Ma vieille et chère emmerdeuse
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Le téléphone fonctionne mal, l’ADSL n’en parlons pas ! Je râle comme toujours et comble de bonheur les timbres possèdent toujours ce goût désagréable de colle.
Me voilà donc obligée de recourir à la bonne vieille lettre pour te donner quelques nouvelles.
Mon côté épistolaire ne tiendra en rien de madame de Sévigné mais il faut que je te raconte la dernière de ma petite-fille, au prénom prédestiné, Marianne.
Tu sais qu’elle fait de l’athlétisme, la semaine dernière, elle et ses amies sont parties en déplacement. Dans le bus, une petite avait amené des trucs de sa fabrication, des gâteaux je crois. Marianne a gouté, en confiance, recraché aussitôt, c’était « dégueu » comme elle dit, elle s’est accrochée avec sa copine qui continuait sa distribution. Tu connais Marianne, ne pouvant convaincre les autres, inquiète, elle est allée voir l’accompagnateur pour évoquer le risque pour ceux qui se hasarderaient à avaler ce truc.
Elle s’est faite envoyée sur les roses, « ce n’est pas mon problème, tu ne l’as pas mangé, les autres ne sont pas plus cons que toi, j’ai d’autres soucis, d’autres choses à penser, Vos querelles de gamines me fatiguent, tu es une…. petite emmerdeuse !!».
Bref, tu imagines le discours …Sans être excusable, ça fait partie des leçons de la vie, et Marianne s’est renfrognée dans son coin.
A l’arrivée deux ou trois gamins qui n’avaient pas osé refuser les friandises ont été malades. Imagine un 110 mètre haies en serrant les fesses, pas facile de se lâcher si j’ose dire.
Je ne te dis pas la colère de la petite dernière. Du haut de ses huit ans, elle promet.
Le jeune encadrant qui les escortait, lui, est promis à des responsabilités athlétiques. Je me demande bien comment il les assumera si au moindre problème, il pète les plombs ?
Je suis d’accord avec toi. Il n’en va pas que de la faute de l’encadrant. Mais tout de même c’est à lui de rappeler le sens de la démarche.
Sur le fond, je pense que nous sommes confrontées à des déficiences sociétales plus ou moins graves qui pourraient être corrigées à la condition que chaque animateur conscient assume son rôle réel de veille. Cela nécessite des stratégies d’accommodation, d’adaptation, encore faut-il que le sujet soit motivé et que sa volonté ne se laisse pas dominer par des facteurs autres.
Allez, j’en reste là avec mes approches à la …
Souviens-toi, on nous appelait le duo d’emmerdeuses. N’empêche, certains étaient bien contents de nous trouver selon les circonstances. Nous sachant toujours solidaires du copain malade, on nous contactait pour organiser la transmission des cours, quand il fallait penser aux fêtes de fin d’année, c’était notre imagination qui devait entrer en action.
Déjà prêtes à partir au front pour créer du lien social, comme quoi les emmerdeuses d’hier n’avaient pas que des défauts …
Souviens-toi comme on se marrait du manque de finesse des machos incapables de répondre à nos taquineries autrement que par grossièretés picturales.
Finalement les choses ne changent pas beaucoup à ce niveau.
Mai 68 était passé par là avec son célèbre slogan « ne vous emmerdez plus, emmerdez les autres ».
Il y a longtemps que nous avons compris les limites du genre, nous nous sommes prises en main, remuées pour améliorer la vie. Nous assumons nos actes, nos vies, même là nous sommes qualifiées d’emmerdeuses, mais ce n’est pas grave, nous comprenons pourquoi.
Je repense à cette phrase de Paul Valéry « trois variétés de femmes, les emmerdeuses, les emmerdantes, les emmerderesses. Cette dernière catégorie comprenant celles qui amènent l’homme à la passivité totale ».
Bref, des émasculeuses physiques et mentales. Se pourrait-il que nous soyons à ce point des liaisons dangereuses ?
Nos hommes ne s’en sont jamais plains mais avaient-ils compris, au contraire d’autres, que la femme est le devenir de l’homme – et pas seulement au lit- ? Marianne, aura encore fort à faire.
Bises
Ta Gigi Rouletaplume
PS : J’ai croisé le Gégé tu sais le « beau gosse » qui faisait glousser les blondes malgré sa finesse habituelle. La tonsure et la panse arrondie en plus, il est resté le même avec esprit vif et humaniste. Il est conseiller juridique dans une boite de com. Bref, la caricature de la réussite à plus de 50 balais. Si si, il a une Rolex.
Je te livre en gros notre échange : « Mais c’est Gigi, vous êtes, tu es Gigi ? » « Qu’est ce que tu as pu nous emmerder avec ton féminisme, ton égalité des droits. Je dis pas que tu avais tord mais on ne change pas le sens de rotation de la terre, ha, ha, ha !!! » « Tu sais aujourd’hui dans l’agence les greluches on les tient, pas une ne bronche. Elles ont de vrais avantages en nature, ha ! ha! ha ! », « Pas vrai chérie. C’est ma troisième femme ».
Un vrai « panseur » Il est parti sans que je puisse en place une. Normal…
