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REQUIEM POUR IAV

  • Un Oeil Sur Villemur

 

Le Tribunal de Commerce de Toulouse vient d’annoncer le renvoi au 27 mars prochain de la décision quant à la poursuite de l’activité de la société IAV à Villemur sur Tarn.

 

La presse relate la « détermination féroce » de Monsieur Marcos PIVIDAL à « sauver l’entreprise », lequel semble vouloir rendre le personnel responsable des difficultés rencontrées par la société depuis sa reprise par le groupe espagnol GENERAL BAKERY.

 

C’est un coup bas inacceptable.

 

Comment peut-on parler de détermination lorsqu’on sait qu’une grande partie des machines, outils de production, a été enlevée durant les vacances de Noël pour être conduites en Espagne ?

 

Ces machines qui appartenaient à  la municipalité, ont été vendues à « La Mie Occitane ». Légalement, elles appartenaient donc à I.A.V. lors de la reprise par le groupe GENERAL BAKERY. Comment se fait-il qu’elles aient été enlevées dès le dépôt de bilan et avant même que le Tribunal de Commerce ne statue sur une éventuelle liquidation ?

 

Soit cet actif a été vendu par I.A.V. à GENERAL BAKERY : dans ce cas, la volonté de poursuivre l’activité dans l’usine de Villemur n’est pas avérée. L’acquisition des machines par le Groupe espagnol pourrait laisser penser à une cessation d’activités préméditée. Comme le confie Monsieur BORTOLI, représentant du personnel, « seul la récupération des marchés, des machines et du savoir-faire » intéressait GENERAL BAKERY.

 

Soit l’actif appartenait encore à I.A.V. : dans ce cas, le fait de dépouiller volontairement l’unité de production de Villemur pourrait s’apparenter à du détournement d’actif, du moins au sens moral du terme.

 

Quoiqu’il en soit, dans le deux cas, la disparition de l’outil de travail laisse perplexe quant à la réelle volonté de Marcos PIVIDAL de poursuivre des efforts soi-disant entrepris pour le maintien de l’activité. Qui pourrait être dupe ?

18 mois après la reprise de la société, I.A.V. est revenue au point de départ, des salariés et des machines en moins. On nous assure de la bienveillance et de l’investissement total de GENERAL BAKERY. Qu’en est-il exactement ?

 

Bon nombre de questions restent en suspens.

 

Qu’en est-il réellement des éventuelles aides publiques perçues par I.A.V. pour favoriser la reprise ?

 

Chacun a pu lire ou entendre que la société n’avait perçu aucune aide financière de la région. Pourtant, dans une parution de « Midi Pyrénées Info » de Décembre 2010, on peut lire qu’  « une première phase de relance est déjà en œuvre…. A ce titre, une aide financière de la Région a été débloquée en contrepartie d’engagements quant au maintien de l’activité et des emplois de Villemur ». Parallèlement, le numéro de « MAGVILLE » (journal municipal) de Décembre 2010 annonçait également que « la région a déjà participé à hauteur de 100 000 euros au financement des nouvelles machines… ».

 

Ces contradictions sont gênantes. Il n’est pas habituel de voir les collectivités locales vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué, où cela s’apparente à une pure manœuvre politique à des fins électoralistes.

 

Comment rester insensible aux propos de Monsieur PIVIDAL qui met publiquement en cause les salariés de l’entreprise ? Ces salariés, pour la plupart, se sont battus avant même la liquidation judiciaire de « La Mie Occitane », en Février 2010, pour préserver leur outil de travail. Ils étaient présents aux côtés du Comité de Coordination pour le Développement Economique et Industriel du Bassin de Vie lors du rassemblement du 06 mars 2010 devant la mairie de Villemur. Ils étaient bien là pour réfléchir aux possibilités d’une poursuite de l’activité. Ils ont su parler de leur usine, avec leurs mots, avec leur inquiétude, avec leurs émotions. Leur inquiétude était non feinte face à leur avenir professionnel.

 

Alors, plus d’un an après, ces gens-là seraient devenus irresponsables et porteraient à eux seuls la responsabilité de la situation d’I.A.V. ? Ils sont tous quasiment en moyenne à une dizaine d’années de la retraite. Dans la situation économique actuelle, il est peu probable qu’un reclassement s’offre à eux et leur permette d’attendre sereinement une fin de carrière.

 

La seule responsabilité que ces salariés pourraient porter est  une certaine apathie sûrement liée à  l’usure professionnelle, aux redressements successifs et aux promesses non tenues.

 

On perçoit le dédain, la haine et la suffisance dans les propos de Monsieur PIVIDAL. GENERAL BAKERY a revisité le droit du travail pour I.A.V. Désormais, les nouveaux articles du Code portent sur la flexibilité à outrance, des conditions de travail désastreuses, la disparition de l’outil de travail, l’absence d’informations et aujourd’hui les menaces publiques, voilà qui devrait mettre les salariés en confiance !

 

Au rythme où vont les choses, on va bientôt revisiter le droit pénal de façon à permettre aux dirigeants de faire inculper des salariés insuffisamment corvéables et manquant de motivation.

 

Notre ville serait donc vouée aux pillages industriels… Il y a ceux qu’on dénonce, ceux dont on parle, ceux qui permettent de se forger une image respectable. Puis, il y a les autres, les anciens Brusson…

 

 

Catherine TIZON

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