OU VA VILLEMUR ? POUR QUEL PROJET DE SOCIETE ? partie 3
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Vers un décentrage du centre-ville ?
Par Jean Philippe Tizon
Une ville, c’est d’abord un centre ville, historique ou non, et toute réflexion micro-sociétale doit tenir compte de ce paramètre vital.
Les petits commerçants participent, que nous le voulions ou non, à la cohésion sociale d’une cité. Les critiques faciles à leur encontre n’ont plus lieu d’être. Ils vivent de leur travail en rendant un service et demeurent en première ligne en temps de crise. Ils subissent de front la baisse du pouvoir d’achat des consommateurs. Nous sommes loin, des patrons du CAC 40 et de leurs centaines de milliards de bénéfices nets, non réinvestis en France malgré les cadeaux fiscaux.
Le charme d’un bourg passe par sa capacité à devenir attractif humainement et commercialement, mais aussi par la mise en place, par une collectivité locale, d’une politique dynamique et innovante en la matière.
Les faits : L’axe commercial de notre commune (rue de la République et rue St Jean) souffre d’anémie avancée avec, de temps en temps, une poussée de fièvre. Un commerce qui s’ouvre et un autre qui ferme. Un différentiel s’accroît entre République et St jean. Dans cette dernière rue un petit épicier vient de fermer. Nous avons vu, une envolée d’installation d’agences immobilières et bancaires, à croire que notre cité se transforme en City, chère à Londres.
Les marchés du samedi et du dimanche, qui devraient être un élément d’attraction et de dynamisation de centre ville périclitent ouvertement. Des arguments justifiant l’injustifiable, style « les marchés sont dépassés », ne peuvent être recevables. Un marché bien structuré et pensé avec les commerçants / artisans ambulants et plus largement avec les commerçants sédentaires, peut apporter une bouffée d’oxygène de vie, une réputation positive. L’opposée est aussi vraie, une image devenue négative devient lourde à porter et prend beaucoup, beaucoup de temps à s’inverser.
Dans le cadre du PLU, lors de la présentation du PADD, la volonté de créer une zone économique et commerciale vers Magnanac adjacente à la D 630 a été clairement exprimée. Tout comme a été exprimée l’idée d’y installer une grande surface. Sur Villemur, il ne peut y avoir la place pour deux grands centres commerciaux sauf développement démographique exponentiel de ce nord de Haute Garonne. Quelle conclusion en tirer ?
Pourtant Villemur et la communauté de communes se sont donnés des moyens affichés pour revivifier ce centre : une maire-adjointe en charge de ce « dossier » et un « manager de ville » (1). Pour quels résultats ?
Il est grand temps d’apprendre à écouter les petits acteurs économiques -et sociaux-, mais acteurs tout de même. Un centre ville fût-il – et non futile- historique doit être un phare, l’image vivante, le symbole réel d’une ville entière. Nombre de professionnels en ont conscience.
Quand une démarche s’avère contre productive, il faut savoir –sauf autisme aggravé, égo mal placé, ou aveuglement idéologique- en changer pour l’intérêt de tous. Des pistes nouvelles sont à inventer.
Déjà une approche sémantique et conceptuelle s’impose.
Tout d’abord qu’entendons-nous par politique de développement du centre ville, par commerces de proximité (et quels commerces ?), par dialogue et partenariat ?
S’en suit également une interrogation de fond ; comment combiner le développement nécessaire de Magnanac –source de nouvelles rentrées fiscales- et son développement commercial sous tendu avec celui du centre ville ? Quelles complémentarités entre les deux lieux ? (etc.) Se pose également l’enjeu des liaisons rive droite - rive gauche avec un réaménagement des ponts existants et / ou la création d’une passerelle piétonnière.
Devant ces enjeux qui touchent au vivre ensemble, il devient urgent d’apprendre dans le dialogue, à poser les enjeux afin de permettre une interactivité constructive entre les acteurs (élus, commerçants, usagers). Cette approche se veut la première clef de voûte incontournable à toutes constructions d’édifices basées sur des valeurs humaines et républicaines de développement.
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(1)
La volonté de la commune et de la communauté de communes de dynamiser le centre ville a été le fer de lance d’un accord passé avec une société de consultants spécialisés. Accord passé semble-t-il en lien avec la commune d’Eauze (32). Nous en publions ici les extraits les plus significatifs pour information. Ce document se trouve sur le web. Le texte assez sommaire, bien que sibyllin, toucherait du doigt les orientations arrêtées et les moyens alloués. Il soulève bien des interrogations. Pour les plus curieux, et autres surfeurs voici l’adresse internet du site :
« Sainte-Anne - Gers (32)
(…)
Budget : Entre 1 000 000 et 2 000 000 € par tranche selon les territoires dont 30 % de contribution Fisac
Autres contributeurs : 30 % la mairie ou l’établissement public de coopération intercommunale, 30 % la région et/ou du département, 10 % de l’association de commerçants, les chambres consulaires
Mission : • Villes de 5 000 habitants (en moyenne)
• 20 000 habitants sur l’ensemble de l’agglomération
• Eric Oget, président de la communauté de communes de Villemur-sur-Tarn ; Jean-Claude Boudet, maire de Villemur-sur-Tarn ; Michel Gabas, maire d’Eauze
• Monique Auffret de Vecchi (Villemur-sur-Tarn) et Nicole Labarrere (Eauze), élues en charge du commerce
• Locomotives du centre-ville : les grandes surfaces alimentaires et de bricolage, les enseignes nationales
• Locomotives de l’agglomération : les artisans de renom (peu de franchise en raison de la taille des territoires)
• Action significative engagée : opération de modernisation des pôles commerciaux et artisanaux
• Schéma de cohérence territoriale et schéma territorial des infrastructures économiques en cours de finalisation
• Un périmètre de sauvegarde du commerce de proximité est en cours d’établissement
• Structures associées : Trait d’Union (Villemur-sur-Tarn), Elus’Action (Eauze) »
