids, les œufs sont restés, les iris sauvages n’apporteront pas cette année leur note d'or au paysage...
Pourquoi intervenir à cette époque de l'année plutôt qu'à l'automne quand la nature s'endort ?
Nous avons préféré qu'ils ne procèdent pas à la remise en état obligatoire des lieux, redoutant la méthode.
Il faudra du temps mais nous sommes encore en capacité de procéder au nettoyage. Que se passe-t-il chez les personnes âgées ?
Les photos parlent d'elles mêmes, les arbres abattus contre ce poteau risquent de rester là, attendant les ronces, sous les autres branches passe un ruisseau.
De bonnes âmes tenteront de procéder au nettoyage.
Ou est le respect de la nature, au nom de la rentabilité, il fallait aller vite, on a laissé sur place des arbres décapités, des branches tronçonnées...
La prochaine fois que le grand oiseau bleu survolera notre territoire nous serons vigilants ...
Marie-Gabrielle GIMENEZ
Voir : http://www.wix.com/villemursurtarn/un-oeil-sur-villemur#!urbanisme
