PRIMAIRES SOCIALISTES ET PRESIDENTIELLES (2)
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Transformer un piège à « gogoches » en outil de transformation sociale.
par Jean-Philippe TIZON
Ces primaires cachent des pièges pour l’avenir non négligeables en voulant notamment enfermer le débat politique dans un bipartisme stérile. D’ailleurs, cette logique s’applique dés à présent en emprisonnant les citoyens dans un dualisme sans aspérité pour ces « primaires » entre Martine Aubry et François Hollande. Ces derniers, avec l’aide de « sondages », essayent de marginaliser toutes dissonances allant à l’encontre de leurs discours politiquement correct. Le vote utile, ce sont eux. Pourtant, des voix foncièrement socialistes se font entendre. Il est possible de retourner cette arme infernale contre les tenants de la pensée unique. Voici un semblant de piste.
II) « L’ENJEU DES PREMIERS TOURS » OU COMMENT, A PARTIR DES OUTILS DISPONIBLES, CREER UN INSTRUMENT DE TRANSFORMATION SOCIALE
Cette approche se veut une pièce en quatre actes. Elle demande, aux citoyens (nes) de gauche, du sang froid, une prise de distance avec l’objet politique Parti socialiste et surtout une stratégie consciente en termes de rapport de force et de classe. Le changement en plus de l’action citoyenne passe par le renforcement dès les premiers tours et si possible lors des seconds des candidats(es) foncièrement de gauche
1) Acte premier : Voter Arnault Montebourg (1).
Malgré l’arrière des décors présenté plus haut, les primaires socialistes peuvent devenir un moyen d’ancrer à gauche la politique de ce pays et ce malgré les propriétaires de certains instituts de sondages et de médias. Ici, il ne s’agit pas tant de voter pour un individu que pour des valeurs portées avec convictions. Ce député socialiste est réellement socialiste. Il a voté contre le traité de Maastricht et la constitution européenne, dont nous payons aujourd’hui la note idéologique de leur aveuglement ultra libéral. Il défend une vision de la démondialisation financière du monde et de la France en premier lieu. Il propose et défend un projet de société dont celui d’élaborer une autre république (reprise par le leader du Front de gauche). Voilà pour le fond. Sur la forme, il est assez évident que le soir du premier tour des primaires le score d’Arnault Montebourg pèsera, en fonction du score, lourd ou pas sur la politique du candidat officiel du PS. Par conséquent, plus il effectuera un bon score moins la « gauche » de droite aura de poids avec sa tentation d’ouvrir sa politique au Modem et aux « gaullistes » dit sociaux (avec ou sans Fillon ?)
2) Acte second : premier tour des présidentielles voter J-L Mélenchon. Pour conforter l’ancrage à gauche, la nécessité de voter lors du premier tour des présidentielles Jean Luc Mélenchon s’impose. Tout d’abord, ce dernier s’inscrit dans une démarche socialiste, au sens philosophique et premier du terme. Il propose non seulement d’impulser une constituante pour constituer une 6e république démocratique et sociale, mais il entend avant tout créer les conditions avec le Front de gauche d’une politique s’attaquant fermement aux dérives bancaires et financières en impulsant par certaines nationalisations des choix économiques au service de la société. Enfin, plus le score du candidat du Front de gauche sera élevé plus il pèsera sur la l’ancrage à gauche de la politique socialiste et moins les tentations de céder aux pleurs du capital seront fortes.
3) Acte troisième : transformer le 1er tour des législatives en véritable ancrage à gauche, ces législatives ne peuvent devenir un simple boite d’enregistrement des résultats de l’élection présidentielle. Elles doivent, par le vote citoyen, gagner en autonomie et permettre un ancrage fort à gauche de l’Assemblée. Il s’agit dès le premier tour de soutenir des candidats (es) connu (es) et respecté (es) pour leur engagement à gauche (Front de gauche, PS ou Verts) aptes à tenir tête aux cris d’effroi des héritiers du CAC40. Nous avons connu dans le passé trop d’individus se déclarant de gauche faire le contraire de leur engagement par vide intellectuel ou par avidité. Afin de ne pas se laisser voler l’élection, l’Assemblée ne peut et ne doit être l’espace de béni oui-oui suivant en aveugle les consignes qui d’un parti qui d’un gouvernement. La gauche est diverse. Cette diversité doit se retrouver dans l’hémicycle afin de permettre une réflexion et conduire des actions en accords avec les intérêts des citoyens (n’es) et de la nation.
4) Acte quatrième : la variable de l’engagement citoyen.
La démocratie ne peut se réduire à l’acte de voter même si cet acte reste un élément incontestable de tout régime démocratique. La démocratie se vit au quotidien dans la cité, le quartier, les associations, l’entreprise, de façon contradictoire, complémentaire et antagoniste. Il ne peut exister de véritable démocratie sans investissement individuel et / ou collectif au quotidien. Attendre que l’élu de gauche règle tout, c’est soit le mettre en danger parce qu’il ne peut s’appuyer sur aucun rapport de force réel, soit le pousser à des compromissions – et non des compromis- inacceptables. L’Histoire le prouve sans la mobilisation des salariés(es), des citoyens (nes) le Front Populaire avec les congés payés, le programme du Conseil National de la Résistance avec la mise en place de la Sécurité Sociale, les nationalisations de Banques, de grandes entreprises, la mise en place des comités d’entreprises (etc.) n’auraient jamais vu le jour. Sans Mai 68, il n’y aurait pas eu la revalorisation du SMIC, ni la reconnaissance des sections syndicales au sein des entreprise (etc.).
Croire ou faire croire que tout changement reste possible face à la puissance du MEDEF, de la finance internationale et autres think-tank de défense des intérêts de privilégiés sans le soutien puissant du peuple de France revient à se tromper ou à tromper volontairement sur la nature du rapport de force en cours entre l’idéal démocratique et social et les puissances d’Argent.
Dans notre monde complexe, plus ou moins bien manipulé par quelques professionnels de la politique politicienne, de l’économie libéralisée, de communiquants au service des puissants, il devient déterminant que les peuples interfèrent fortement dans ces types de structurations. L’opacité est de règle en ces milieux, il nous reste aujourd’hui en France quelques outils dont celui des urnes et de l’action citoyenne pour changer en profondeur et non seulement sur la forme(2), un mode de fonctionnement, de décision et de contrôle politique et économique.
« Indignez-vous » s’écrit Stéphane Hessel, le rôle des indignés consiste non seulement à contester les injustices mais surtout à construire dès aujourd’hui avec les outils, y compris les plus pervers, l’Espérance avec ces millions d’être humains en souffrance d’un monde gouverné par l’Argent. Laissons la parole à Jean Jaurès. « C'est en poussant à bout le mouvement économique que le prolétariat s'affranchira et deviendra l'humanité (3)» et « Il ne peut y avoir de révolution que là où il y a conscience ». Ne serait-il pas grand temps en lieu et place de l’intérêt de nos égos de mettre nos consciences en route ?
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1) Arnaud Montebourg, bien qu’un artisan des ces primaires entendait à travers ces dernières promouvoir un véritable débat démocratique sur les enjeux en cours. A croire que L’enfer reste pavé de bonnes intentions
2) La différence entre alternative et alternance se situe à ce niveau
3) in Histoire Sociale de la Révolution Française
4) In Etudes Socialistes
