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VOILA POURQUOI JE VOTE F-HOLLANDE POUR LES PRESIDENTIELLES ET FRONT DE GAUCHE POUR LES LEGISLATIVES

  • Un Oeil Sur Villemur

 

Par Jean Philippe TIZON

 

Les résultats des présidentielles ne peuvent se réduire à un coup de canon dans un ciel serein. Tout d’abord parce que la sérénité n’est pas le maitre mot de cette campagne sur fond de crise de valeurs morales, de gabegies financières pour quelques uns et de désascensions sociales pour la grande majorité, de désindustrialisation de notre nation au bénéfice de la spéculation sur base de délocalisation, de droitisation extrême de l’UMP sur fond de cadeaux fiscaux et enfin de progression de l’extrême droite médiatiquement ripolinée droite nationale


                        « Quatre enseignements majeurs »


De ces résultats du premier tour des présidentielles, il ressort quatre grands enseignements :


-         Le Front de gauche constitue la deuxième force de gauche derrière le Parti socialiste. Pas au niveau espéré de 14/15 % mais avec plus de 11% au plan national, il devance très largement les Verts et l’extrême gauche. Dans nos régions du Sud-ouest le Front de gauche atteint 13 % en Midi Pyrénées avec des pointes en Ariège (16%), en Hautes-Pyrénées (15%), 12% en Aquitaine, 13% en Languedoc-Roussillon. Des bases solides pour non seulement organiser une résistance démocratique aux dérives ultralibérales mais aussi pour construire cette révolution citoyenne fondatrice d’une 6e république démocratique et sociale.


 

-         Le Parti socialiste arrive largement en tête devant Nicolas Sarkozy. Il bénéficie d’un glissement de l’électorat potentiel de JL Mélenchon. Ces électeurs eurent peur au dernier moment d’un remake du 16 Avril 2002. D’ailleurs, certains médias, dont Libération, la veille du scrutin, titrèrent sur le danger FN au lieu durant la campagne d’attirer l’attention sur la dangerosité sociale et démocratique du programme de la candidate d’extrême droite.

 

La rue de Solferino a su jouer du traumatisme de 2002 en appelant à un « vote utile » dès le premier tour. La démarche se veut à double détente : limiter l’influence électorale du FDG avec son projet de société et capitaliser au maximum le vent anti sarkoziste ambiant sur un programme en demi-teinte. Néanmoins, l’influence du Front de Gauche s’est fait ressentir sur l’évolution des discours de F.Hollande mais la captation anti sarkozienne s’est réalisée également au profit du FN.


 

-         La «surprise bleu Marine ». Le score du FN à 18% rend dorénavant plausible une alternative politique d’extrême droite. La stratégie se veut simple mais réalisable. Dans un Premier temps, cette formation d’extrême droite entend conduire à l’implosion de l’UMP. Pour cela, sa présidente entend s’imposer comme l’unique chef de l’opposition à « la gauche ultralibérale, libertaire (…) » en utilisant l’outil tranchant des triangulaires. Autrement dit elle programme un homicide méthodique, circonscription par circonscription, à l’encontre de la majorité sortante. Deuxième temps, Marine Le Pen avec son état-major, et l’aide d’une partie de la droite, entend pourrir la gouvernance Hollande et se servir du laxisme supposé des socialistes vis-à-vis du monde de la finance, des « élites » pour devenir la seule alternative possible à la fin de la mandature voire avant Un éclairage s’impose. Derrière un discours « gauchissant » sur l’ultralibéralisme voire l’anticapitalisme, ce parti retourne à la source idéologique des ligues fascistes : « ni capitalisme, ni socialisme ». Dans l’Histoire, faut-il rafraîchir les mémoires, ces formations non contentes de conduire des conflits criminels (interne et externe à leur territoire) au nom d’une race ou autres, ont de fait soutenu les grands groupes capitalistes et leurs actionnaires. Plus récemment, les néonazis autrichiens, ou l’Alliance Nationale en Italie ont soutenu des gouvernements au service des intérêts très particuliers du capital. L’extrême droite reste, hier comme aujourd’hui, la roue de secours d’un système capitaliste à bout de souffle mais pas au bout de ses ambitions à vouloir dominer le monde et les peuples.


 

-         De son côté la formation présidentielle, il faut le souligner, a tout fait pour rendre « respectables » les thèses du FN. Cette droitisation extrême de l’UMP au lieu d’amoindrir le FN en légitime les thèses.  Comme le disait l’ancien duce du paquebot « rien ne vaut l’original à la copie ». Nous y sommes. La droite populaire, le ministre de l’Intérieur Claude Guéant avant lui Brice Hortefeux – et d’autres-, en pratiquant la politique du bouc-émissaire enfoncent depuis des années dans les esprits les plus faibles que le responsable de leur malheur reste leurs voisins immigrés, ou chômeurs, ou au RSA. Pendant ce temps le gouvernement et le locataire de l’Elysée en premier, communiquent sur les plans sociaux mais n’agissent pas en profondeur contre les délocalisations, les licenciements boursiers, les parachutes dorés. Pis, ils pratiquent la consanguinité avec les fortunés (es) de ce pays. L’exemple pour notre territoire du sort des « molex » demeure la preuve vivante de la tragédie de ce quinquennat. Il en va de même sur les questions de l’insécurité. Après avoir annoncé la karchérisation dans les quartiers afin de rerendre visible la République sur l’ensemble du territoire, ces mêmes quartiers subissent de plein fouet le recul des services publics, la criminalisation, la discrimination. Cerise sur le gâteau, la suppression des postes d’enseignants aggrave le mal être généralisé. Il en va de même dans les zones « rurbaines ». Les collectivités locales vivent de plein fouet la politique de déconcentration de l’Etat, en clair de désengagement budgétaire. Concrètement, cela se traduit par la réduction de nombre de gendarmes, un manque de moyens pour la prévention en direction des jeunes (éducateurs, animateurs, etc), les politiques culturelles et d’éveils deviennent portions congrues. Bref, si à ses dimensions s’ajoute une absence de vision politique locale alors le mal vivre s’amplifiera. Amplification qui peut trouver son expression dans le vote FN même si ce dernier exprime dorénavant plus un ancrage qu’un vote de la simple désespérance.


                             «   un choix moral et républicain »


Pour ce second tour un choix moral et républicain s’impose. Par moral, il faut entendre en premier lieu les références à des valeurs chrétiennes profondes. Cet enseignement qui rappelle que l’Amour de son prochain prime sur l’argent et le pouvoir notamment si ce prochain est en plus étranger, pauvre ou malade. Le candidat umpiste se gargarise, par médias interposés, depuis quelques temps de la défense des valeurs judéo-chrétiennes alors que soi-disant il entend rester le garant de la laïcité. Mais où sont-elles ses valeurs quand sous son autorité des enfants scolarisés, sans papiers, malades sont expulsés ? Où sont-elles ses valeurs quand il laisse fermer des usines rentables jetant dehors des centaines de milliers de salariés pour engraisser le veau d’or ?  Où sont-elles ses valeurs quand à force de faire des cadeaux à ses amis du CAC 40 nous voyons des personnes âgées, des familles refuser des médicaments ou le dépassement d’honoraire parce qu’elles ne peuvent pas débourser le surcoût ? Où sont-elles ses valeurs quand la spéculation immobilière empêche de loger correctement des millions de personnes ?

Entre la Rome catholique des Borgia et la Rome universelle d’un François d’Assise, il faut choisir.  L’une se cache derrière le Christ pour imposer par superstition sa domination politique, l’autre humble servante entend conduire dans la lumière de Jésus l’émancipation humaine dans l’Amour et le Pardon. Nous savons en quoi servent ses justifications chrétiennes…

Par républicain, il faut comprendre l’idéal de notre triptyque national « Liberté, égalité, Fraternité ».  Notre Révolution loin d’être terminée doit poursuivre son chemin pour tendre vers cet idéal défendu par les encyclopédistes. Faut-il rappeler la citation de Nicolas de Condorcet : « l’Ignorance toujours conduit à la servitude » pour comprendre la corrélation une et indivisible entre république, connaissance et émancipation humaine individuelle et collective ? Quand Monsieur Sarkozy entend supprimer un enseignant sur deux, la véritable raison ne porte pas sur les économies mais sur de pures logiques idéologiques. L’Education Nationale se veut le pilier de la République. En minant ce pilier, il s’attaque en conscience à la transmission égalitaire des valeurs humanistes et sociales portées par notre nation. 

Pour ces raisons morales et républicaines, j’entends donc utiliser le vote François Hollande pour battre le représentant d’un monde préférant servir l’asservissement par l’argent que l’humanisme. Bien entendu, la reconstruction de notre nation pour tendre vers l’idéal de notre Révolution ne peut s’arrêter à ce geste certes important. De par l’analyse développée en première partie de cet article, il devient évident que les luttes contre l’obscurantisme « ultralibéral » seront des plus sévères. Pour ces raisons, il va devenir déterminant lors des législatives de renforcer la gauche par un vote Front de Gauche. Non pas parce que Mélenchon serait le nouveau messie de la gauche populaire mais bien parce que le FDG se veut avant tout l’expression consciente, intelligente d’un changement voulu par des citoyens pour des citoyens. La construction d’une 6e république démocratique et sociale commence dès à présent par une résistance citoyenne contre les forces obscures de l’argent. Cette résistance commence par le vote Hollande contre Sarkozy.

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