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Quelques pistes morales pour transformer une collectivité locale en outils de résistance et d'espérance (3/3) - suite.

 

 

Troisième axe : politique de sécurisation sociale.


Cet axe se veut une approche innovante à l'échelle des collectivités. Une commune, une communauté de communes -et autres- ne peut se prétendre républicaine voire de gauche si, à son niveau et dans ses démarches de coopérations, le souci de l'humain protégé n'est pas au centre de sa démarche. Les questions entre autres de logements, de santé, de nourriture, de sécurité publique se posent et se poseront avec force.

 

- Le logement : La flambée spéculative de l'immobilier rend l'accès à la propriété et à la location très difficile pour les salariés possédants des revenus moyens. Les jeunes rencontrent de plus en plus de difficultés à se loger. La situation est telle que le droit au logement digne, comme le droit au travail, cités comme droits fondamentaux dans la déclaration des Droits de l'Homme sont de plus en plus bafoués. La « loi » devient celle des agences immobilières et / ou des promoteurs immobiliers.

Une collectivité locale à travers une politique définie comme telle peut, en fonction de ses choix en terme de PLU, de politique de rachats de bâtiments, permettre l'émergence de loyers réellement modérés et de qualité tout comme favoriser un accès à la propriété plus abordable.

Il devient également primordial de rappeler les notions de droits et devoirs des locataires comme des propriétaires. Nombre de petits propriétaires entretiennent mal leurs logements en location. Deux types d'approches s'opposent. Une vient de l'absence de moyens financiers réels. L'autre tient d'un esprit vénal peu enclin à respecter l'esprit de la loi. Il en va de même de certains locataires partagés entre les difficultés financières réelles et parfois une volonté de profiter de la situation.

Des pistes de médiations et des solutions existent. Il devient urgent de les développer afin de ne pas figer voire détériorer des situations sociales tant du côté des propriétaires que des locataires.

 

- santé, aide à domicile, nourriture.La situation sanitaire ne s'améliore pas. Des personnes âgées aux faibles revenus aux jeunes en galère, la palette est large. Cela commence par la difficulté de se nourrir correctement au quotidien. S'ajoute souvent le sentiment réel de solitude avec ses impacts psychologique et sociologique (sociopathie). Enfin, l'état de santé, aux niveaux physiologique et psychologique, se détériore et ne peut souvent trouver de réponse médicale faute de moyens financiers malgré l'existence de la CMU pour les très démunis. Les réformes voulues par Sarkozy au niveau de la Sécurité Sociale ne vont pas améliorer les situations.


Des pistes existent :


Ainsi la création d'une épicerie solidaire aiderait non seulement les citoyens (nes) à trouver, en respectant leur dignité comme consom'acteur,de quoi se nourrir dignement mais permettrait de recréer des liens sociaux nécessaires pour toute reconstruction.

 

Le métier d'aide à domicile demanderait à être redéfini et revalorisé. Le rôle des ces intervenants (es) ne peut se limiter à la notion de ménage. Ils ou elles jouent un rôle primordial de resocialisation et de tissage de liens avec l'extérieur. Cette profession doit contribuer à maintenir les gens dans leur dignité et non les assister.

 

Le développement d'une santé publique de proximité s'impose. Il s'agit de dépasser le tête-à-tête nécessaire professionnel de santé / patient (voire client en fonction de l'état d'esprit) au profit d'une vision plus générale et précise à la fois des pathologies, des problèmes humains rencontrés et les pistes de résolutions possibles. Nous savons pertinemment la contradiction majeure à laquelle sont confrontés ces professionnels. A l'instar de tout un chacun, ils sont prisonniers de l'idéologie dominante, de l'individualisme, d'une perception erronée de la réussite et d'une quête de la reconnaissance par l'argent. Loin du serment d'Hippocrate ou autre, ils se soumettent à rude concurrence « commerciale » et parfois n'hésitent pas parfois à se dénigrer entre eux.

  A l'opposé, une collectivité en impulsant la création, d'une commission ad hoc indépendante,composée de ces professionnels et autres acteurs sociaux, doterait la société locale d'un outil d'appréciation, d'évaluation et de perspective en terme sanitaire. Transformer des a priori en mutualisation des savoirs permettrait d'éclairer bien des aspects de santé, de comportements (etc.) cachés dans l'ombre de la méconnaissance générale. Quoi de plus valorisant que de jouer un rôle social majeur à la fois collectif et individuel au service de la cité ?

L'intelligence professionnelle et de cœur ne vaut-elle pas tout l'argent du monde ?

 

- La sécurité publique devient un enjeu politique de proximité. Les richissimes comme les simples citoyens ont droit à une sécurisation des personnes et des biens. Le pouvoir en place se gargarise du tout sécuritaire et montre à la vindicte populaire les coupables à savoir : les roms, les gitans, les arabes, les jeunes depuis la maternelle, etc. Bientôt ce sera sûrement le tour des juifs, des francs-maçons, des communistes ou autre.



Une pièce en quatre actes.


Premier acte : Non content de créer un sentiment d'insécurité dans les têtes, le pouvoir en place crée les conditions d'une guerre psychologique civile. Chacun à peur de son voisin, de l'autre parce qu'il ne parle pas la même langue, ne possède pas la bonne couleur de peau, la bonnereligion. Chacun regarde l'autre en chien de faïence.

Premières conséquences, de temps en temps, des individus pètent les plombs et s'en prennent à la communauté voisine quelles qu'en soient les origines ethniques et / ou religieuses.

 

Deuxième acte : Les centres urbains et leurs habitants, les bourgeois -au sens sociologique et étymologique-, sont aujourd'hui surprotégés au détriment des banlieues proches ou éloignées. La voyoucratie émigre dorénavant en campagne.

La réforme menée par le pouvoir en place rend les situations locales difficiles par l'absence de gendarmes en nombre suffisant pour prévenir les petits et les grands dérapages.

 

Troisième acte : Le citoyen se voit de plus en plus criminalisé comme conducteur et comme citoyen lambda. Entre les caméras de surveillance et les « flash » pour dépassement léger de la limitation de vitesse, le pouvoir cherche à habituer le citoyen à des injonctions liberticides. L'objet est de conditionner les individus à des dérives futures à l'instar du renvoi des Roms. Demain ce sera à qui le tour ?

Par contre la mobilisation des forces de l'ordre pour ce type d'engrenage idéologique conduit de fait à un désordresur le terrain et crée le sentiment d'insécurité.

Le rôle de la police est de prévenir dans un premier temps les actes délictueux sur le terrain.

 

Quatrième acte : Les sentiments d'impunité des puissants donnent des ailes aux voyous.

L'affaire Woerth- Bettencourt ne montre qu'une partie visible de la délinquance en col blanc tenue pour partie par la bande de Neuilly-sur-Seine.

Après les affaires de délits d'initiés autour d'EADS, l'affaire Woerth et la quasi impunité régnant contre ces délinquants « policés », il paraîtrait vraisemblable de demander une amnistie en faveur des délinquants « en jean /baskets -voitures neuves ».

Ne reste plus, pour un avenir proche, que la collusion entre voyous guindés et ceux des cités. Ne partagent-ils pas le même sens de l'entrepreneuriat ???

La situation actuelle se rapproche de celle des années 1970.

Souvenez-vous, les juges « rouges » tombent comme des mouches sous les balles de truands à la solde (de qui ?), un ministre Robert Boulin, compagnon de la Libération, se « suicide » dans une flaque d'eau, le prince de Broglie se fait ouvertement assassiner, et Giscard engrange les cadeaux de son ami Bokassa.

L'ensemble des ces affaires politico-affairo-criminelles ne sont à ce jour toujours pas réglées.

De quoi faire rêver et donner du baume au cœur à certains criminels dont le seul tord est d'avoir vu le jour du mauvais côté de la barrière sociale.



Sur le terrain les collectivités se trouvent confrontées avec les habitants modestes à des actes d'incivilités de plus en plus récurrents créant un malaise d'insécurité.

Bien entendu, avec les moyens à leur disposition, les institutions locales ne peuvent remplacer au pied levé l'incurie du pouvoir en la matière. Néanmoins, un travail en amont peut se réaliser afin de limiter les dérives délictueuses. Ce travail consiste notamment à créer une synergie entre les associations, les professionnels de l'éducation, de la justice, les citoyens (nes) (etc) afin de travailler sur le sujet tant au point de vue pratique que théorique pour apporter des réponses adaptées au terrain.

En parallèle, cette politique de prévention, demande sûrement la création de postes d'éducateurs de rue mais fait aussi appel à une Justice plus à même de délivrer des TIG (travaux d'intérêts généraux) pour sanctions que des emprisonnements.

Entre un travail d'intérêt général élément de réinsertion citoyenne et les prisons universités du crime s'il en est, nous devons nous prononcer en faveur de la réhabilitation de l'humain.

 

Quatrième axe : développement d'un service au public.

 

L'idée se veut simple mais demande un engagement différencié à la fois des élus et des personnels en terme d'éthique et de déontologie professionnelle. Pour atteindre cette dynamique, il devient nécessaire de passer d'un côté (es) par une pratique de transparence et de dynamique de gestion politique et un management participatif des personnels à l'objectif donné. Enfin, l'ensemble passe par la constitution d'une « commission personnel » et d'une « commission Budget » auxquelles participent les élus de l'opposition, sans oublier la commission d'appel d'offres.

 

  • Les élus (es) : être élu (e) n'est pas un métier mais une démarche individuelle dans un projet collectif en vue de se mettre au service de la communauté (CQFD).

Se pose alors la question des indemnités des élus (es).

Sans tomber dans une facilité démagogique, il devient important de réformer à l'échelle d'une collectivité locale cette problématique. Dans une commune, seuls le maire, les adjoints et les présidents de syndicats (eaux, électricité, ordures ménagères, etc.) touchent des indemnités voire les cumulent.

Afin de permettre à chaque élu d'exercer son mandat, il n'y a pas de raison qu'un simple conseiller (re) paie des frais pour l'activité de son mandat (essence, téléphone, etc. Une telle approche limite de fait l'accessibilité au rôle d'élus à des notables plus ou moins argentés- une mutualisation des indemnités actuelles s'impose.

Le reversement des indemnités, y compris pour les élus d'opposition, doit tenir compte de la présence réelle de l'élu(e) aux conseils, aux commissions, aux conseils d'administrations, en mission et des frais qui en découlent sur présentation des factures. Ce reversement doit tenir compte également des heures de travail perdues pour les élus (es) salariés (es) afin de ne pas les pénaliser.

D'autres peuvent évoquer la situation de chef d'entreprise et / ou des professions libérales. Sans parler de nantis, il semble néanmoins qu'un chef d'entreprise et de surcroit une profession libérale possèdent un certain nombre de latitudes en terme de disponibilité pour gérer à la fois des impératifs professionnels et ceux d'élus.

Bien entendu, en cas de présence impérative et à répétition, une indemnité égale au SMIC horaire pour être versée à titre de dédommagement.

Devenir élus ne consiste pas à gagner ou à perdre de l'argent pour les personnes issues des classes populaires ou moyennes.

Ce choix politique là, implique pour les autres catégories sociales et socio professionnelles un acte désintéressé réel.

 

  • les conflits d'intérêts : Le code des collectivités locales précise et définit les cas litigieux (voir rubrique « Droit et collectivités locales »).

Il est toujours délicat de traiter un dossier dans lequel un élu puisse être à la fois juge et partie pour des raisons professionnelles, d'affect, etc. Chaque élu peut alors évoquer en conscience son droit de retrait à propos de dossier dans lequel il peut être impliqué à titre privé.

Il semble normal qu'un (e) élu (e) architecte, géomètre, expert-comptable ou autre puisse ne pas traiter un dossier d'intérêt général quand celui-ci concerne un de ses clients. afin d'éviter le doute sur toute forme de prises illégales d'intérêt.

L'achat et la vente de terrains, d'immeubles comme élu à un client de son cabinet, à un ami proche, pose toujours un problème d'éthique donc d'intérêt général.

Le principe de précaution s'impose.

 

  • les personnels : La création d'une « commission personnel » en plus de la commission paritaire doit poursuivre une double finalité : la gestion intrinsèque des personnels et la mise en place des objectifs de services au public définis par la majorité.

Deux sujets éminemment politiques.

Le type de management de salariés donne une image interne comme externe de la politique voulue. La définition d'objectif en termes de service au public et sa mise en application à laquelle sont associés les agents tend vers un projet de société à l'échelle locale.

 

  • Une « commission budget » s'impose également afin de rendre plus transparents les comptes de la collectivité.

Comptes qui appartiennent aux citoyens.

 

  • commission des appels d'offres : Au vu des pratiques en cours de certains professionnels afin de gagner les marchés publics, il devient nécessaire aux collectivités de se protéger au mieux.

A cette fin, il paraît judicieux, chaque année, de changer les élus majoritaires et d'opposition membres de cette commission.

Il en va de même pour les agents en charge de ces questions. Limiter les tentations et les pressions rentre dans l'ordre d'un service au public.

 

 

 

Cinquième axe : politique d'urbanisme, d'aménagement du territoire et des travaux publics.

 

Outil politique et technique des autres axes, il porte en lui une double démarche de fond : mettre l'être humain et l'environnement au centre des préoccupations. Il demeure en interaction constante avec les autres objectifs, il en est un carrefour stratégique pour l'application à la fois légale, citoyenne et morale des objectifs à atteindre.

La mise en place du Grenelle de l'environnement avec ses impacts en terme d'économie durable et de développement industriel, ou l'aménagement des espaces pour les personnes âgées et les personnes handicapées, passe par une nouvelle vision de la gestion du temps, de l'espace et des personnes.

 

En guise de conclusion

L'ensemble de ce petit travail peut paraître difficile d'accès, pour autant le lien entre approches théoriques et agencements pratiques ont été quelques peu simplifiés.

Les approches théoriques qu'elles soient philosophiques, sociologiques ou autres émergent d'une réalité de terrain à un moment donné. Dans le cas contraire, elles n'auraient absolument aucun intérêt.

Ce papier s'inscrit dans une démarche d'éducation populaire. Pour devenir acteur voire auteur dans sa cité, son quartier, son entreprise, son association, il faut savoir voir en relief les situations, les positionner dans un ou des cadres théoriques référentiels puis agir en connaissance de cause et en conscience. Les pratiques sociales, politiques et les décisions qui peuvent en découler ne sont jamais anodines.

A l'échelle d'une commune, d'une communauté de communes, d'un département, d'une région les décisions prises n'ont rien d'apolitique même si certains élus (es) osent démagogiquement dire le contraire. Ces décisions vont dans le sens de l'intérêt général ou celui d'intérêts particuliers.

Politique vient de polis- la cité- donc de s'occuper de la vie de la cité. L'étymologie des mots a d'autant plus son importance que depuis une bonne décennie certains politiques, par stratégie politicienne, en vident le sens afin de désorienter les gens. Nous en mesurons, les uns comme les autres, aujourd'hui les conséquences sociétales et le niveau de décadence des « élites ».

Ce travail ne se veut pas un programme municipal mais bien l'ouverture de pistes à d'autres possibles à l'échelle des collectivités locales en s'appuyant à la fois sur des référence théoriques -donc critiquables- le souci de mettre l'humain au centre du processus, la volonté de réhabiliter un dimension morale et non moraliste d'un tel engagement afin de transformer une institution locale en outil de transformation sociétale.

Transformer les collectivités locales en outils de résistances et d'espérance à la politique nationale et internationale actuellement menées demande de mettre les individus debout en conscience. D'autres pratiques à l'échelle micro demeurent encore possible. C'est en commençant chacun à notre niveau que nous pouvons changer le cours du vivre ensemble.

N'oubliez jamais, parce qu'elle demeure vivante et reste un objet précieux, la République nous appelle.

 

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