MAGNANAC SUR TARN : QUEL DEVENIR POUR LE HAMEAU DE VILLEMUR ?
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Par Jean Philippe TIZON
« Le niaque avec Magnanac», ce sous-slogan publicitaire pourrait décliner l’orientation de la municipalité de Villemur, majorité et opposition confondues. L’eldorado local se décline d’abord en investissements immobiliers. Des constructions d’immeubles …Magnanac, un nouveau collège …Magnanac (pour 2015 ?), une nouvelle zone commerciale avec un hyper super surface quasimonopolistique… Magnanac, une crèche …Magnanac. Le bonheur du propriétaire de terrains à vendre… Magnanac, le Monopoly de SCI… Magnanac Un commerce drive ou une station service amélioré à…Peychnauquié mais tout au bord de la départementale, etc.
Au plan national comme au plan local le concept mode se nomme délocalisation. Molex a délocalisé aux USA et en Chine, Labinal après Peychnauquié vise le Maroc et le Mexique, de son côté la municipalité, plus modeste, délocalise à …MAGNANAC.
A la décharge de la dite collectivité, il faut dire, que le hameau de Villemur se veut régi par un PPRI draconien. Pour cette enclave historique, il existe un danger mortel ; LE RISQUE D’INONDATIONS. L’inconvénient potentiel de se trouver la tête sous l’eau avec les petits poissons se veut réel. Là, il ne saurait s’agir d’histoires de requins d’eau douce parce que chacun sait, dans nos contrées, de tels carnassiers ne peuvent exister sous un tel déluge d’histoires d’eau !!!
D’ailleurs vigilantes à ces questions de sécurité, commune et communauté semblent pratiquer une prophylaxie homéopathique. Ainsi, les anciens et les populations nouvelles constatent petit à petit la fermeture des magasins du centre historique, l’étiolement en douceur du marché, le glissement de rive du laboratoire, le ouï-dire envisagerait la suppression de l’arrêt du bus Hop de la Place St Jean (un autocar n’est pas un sous-marin), la délocalisation des activités ludiques à Bernadou et même les martinets (les oiseaux cela va s’en dire) détournent leur regard. La vieille cité se vide, Villemeurt doucement.
Le danger n’est pas feint. Imaginez une crue subite emportant commerces, boutiquiers, chalands, autres consommateurs, bus, voire l’hôtel de ville – qu’il faudrait bien entendu déplacer- ? Ce serait pis qu’en 1930, un drame international. D’ailleurs, les quelques trop rares commerces ayant eu accès aux aides de l’OMPCA collent-ils encore aux règles de sécurité à savoir un local amphibie et des vitres hydro résistantes (technique du hublot et non du Huguenot un brin camisard)) ?
Le souci de la prévention, portée à son summum, va jusqu’à ne pas rénover les balustrades des allées Charles de Gaulles. Imaginez, un instant, un investissement lourd emporté par une vague d’amertume. Ce serait du gâchis. D’ailleurs, pour une ville possédant un centre historique, laisser des balustrades en décrépitude au risque de les voir s’écrouler donne indéniablement un cachet d’authenticité en matière de vieilleries. « Le must de L’AU-THEN-TIQUE mon bon monsieur! » Paroles d’enfants vieillissants garantis du cru !
Reste que malgré la prise en compte du PPRI, la politique de prévention sécuritaire des élus soulève deux interrogations.
La première : ont-ils tenu compte aussi du PPROUTT (plan de prévention des risques d’ouragans, tornades et tempêtes) sur la ville de Magnanac ? En effet, cela ferait un peu désordre de voir, après les terrains, s’envoler un centre commercial ou autres par un coup de vent orageux calé dans un couloir « aérien » de dépression… économique !
La seconde plus prosaïque : quelle politique humaine, sociale, économique entendent-ils impulser pour le devenir du hameau de Villemur Historique?
Il serait positif d’y apporter quelques réponses rapides et réfléchies avant que l’histoire de ce bourg prenne définitivement l’eau pour cause de mauvaise chute.
