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LE VOTE BLANC OU SARKOZY NE PEUVENT EN AUCUN CAS DEVENIR UN VOTE « REVOLUTIONNAIRE ».

  • Un Oeil Sur Villemur
  • Politique
 

Par Jean Philippe TIZON

Elles et ils  se veulent un noyau dur en accord avec eux-mêmes et en complet désaccord avec le reste du monde et notamment la social-démocratie. C’est leur droit le plus absolu.  Elles ou ils étaient là ce 1 mai pour soutenir les syndicats, fêter cette journée symbole de la journée de huit heures arrachée au patronat américain, pour dénoncer l’extrême droitisation du candidat Sarkozy. Par contre, ces militants(es) de gauche ou d’extrême gauche ultra-minoritaires veulent voter blanc au second tour. « Le PS depuis 1983 ne veut plus transformer la société, il la gère au service des plus puissants et François Hollande possède un programme peu clair et à géométrie variable » argumentent-ils. Certes, le PS complètement institutionnalisé est devenu un parti de notables loin des préoccupations des plus petits et sensible au rhume des puissants mais la démarche demandée pour ce second tour ne se veut pas un acte d’adhésion à la personne ou au programme de François Hollande mais bien un acte de défiance à l’encontre de Monsieur Sarkozy.

Il y a quelques années au nom d’une pureté idéologique, les députés LO et LCR ont refusé de voter le principe de la Taxe Tobin à l’assemblée européenne sous le prétexte fallacieux qu’une partie de la Démocratie Chrétienne (droite) entendait s’associer à cette démarche. Résultat, il a manqué les voix de l’extrême gauche pour adopter le projet de taxe. Le « vote révolutionnaire » de monsieur Krivine et de madame Laguiller ont empêché l’Union Européenne de se doter du premier outil fiscal contre la circulation spéculative des capitaux et de conduire une véritable réflexion sur ces éléments qui allaient nous conduire à la crise financière contemporaine.

Certes François Hollande porte peu le projet du Front de Gauche et encore moins certains délires des leaders de l’extrême gauche, mais au contraire du locataire actuel de l’Elysée, il entend revenir aux fondamentaux et aux valeurs morales de notre république. Entre un républicain qui entend faire de l’école républicaine une réelle chance pour tous et un aventurier de droite extrême, le choix est aisé. Il nous faut construire l’avenir, les représentants de ce capitalisme débridé ne se laisseront pas faire. Il dépendra de chaque citoyen (ne) et de l’ensemble des formations de gauche de se mobiliser pour revenir dans un premier temps à une moralisation de notre République et dans un second temps à la fondation d’une autre république. Il serait paradoxal  de supputer le manque de volonté d’un seul individu, fut-il socialiste, alors que  la responsabilité collective demeure un enjeu pour ces élections comme après.

Voter blanc ne peut devenir un vote « révolutionnaire ». Il revient tout simplement à  reconduire Sarkozy avec sa politique arépublicaine et de souffrances sociales. Ce vote blanc pour des citoyens(nes) de gauche conduit à se positionner à l’opposé de ce pour quoi ils ont manifesté avec des centaines de milliers d’autres lors du 1 mai et exprimé dès (es) le premier tour de la présidentielle. Le grand soir n’existe pas. Une véritable alternative se construit étape par étape avec détermination et rassemblement. Le vote Hollande, les français en ont décidé ainsi, est une première marche. Il ne faudrait pas la louper par erreur d’analyse ou par la stratégie aveugle de la « pureté idéologique ».  Cela reviendrait à préférer l’absolutisme figé de l’Idéal  en lieu et place  de la dynamique constructive du tendre vers… l’idéal. Entre rien et l’absolu, il existe des perspectives infinies à explorer.

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