Le regard de l’OURS sur le Parti Socialiste.(Encadré)
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Entre notables institués et militants instituants
En dehors des questions portant sur l’enjeu factuel de la stratégie présidentielle à suivre suite à la tragédie du Sofitel, quelques interventions et analyses politiques méritent d’être soulignées.
Tout d’abord, le témoignage du Sénateur Socialiste Jean-Jacques Mirassou se veut explicite. Ce dernier pointe du doigt la dérive autoritaire et conservatrice de la majorité de droite du Sénat : « Nous avons à faire à une vraie droite ». Il attire alors l’attention sur les raideurs de l’UMP au plan sociétal avec notamment le rejet du projet de loi sur « l’aide active à mourir ». C’est la même droite, confie-t-il, qui rêve de rétablir la peine de mort. Paradoxe ?
Et le sénateur de poursuivre sur le pilonnage systématique de l’Education nationale. Cette politique de suppression de dizaines de milliers d’emplois menée par l’UMP contribue pour lui « à accroître gravement l’inégalité scolaire et sociale ».
De son Côté, Didier Cujives, Président du Pays Tolosan, interpelle la salle : « certes, nous pouvons être fiers de nos victoires, mais comment expliquons-nous nos très sévères défaites » ? Et l’élu local de poursuivre son idée : « ne devrions-nous pas proposer peu de réformes mais les réaliser au lieu d’en proposer toute une série, qui nous le savons, ne verrons pas le jour ? » « A la région, éclaire-t-il, nous avons décidé avec Martin Malvy de ne plus allouer de subventions aux entreprises qui distribuaient des dividendes à leurs actionnaires. Nous avons entendu des cris d’orfraie. On nous avait asséné l’impossibilité de la chose. Nous avons tenu bon et nous l’avons réalisé. »
C’est peu être cela être tout bonnement de gauche : Tenir bon ?
Interrogé par nos soins sur l’importance d’une refonte constitutionnelle lors d’une victoire à la présidentielle, l’animateur de l’OURS explique qu’une nouvelle constitution peut paraître tentante mais qu’une telle approche demanderait beaucoup de travail et par conséquent ne pourrait être prise comme priorité politique. L’argument avancé apparait des plus léger.
En effet, ce serait faire fi du travail de chercheurs, de militants, de juristes de gauche pour mettre fin à un scandale quasi monarchique. Nous possédons, les uns et les autres, l’analyse sur les dangers démocratiques de la dérive du système présidentiel. « Du coup d’Etat permanent »(1), ne sommes nous pas passés dans un super coup d’Etat permanent ? Cette hyper présidentialisme correspond à un choix de société ultra libérale. Le sénateur Mirassou l’indique avec la volonté systématique du pouvoir en place de s’attaquer à l’esprit du Conseil National de la Résistance. Avec ses mots, n’indique-t-il pas la logique en cours - voulue par cette ultra-droite décomplexée- de revanche non seulement de classe mais aussi sur la Gueuse (la République) ?
Il devient de plus en plus clair que face au projet sociétal « sarkozyste » il faut proposer un autre projet de société. Ce n’est plus un simple jeu d’alternance politique mais une démarche de projet contre projet. Une refonte de la Constitution en est un outil. Le PS semble pris dans les filets de la contradiction entre les tenants d’une réforme molle et les « agitateurs » d’un réformisme révolutionnaire ; entre des notables institués et des militants instituants plus proches des réalités sociales du terrain. Bref, le PS semble prisonnier de ses vieux démons intérieurs : soit tomber dans les travers de la SFIO, soit revivifier l’esprit d’Epinay.
La France laborieuse aurait plus besoin de la seconde hypothèse.
J.Ph.T
